La Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

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La sainte famille est toujours fêtée dans l'octave de la Nativité, le dimanche qui suit le 25 décembre. Le Père Bruno Maurel, responsable de la Pastorale familiale du diocèse nous propose un éclairage sur les vertus familiales de la sainte famille.

Tu as voulu, Seigneur, que la sainte famille nous soit donnée en exemple : c’est ainsi que commence la collecte (prière d’ouverture de la messe) de la solennité de la sainte famille. Waouh, quel défi ! Il s’agit pour toutes les familles chrétiennes de prendre exemple sur la sainte famille de Nazareth. On pourrait se demander : mais comment l’Église, notre mère, peut-elle nous donner un tel exemple ? Ne risque-t-elle pas de nous décourager ? Et puis, comment faire tout simplement pour imiter une famille somme toute unique ? La réponse est dans la suite de la collecte :

Accorde-nous, dans ta bonté, de pratiquer comme elle les vertus familiales et d’être unis par les liens de ton amour, afin de goûter la récompense éternelle dans la joie de ta maison.

L’Église sait bien qu’il y a quelque chose d’inimitable dans la sainte famille. En effet, il est unique d’être un enfant à la fois homme et Dieu, conçu en sa mère de l’Esprit-Saint, et d’avoir une maman au doux surnom d’« Immaculée Conception ». Mais à part ça, rien d’anormal. Et même d’un certain point de vue, rien de plus normal que cette famille : un papa et une maman qui s’aiment follement, et un enfant qui couronne leur amour. Un enfant qui est bien le fruit des entrailles de sa maman, et un papa pleinement reconnu : un certain Joseph, qui tient sa paternité même du Père éternel. Autrement dit, à part Dieu, personne n’est plus père que lui. S’il y a donc quelque chose d’inimitable dans les grâces spécifiques de la sainte famille, il y a aussi quelque chose de commun à toutes les familles du monde. C’est cela que l’Église nous invite à contempler dans la sainte famille, pour recevoir d’elle une inspiration qui transforme nos vies de famille.

Mais plus précisément, que sommes-nous invités à regarder dans la sainte famille ? Nous sommes invités à nous pencher sur les vertus familiales de la sainte famille. En parlant de vertus, nous désignons les dispositions habituelles et fermes à faire le bien, qui nous rendent de plus en plus semblables à Dieu (Cat. Eg. Catho. N°1803). Voici dans la sainte famille quelques-unes de ces dispositions pratiquées à merveille, que nous voulons aussi appliquer dans nos familles :

-          L’amour conjugal. Il est certain qu’un amour très profond devait unir le couple de Joseph et Marie. Marie, sans doute la femme la plus belle que la création ait jamais portée. Et Joseph, qui devait-il donc être, pour qu’une femme comme Marie le désira ?  Particularité de ce couple : leur désir amoureux servait, non la jouissance mais la joie d’une consécration à Dieu réciproque et entière. Ce désir amoureux, pleinement habité par l’Esprit-Saint, les portait à voir s’accomplir en l’autre le rêve de Dieu sur lui/elle. En d’autres termes, l’amour conjugal de Joseph et Marie a été vécu pleinement, d’une manière qui leur est propre et sous le regard de Dieu. Cet amour de Joseph et Marie est donc une double invitation aux époux chrétiens : d’un côté, à vivre leur amour conjugal en accueillant pleinement leur désir de se donner l’un à l’autre ; d’un autre côté, à vivre cet amour conjugal à l’intérieur du rêve de Dieu sur eux. Pratiquer la vertu de l’amour conjugal à la manière des époux de Nazareth, c’est vivre tous les actes de la vie maritale de façon apaisée et harmonieuse, sous le regard bienveillant du Dieu créateur et sauveur. Bien entendu, cette manière pleine et entière de vivre l’amour conjugal suppose l’ouverture du cœur à l’Esprit-Saint. D’où la deuxième vertu sur laquelle nous voulons nous arrêter.

-          Une deuxième vertu de la sainte famille est sans aucun doute la docilité à Dieu dans la prière. Dans les évangiles, les récits de l’enfance nous décrivent la disponibilité intérieure de Joseph et Marie. C’est parce qu’ils sont à l’écoute de la parole de Dieu, qu’ils sont capables de répondre « oui » aux missions qui leur sont confiées par Dieu. C’est parce que Marie est docile à l’Esprit Saint que Dieu se fait homme en elle ; c’est parce que Joseph est homme de prière qu’il est capable de reconnaître la voix de Dieu dans ses songes et de répondre à ses appels, aussi crucifiants soient-ils (pensons à la fuite en Égypte, avec le lot de risques et de complications que cela représentait). C’est aussi grâce à leur cœur ouvert à Dieu, que Joseph et Marie peuvent accepter des situations très angoissantes et douloureuses. Ainsi l’épisode du recouvrement de Jésus au Temple : à la question pleine de douleur que pose Marie —« mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela… ? »— Jésus répond énigmatiquement qu’il doit être aux affaires de son père. Les parents ne comprennent pas la réponse, ils ont le cœur encore rempli des angoisses des trois derniers jours. Mais ils gardent en leur cœur ces évènements et les méditent… (Lc2,41-52). La sainte famille invite tous les époux à ancrer leur vie conjugale dans la vie de prière, secret du bonheur familial. Sans cela, c’est la vie elle-même qui, chez les époux, risque de perdre son sens profond et sa saveur. Le risque pour eux est ainsi de tomber dans l’amertume, le rejet de Dieu, et finalement le rejet de l’un l’autre.  

-          Enfin et parmi tant d’autres, nous pouvons recevoir de la sainte famille une troisième vertu, celle du détachement. Effectivement Jésus (toujours dans le récit du recouvrement au Temple) démontre que, s’il aime profondément ses parents et se soumet à eux, il est conscient qu’il ne leur appartient pas. Mieux, il affirme que son père, ultimement, c’est son Père du Ciel. Par conséquent, le projet de sa vie n’est pas entre les mains de ses parents, mais entre celles de Dieu. Il y a là une leçon riche et libératrice pour toutes les familles : la vie des enfants est confiée par Dieu à leurs parents, mais elle ne leur appartient pas. Corollaire : quoiqu’il arrive à son enfant ­—et surtout dans les moments difficiles— il est bon de se dire que la vie d’un enfant est entre les mains de son Père céleste. Ouf !... Il faut donc que les époux demandent la grâce d’un réel détachement de leur enfant, et en particulier le refus de toute projection ou considération mondaine sur lui. Et il leur faut apprendre à leurs enfants l’importance de la découverte du rêve de Dieu sur eux (c’est ce que Joseph et Marie ont fait avec Jésus !). Ceci devient vital et essentiel pour ce qui regarde la vocation. Questions aux époux : est-ce que l’on encourage nos enfants à prier ? À être dociles au désir de Dieu pour eux ? Est-ce qu’on leur témoigne, en tant qu’époux, dans notre vie quotidienne, cette vertu du détachement des choses superficielles ? Et au contraire, de l’attachement aux valeurs les plus profondes ­—ultimement, le Ciel ?

Avec la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph, toujours présente à nos côtés, redisons-nous avec confiance et espérance : Joyeux Noël et bonne année !

Père Bruno Maurel
Prêtre accompagnateur de la Pastorale familiale