À la Pentecôte "réjouissons-nous, nous sommes visités par l'Esprit"

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À l'occasion de la Pentecôte fêtée le 5 juin, Dominique Bourgoin, diacre permanent, propose une réflexion sur le sens de cette fête.

Si vous avez parfois l'impression de sentir près de vous la présence du Seigneur, vous n'êtes pas malade, cela s'explique.

S'il vous semble deviner la présence du Seigneur dans le regard d'un autre, ne vous inquiétez pas, Jésus nous avait prévenu.

Si vous tressaillez de joie, si une paix vous envahit, à l'approche d'un sacrement, soyez rassurés votre imagination ne vous joue pas des tours, c'est vrai, c'est réel, c'est ce qui se passe quand on se sent aimé.

L’Évangile de la Pentecôte répond aux questions qu'on peut poser sur notre santé mentale.

C'est fou, aujourd'hui je crois au Seigneur.

C'est fou, j'ai confiance et je me sens vivant.

Eh bien, ce qui nous arrive dans ces cas-là, c'est la foi. C'est ce qui se passe en nous quand l'Esprit Saint passe et nous surprend.

La foi je ne la saisis pas, je la reçois. Elle grandit en moi dans ce lieu préparé pour moi par le Seigneur, pour l'accueillir.

Jésus m'avait prévenu : "nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure."

Une demeure pour nous aider à vivre dans le monde car le monde veut nous faire croire que nous sommes abandonnés par Dieu et que nous devons nous débrouiller seuls.

Les tentations du monde de se suffire à lui-même sont là.

Le monde, on le sait s'occupe du monde.

Le monde ne se préoccupe que de sa propre construction et de sa propre organisation.

Le monde va vers on ne sait où, il ne suit pas un chemin, il choisit sa route en fonction des opportunités.

Le monde refuse qu'on lui montre un chemin. Le monde refuse d'être sauvé.

Le monde refuse tout commandement. Et pourtant Jésus, juste avant sa passion, s'adresse à ses disciples : "Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements." Le monde refuse les commandements parce qu'il refuse d'aimer un autre que lui-même.

Mais nous, disciples du Christ depuis que nous avons été plongés dans sa mort et sa résurrection à notre baptême, nous ses disciples, nous sommes appelés à aimer le Christ.

Si nous avons parfois l'impression de ne plus sentir la présence du Seigneur, ce n'est pas une maladie, cela s'explique.

Nous avons une bonne raison pour ne plus répondre à l'invitation du Christ à rejoindre son Église, le monde nous donne de bonnes raisons pour éviter d'aimer.

Quand nous voulons tout diriger de notre vie, quand nous ne voulons pas consentir à ce qu'une partie de moi-même est en attente, notre vie se vide de sens. Cette partie de nous-même s'atrophie.

Si nous étouffons cette part de nous-même qui veut se laisser aimer, notre vie s'assèche.

Certes, nous savons peut-être mieux compter, mieux accumuler, mieux nous.

Et pourtant, contre tout cela, le Christ nous promet un défenseur : "Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous."

Ainsi, nous apprenons que Jésus jouait ce rôle de défenseur auprès de ses disciples. Nous comprenons mieux pourquoi aucun d'eux ne se soit perdu. Il les a aidés à repousser le mal. Il les a protégés du monde. Il a été pour eux un défenseur et une fois auprès du Père, il le prie pour envoyer un défenseur auprès d'eux, auprès de nous.

Ce défenseur c'est l'Esprit Saint qui ravive la présence du Seigneur : " l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

Alors, réjouissons-nous, nous sommes visités par l'Esprit qui sait ce qui est bien pour nous, qui sait que nous avons besoin d'un défenseur car il est lui aussi dans le Père et le Fils.

Alors nous sentons la présence du Seigneur.

Alors, nous devinons sa présence dans le regard de ceux que nous rencontrons.

Alors nous tressaillons de joie et nous nous sentons en paix quand nous prions.

Ce sont là les effets inépuisables et toujours actuels de la Pentecôte.

 

Père, sois loué sans fin pour le don de ton Fils.
Christ, sois loué sans fin pour ta promesse de salut.
Esprit Saint, sois loué sans fin, toi qui prends sans te décourager
notre défense.

 

Dominique Bourgoin, diacre permanent