La petite musique du Mercredi des Cendres : à propos de la poussière.

Croire à la Bonne Nouvelle c’est écouter celui qui parle dès l’origine comme Verbe de Dieu.

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Au début de la Bible figurent quatre métaphores, dans la langue hébraïque, qu’on n’a pas l’habitude de rapprocher, quatre métaphores de l’indiscernable : le vent, la vapeur, la poussière et l’ombre.

Le vent et l’ombre, éléments immatériels, se rapportent à Dieu , la vapeur et la poussière à l’Adam originel.

La vapeur, c'est « l’idée d’Adam », avant qu’il n’existe. Il existe déjà dans l’idée de Dieu. C’est un embryon d’Adam.

La poussière (‘afar), poussière volante, est à la fois nuée et particule de matière impalpable : « et Dieu conçut l’Adam, ‘afar hors de l’adama » (Adama signifiant terre, sol cultivable).

Dieu et l’Adam originel sont indiscernables, nous ne pouvons pas nous les représenter.

" Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière " Bonne nouvelle ! Tu deviendras qui tu es dans le geste créateur de Dieu.

Ce n'est pas là une référence au tombeau et à la mort sur laquelle personne n’a besoin qu’on lui en redise, mais résurgence, pourrait-on dire, d’une « mémoire édénique » selon laquelle nous existons dès l’origine en Dieu et hors de lui, en relation d’altérité avec lui. Une mémoire « en Christ » si l’on choisit la deuxième formule (convertissez-vous et croyez à l’Évangile), mais la visée est la même : croire à la Bonne Nouvelle c’est écouter celui qui parle dès l’origine comme Verbe de Dieu.

Les cendres, imposées sur notre front, ne viennent-elles pas de la crémation des rameaux avec lesquels nous avons acclamé Jésus comme roi, le Dimanche de la passion de l’année précédente ?

Ainsi commence le Carême…

 

Jean-Marie Despeyroux,

Responsable diocésain de la Pastorale liturgique et sacramentelle.

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