Samedi saint (matin), "le Christ est au tombeau" : proposition d'une célébration domestique.

Lorem ipsum dolor sit amet

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Retrouvez la proposition faite pour ce Samedi saint, 11 avril 2020, par la Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Bordeaux. À vivre seul.e, en famille, en communion avec toute l'Église.

Le Christ est au tombeau, c'est le grand dépouillement.

  • Le lieu de prière : en ce jour, il est sobre et sombre : s’il ‘y a une icône, une image ou un crucifix, on le laisse voilé : en ce jour, toute image nous est comme enlevée. C’est le grand dépouillement. Il n’y a ni fleurs, ni bougie.

Entrer en prière

Ce temps de prière s’ouvre par un temps de silence pour laisser derrière soi toute préoccupation : le Christ est au tombeau. Puis chacun fait le signe de la croix en silence et lentement.

La personne qui conduit la prière commence en disant :

Hier, le Christ en Croix disait en rendant son esprit “Tout est accompli”.

Ainsi achevait-il son œuvre en s’offrant par amour pour nous.
Aujourd’hui, voici le septième jour de la semaine, le jour du repos de Dieu comme nous le lisons dans le récit de la Création du monde au livre de la Genèse. Entrons dans ce repos et émerveillons-nous de ce que Dieu a fait pour nous. Contemplons ce que Jésus a accompli par amour.

Écouter la Parole

Un des participants fait la lecture suivante :

Lecture de la première lettre de saint Pierre, apôtre (3,18-22) :

Le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit.

C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau.

C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

Parole du Seigneur


Tous répondent :

Nous rendons grâce à Dieu

Répondre à la parole de Dieu

Voici une homélie proposée à notre méditation. Ce long texte peut être lu en trois parties, avec plusieurs lecteurs, ou en ménageant des pauses pour intégrer le contenu de l’enseignement qui nous est donné.

La personne qui conduit la prière reprend :

Confrontés à la mort du Christ qui nous est enlevé, laissons-nous enseigner par une parole d’un saint évêque du quatrième siècle, originaire de la terre où a vécu le Christ : saint Épiphane.

Un des participants fait la lecture suivante :

Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude.
Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers...

Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes...

Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plus profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur. Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Église...

Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort. Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu. Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions. Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort. Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel.

Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : « Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri ! » et un autre : « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel ! » ; et un autre : « Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés...»

On fait une pause dans la lecture pour un moment de silence. Puis un second lecteur (ou la même personne si est seule) poursuit :

Mais, comme par son avènement le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux inférieurs, Adam, en tant que premier Père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres et avec le plus grand soin, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et, s’adressant à ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : « J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous. » Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. Et lorsque le premier Père, Adam, le vit, plein de stupeur, il se frappa la poitrine et cria aux autres : « Mon Seigneur soit avec vous ! » Et le Christ répondit à Adam : « Et avec ton esprit. » Et lui ayant saisi la main, il lui dit : « Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. » Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils.

Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi.. A cause de toi, moi ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi ton Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, moi qui demeure au-dessus des cieux, je suis descendu sur la terre et sous la terre. Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré aux juifs dans le jardin et j’ai été crucifié dans le jardin...

À nouveau, une pause est faite dans la lecture par un moment de silence. Puis un troisième lecteur (ou la même personne si est seule) poursuit :

Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde sur mon dos la trace de la flagellation que j’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés qui avait été imposé sur ton dos.

Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois... Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Eve de ton côté. Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer.

Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.

Vivre en disciples

La personne qui conduit la prière reprend :

En ce jour, notre mission de disciples du Christ est de demeurer fidèles dans la prière et de manifester notre foi dans la résurrection. La mort est déjà vaincue.

Chantons le psaume 26 (27), 1, 2, 3, 13-14

Air du refrain :

R/ Le Seigneur est ma lumière et mon salut : de qui aurais-je crainte ?
Le Seigneur est le rempart de ma vie : devant qui tremblerais-je ?

- J'ai demandé une chose au Seigneur
La seule que je cherche
Habiter la maison du Seigneur
Tous les jours de ma vie

- Habiter ta maison Seigneur
Pour t'admirer en Ta bonté
Et m'attacher à ton Église Seigneur
M'attacher à ton Église Seigneur

- J'en suis sur je verrai les bontés du Seigneur
Sur la Terre des vivants
Espère sois fort et prends courage
Espère, espère le Seigneur

Le temps de prière se termine par le texte proclamé par la personne qui conduit la prière :

Regarde, Seigneur, nous t’en prions, la famille qui T’appartient : c’est pour elle que Jésus le Christ notre Seigneur ne refusa pas d’être livré aux mains des méchants ni de subir le supplice de la Croix.

Chacun quitte le lieu de prière dans le silence, sans se signer de la croix.



Le Christ mort au tombeau, Hans Holbein Le Jeune - Kunstmuseum de Bâle

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+