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Quand on a décidé de partir à la recherche de Dieu

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Un texte de Père Yves Raguin. Cet homme est connu pour ses nombreux ouvrages spirituels qui ont largement contribué à l’ouverture de la spiritualité chrétienne aux traditions venues d’autres cultures.

 

DIEU SE LAISSE TROUVER PAR L'AME DESENCOMBREE

 

QUAND ON A DECIDE DE PARTIR A LA RECHERCHE DE DIEU,
 
il faut faire ses bagages,  sceller son âne et se mettre en route...
 

C'est un grand départ. Il faut dire adieu.  A quoi ? A tout et à rien. 
 
A rien, car ce monde que l'on quitte sera toujours là, près de nous, en nous, jusqu'à son dernier souffle, toujours aussi près de nous.  Etant chassé et repoussé, il a bien des chances de resurgir avec plus de véhémence, à l'extérieur de nous-mêmes. 
 
A tout, car en partant à la recherche de l'absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner, avec ce qui en nous et dans les êtres, tend à former un corps d'opposition à l'activité divine.
 
Finalement, ce qui est le plus dur à laisser, c'est ce nous-même, qui, dans son besoin fondamental d'autonomie, s'oppose à Dieu.
 
La séparation n'est pas dans l'éloignement mais dans le détachement. Il faut à tout prix, empêcher notre personnalité de se replier sur elle-même, de se construire en face de Dieu une citadelle où Dieu ne sera admis que comme un hôte.
 
Avant de partir, il y a quelques coups de hache et de serpe à donner. En tranchant autour de soi, on voit immédiatement que l'on tranche en soi....
 
Mais il ne faut pas attendre d'être détaché de tout et de soi pour partir. Il faut partir, et peu à peu, à mesure que nous avancerons, les choses qui nous sont les plus chères prendront de la distance. Beaucoup s'attacheront à nos pas. C'est normal.
 
Si notre cœur y tient encore, il suffit de dire à Dieu : « Mon Dieu, je tiens encore à ceci, à cela, mais je compte sur Toi pour me libérer, tandis que je marche vers Toi.
 

 

 

 

S'EXERCER AU DETACHEMENT INTERIEUR

 

Qu'emporter avec soi ?   Tout soi-même et rien de moins. 
 
 
 
 

Étrange réponse près a voir dit qu'il faut tout laisser et surtout se laisser soi-même. Et pourtant, c'est vrai, il faut s'emporter tout entier.
 
Beaucoup ne partent qu'en apparence, ils n'emportent avec eux qu'un fantôme d'eux-mêmes, une maquette abstraite d'eux-mêmes. Ils se mettent eux-mêmes en sécurité avant de se mettre en route...
Ils se font une personnalité artificielle d'emprunt, construite d'après les livres, et c'est cette personnalité artificielle, ce robot, cette ombre d'eux-mêmes, qu'ils envoient à la recherche de Dieu.
Ils n'entrent jamais vraiment de tout leur être dans l'expérience...
Ils envoient un double d'eux-mêmes tenter l'aventure et s'étonnent ensuite de ne retirer de tout cela que déception.
 
 
En partant, il faut mettre sur son âne tout ce qu'on possède et partir avec tout ce qu'on est, sa carcasse, son esprit, son âme ; il faut tout prendre, les grandeurs et les faiblesse, le passé de péchés, les grandes espérances, les tendances les plus basses et les plus violentes...
 
Tout, tout, car tout doit passer par le feu.
 
Tout doit être finalement intégrer pour faire un être humain capable d'entrer corps et âme dans la CONNAISSANCE DE DIEU.
 
Dieu veut devant lui un être réel qui sache pleurer, crier sous l'effet de sa grâce purifiante ; il veut un être qui sache le prix de l'amour humain et connaisse l'attrait de l'autre sexe. Il veut un être qui connaisse le désir violent de lui résister. C'est un être réel que Dieu veut voir devant lui, sans quoi sa grâce n'aura rien à transformer, l'être réel se dérobera.
 
 
Comme le bout du chemin se perd en Dieu et que personne ne connait le chemin sinon celui qui vient de Dieu, Jésus Christ,
il faut, tout en écoutant les maîtres que nous rencontrons, fixer les yeux sur lui seul.
Il est la voie, la Vérité et la Vie. Lui seul d'ailleurs a parcouru le chemin dans les deux sens.
Il faut mettre notre main dans la sienne et partir...

 
            Yves . Raguin - sj

 

 

 

 

 

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