8 septembre, fête de la nativité de la Vierge Marie

«Ta naissance, ô Marie, annonce la joie au monde !»

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L’année liturgique comporte trois cycles : celui des dimanches, des fêtes en l’honneur de Jésus-Christ et des fêtes des saints. La première grande fête du cycle des saints est celle de la Nativité de la Vierge Marie, mère de Jésus-Christ, célébrée le 8 septembre de chaque année.

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Éclairage proposé par le père  Robert Witwicki, S.M

1) «La venue d’une fille au foyer d’Anne et de Joachim a fait lever sur le monde l’espérance et l’aurore du salut’». Le livre de «La liturgie des heures» inscrit d’emblée l’événement familial dans la grande histoire de Dieu avec les hommes. L’anniversaire de Marie a rang de «fête» dans la liturgie catholique parce que c’est l’anniversaire de la Mère de Jésus, le Sauveur. À cause de cette vocation unique de Marie, sa première entrée dans ce monde, sa conception, est célébrée de manière plus solennelle encore : la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre, a rang de «solennité». Ces deux grandes fêtes ouvrent un nouveau cycle de célébration du mystère du Christ : nous avons accompagné Marie au ciel par la célébration de son Assomption (15 août) et de sa participation au Règne universel du Christ (22 août), et avec la rentrée (dans notre hémisphère), nous reprenons l’histoire de Marie par le commencement.  

La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde (Jn 16, 21).

Cette femme, c’est aujourd’hui Anne, la maman de Marie. «Ta naissance, ô Marie, annonce la joie au monde !» Avec Anne, toutes les mamans peuvent se souvenir de ces petites pâques par lesquelles elles ont elles-mêmes passé. Et ce que Saint Luc évoque à propos de la nativité de Jean-Baptiste vaut pour elles : « es voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde et ils se réjouissaient avec elle» (Lc 1, 57). Que se réjouissent donc toutes les mamans, en ce 8 septembre, pour leur part - leur travail - dans la mise au monde de nouveaux vivants ! Le 8 septembre, au fond, aurait été une belle date pour la fête des mères ! 

La liturgie du jour évoque par de fraîches images l’aventure qui commence à la naissance de Marie. «Voici l’aurore avant le jour» : la naissance de Marie éclaire la terre avant même qu’apparaisse à l’horizon le disque éblouissant du soleil, image du Christ. «Tu es la terre où la semence bientôt va germer..» - «La terre desséchée tressaille de joie : source pure, Vierge Marie, avec toi l’espérance renaît !» Les litanies de Lorette développent cette louange : «Sainte Vierge des vierges, Cause de notre joie, Etoile du matin, Mère de l’Espérance, Reine conçue sans le péché originel...»  

2) La question que se pose l’entourage de Zacharie et d’Élisabeth s’est posée à chaque naissance : «Que sera donc cet enfant ?» (Lc 1, 66). En d’autres termes : quel est donc le projet de Dieu sur cet enfant ? A quoi Dieu l’appelle-t-il ? Quelle est sa vocation ?  

C’est toujours le mystère du Christ que nous célébrons au cœur de la liturgie chrétienne, aussi la liturgie de la nativité de ce 8 septembre chante-t-elle à l’envi la mission maternelle de Marie.  

«Heureuse es-tu, sainte Vierge Marie ; tu es digne de toute louange : de toi s’est levé le soleil de justice, le Christ notre Dieu !» L’Évangile de la fête, c’est la généalogie de Jésus, Christ...selon St Matthieu (1, 1...23), qui culmine par la révélation de son nom-programme : «On lui donnera le nom d’Emmanuel, «Dieu avec nous». De ce fait, la vocation de Marie, c’est d’être la mère de l’Emmanuel ! de donner le Christ au monde. La liturgie de la nativité de Marie anticipe largement la nativité de Jésus. « Voici, dit l’antienne de la communion, que la Vierge enfantera un fils ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.»  

Comme pour Jean-Baptiste et comme pour Jésus, après sa naissance, la liturgie catholique célèbre la fête du saint Nom de Marie (le 12 septembre), et plus tard, le 21 novembre, sa présentation au temple. Comme ceux de beaucoup d’acteurs de l’histoire sainte, les parents de Marie sont volontiers présentés comme un couple âgé, ayant dépassé l’âge naturel d’enfanter. Leur fille leur est donnée comme un cadeau du ciel. En la présentant au temple, ils reconnaissent que Marie est davantage Don de Dieu que fille d’Anne et de Joachim.  

Pour la méditation, deux textes du Bienheureux Guillaume-Joseph Chaminade (1761-1850), fondateur de la Société de Marie (Marianistes). 

  1. Notes pour un sermon pour la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. 

1º Jamais généalogie ne fut plus illustre. L'auteur sacré (St Matthieu) distribue les ancêtres de Marie en trois classes différentes : patriarches, rois, pontifes. Mais la miraculeuse fécondité des patriarches, la souveraine puissance des rois, la singulière piété des pontifes, n'a porté à Marie d'autre gloire que celle d'être une figure, 1) d'une fécondité bien plus admirable : Marie est plus Mère de Jésus que les autres mères de leurs enfants ; 2) d'une puissance plus étendue, etc. : les rois ont reçu bien plus de gloire de cette fille incomparable qu'ils ne lui en ont communiqué ; 3) d'une sainteté bien supérieure, etc. 2º La véritable grandeur de Marie n'est pas d'être née et de tirer son origine des patriarches, des rois et des souverains pontifes, c'est d'avoir été choisie de Dieu, 1) pour être sa Mère, 2) pour être sa coopératrice 3) et pour faire ses délices. Marie est véritablement et uniquement grande par ce que Dieu fait en elle, c'est-à-dire par la dignité sublime où il veut l'élever et par toutes les grâces dont il l'orne pour l'en rendre digne.  

1.SERVIR, non seulement d'instrument utile, mais de moyen nécessaire à l'Incarnation du Verbe ; fournir à Jésus-Christ un corps et tout ce qui compose l'humanité dont il veut se revêtir : tel est l'auguste privilège destiné à Marie. Quelle grandeur ! Quelle élévation ! 

2. COOPÉRATRICE. Qui ne penserait d'abord qu'en la choisissant pour être la Mère de son Fils, Dieu ne pouvait lui préparer de nouvelles grandeurs ? Cependant par le ministère de coopération dont il l'anoblira, il l'élèvera, si on peut le dire, à une dignité aussi éminente que la première. 

3. SES DÉLICES. Dieu cependant avait résolu de se choisir un lieu de délices sur la terre ; il avait désigné par ses prophètes une créature privilégiée qu'il épouserait dans la justice et dans la foi, dans laquelle il mettrait sa complaisance. Il avait dit qu'elle recevrait de lui un nom nouveau, qu’elle s’appellerait sa bien-aimée, qu’elle serait comme une couronne de gloire dans sa main, et comme le diadème d’honneur de son Dieu et de son Roi.

*** 

  1. Au cours de la retraite qu’il a prêchée en 1822 à la jeune Société de Marie (fondée à Bordeaux en 1817), le Bienheureux G.-J. Chaminade lui a parlé de la dévotion que ses frères devaient à Marie, leur auguste Mère. En exergue, ce verset qu’il a souvent commenté : « Marie de qui est né Jésus, appelé Christ. » (Mt 1, 16)  

Voici les notes d’un retraitant particulièrement attentif, dont le style ne nous empêchera pas de goûter la substance :  

«Trois caractères de leur dévotion à la Sainte Vierge. 1° Haute et amoureuse estime des perfections de la bienheureuse Vierge Marie. Pour nourrir cette haute et amoureuse estime, il faut considérer souvent les trois éminentes et singulières prérogatives de Marie, ou ses trois alliances avec l'adorable Trinité.  

Elle est la fille chérie du Père éternel, la Mère du Verbe incarné, notre Seigneur Jésus-Christ, l'épouse du Saint-Esprit. Chacune des adorables personnes accordant à Marie quatre faveurs signalées ; on peut se représenter la réunion de ces douze faveurs comme les douze étoiles dont elle est couronnée.  

Le Père éternel fait à sa fille chérie les quatre signalées faveurs : 1) de sa prédestination éternelle, de son Immaculée Conception ; 2) de sa sainte Nativité ; 3) de son admirable Annonciation ; 4) de l'ineffable mystère de l'incarnation.  

Le Fils de Dieu, Verbe incarné a aussi fait à Marie sa mère quatre faveurs bien signalées, savoir : 1) d'avoir demeuré dans ses chastes flancs l'espace de neuf mois, et d'en être sorti sans aucune lésion de son intégrité virginale ; 2) d'avoir pris sa nourriture de sa très pure mamelle ; 3) de s'être soumis à elle et de l'avoir prise comme pour directrice de sa vie et gouvernante de toutes ses actions ; 4) de l'avoir choisie pour compagne de ses travaux et de ses joies, de sa vie et de sa passion.  

Le Saint-Esprit a enrichi son auguste épouse de quatre autres faveurs : 1) il l'a faite vierge et mère tout ensemble ; 2) il a reposé en elle comme dans son sanctuaire ; 3) il l'a élevée au ciel en corps et en âme ; 4) il l'a établie reine de l'univers.  

Réflexion. Toute notre grandeur vient après Dieu de la bienheureuse Vierge. C'est par son entremise que nous sommes enfants de Dieu et que Jésus Christ est notre frère par la très pure naissance qu'il a prise de son sein et de son sang virginal.»  

 Robert Witwicki, S.M 
Septembre 2021

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Prière pour la nativité de la Vierge à retrouver sur le site hozana.org