L'Église célèbre le deuxième Dimanche de la Parole de Dieu

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Ce dimanche 24 janvier 2021, l'Église universelle célébrera la seconde édition du Dimanche de la Parole de Dieu, instauré par le Papa François en 2020 chaque 3ème dimanche du Temps ordinaire. Éclairage sur ce nouveau rendez-vous liturgique avec Michèle Clavier, théologienne.

Comment avez-vous reçu l’an dernier l’annonce de cette nouvelle fête, centrée sur la Parole de Dieu ?


Michèle Clavier, théologienne : C’est une idée qui est en marche dans l’Église depuis le renouveau biblique à la fin du XIXème siècle et qui a fait son chemin à la suite du Concile Vatican II. Dans mon livre Le Dimanche de la Parole 1, je rappelle que Benoît XVI a beaucoup œuvré à la prise de conscience de l’importance de la Parole, en convoquant notamment en 2008 un Synode romain des évêques sur ce thème. Saint Jean-Paul II avait voulu une année et un Synode romain sur l’Eucharistie, après la « table eucharistique », Benoît XVI a lui voulu honorer la « table de la Parole ». Il l’avait fait également dans son exhortation apostolique Verbum Domini. C’est dans ce mouvement que s’est inscrit le Pape François pour souhaiter et instituer ce dimanche de la Parole.


Pourquoi en faire le thème d’un seul dimanche ?

On entend en effet des objections du type « à force d’avoir des dimanches à thème, nous perdons de vue que chaque dimanche c’est le mystère pascal que l’on célèbre... ». Je crois qu’il ne faut pas opposer les deux. Si l’on songe par exemple à ce que l’on appelait longtemps la Fête-Dieu, aujourd’hui le dimanche du Corps et du Sang du Christ , on voit bien que si l’on célèbre l’Eucharistie chaque dimanche, elle est spécialement honorée dans la liturgie au cours de ce dimanche qui suit la Trinité. Avec cette nouvelle fête, la Parole est hissée au même niveau, en lui consacrant spécialement un dimanche dans la liturgie de l’Eglise universelle.


En 2020, la Pandémie de covid-19 et les confinements ont amené de nombreuses familles et fidèles à découvrir ou à pratiquer de manière plus intense et intime des liturgies de la Parole. Vous même vous avez participé en Gironde à la rédaction de ce type de liturgies domestiques dominicales. Comment avez-vous vécu cette expérience ?


Comme membres de la Pastorale liturgique du diocèse de Bordeaux, nous étions là au cœur de notre mission qui est le service de l’Eglise diocésaine. Dès le premier confinement, nous avons, en lien avec Mgr James, choisi l’option de proposer des liturgies domestiques plutôt que d’ajouter à la pléthore de célébrations qui figuraient déjà sur nos écrans. Nous sommes ainsi revenus à la belle image de chaque famille qui est une Église domestique. C’est aussi l’expérience des premiers chrétiens qui se réunissaient dans les maisons pour prier. C’est donc un aspect positif de cette crise que d’avoir permis à des familles ou des personnes seules de partager ou de prendre du temps pour méditer autour de la Parole.

Fort de cette expérience et des recommandations publiées par le Vatican pour ce Dimanche de la Parole, comment se préparer à cette célébration ? Y a-t-il un thème particulier ?


Il n’y a pas de thème, car c’est la Parole qui est le thème central de ce troisième dimanche du Temps ordinaire. Le Pape n’a d’ailleurs pas choisi par hasard ce troisième dimanche... C’est au cours de cette célébration dominicale que nous ouvrons l’Évangile de l’année (A, B ou C, soit Matthieu, Marc ou Luc). Car à la suite du temps de Noël, le deuxième dimanche du Temps ordinaire est encore marqué par les épiphanies de Jésus avec la lecture d’un passage de l’Évangile selon saint Jean. C’est donc lors de ce troisième dimanche du Temps ordinaire que nous découvrons le début de l’Évangile que nous parcourrons tout au long de l’année, avec le début des récits de la mission de Jésus qui appelle ses disciples et les envois en mission. Si nous devions donc trouver un thème ou une dynamique, ce serait de renouveler en chaque baptisé l’appel qui est le sien à répondre à cette Bonne nouvelle ! Car la célébration ne se limite pas au rassemblement (en grec ecclesia), de ceux que le Christ appelle. Il les invite d’abord à la Table de la Parole, puis à celle de l’Eucharistie. Nous pourrions alors être tenté de faire comme Pierre au Mont Tabor qui, s’y trouvant sûrement très bien, voulait y installer trois tentes... Mais la fin ultime de la messe c’est bien, après nous avoir donner des forces, de nous envoyer en mission !


Entre deux rassemblements dominicales, quels conseils pourriez-vous donner pour celles et ceux qui voudraient fréquenter plus régulièrement la Parole ?

Il faut, je pense, commencer justement par le dimanche. Car nous n’avons pas trop de toute la semaine pour vivre de la messe dominicale ! Nous pouvons donc, au cours de la semaine, continuer à méditer la Parole que nous avons reçu le dimanche et essayer de la mettre en pratique. Le dimanche devient alors la lumière qui éclaire toute notre semaine. Nous avons aussi, si l’on veut découvrir la Parole que propose de prier l’Église chaque jour, la possibilité de trouver plusieurs revues ou applications qui facilitent et aident à méditer la Parole. Mais je pense vraiment que le phare de notre semaine est d’abord cette Parole reçue le dimanche.

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1 - Le Dimanche de la Parole, édition Bayard, octobre 2020

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