Samedi 19 octobre, près de 80 lycéens venus des quatre coins du diocèse ont marché entre la collégiale d’Uzeste et la cathédrale de Bazas. Dans l’optique du jubilé 2025, ils se sont mis en route pour devenir, à l’invitation du pape François, des « pèlerins d’Espérance ». Retour sur cette journée entre nature, prière et témoignage.
Certains se sont levés tôt pour venir à cette journée, très tôt…vers 5h30 ! À l’arrivée, les mines sont un peu fatiguées et les regards interrogateurs quant à la suite du programme. Très vite pourtant, les voix profondes du quatuor liturgique choisi pour animer cette journée tirent les jeunes de leur sommeil et les entraînent à vivre l’instant présent. Leur chant emplit la collégiale d’Uzeste. C’est beau, solennel, sacré…Il n’en faut pas plus pour que les jeunes changent d’état d’esprit. Ensemble, animateurs et lycéens prient les laudes pour commencer cette belle journée. Et pour certains, c’est une première !
Après cette immersion dans la liturgie des heures, une vidéo sur Carlo Acutis est projetée dans l’édifice. Du fin fond du Cambodge, le père Will Conquer, spécialiste du futur saint, a tenu à délivrer un message aux jeunes. « Carlo Acutis disait que la sainteté n’est pas un processus d’addition mais de soustraction », souligne le prêtre en les encourageant à ne pas baisser les bras face aux exigences de la vie chrétienne. Toute la journée, la figure de Carlo accompagnera en effet les jeunes puisqu’ils auront la possibilité de vénérer ses reliques. Témoin de l’Espérance en son temps, l’italien avait une vie étonnamment proche de la leur. Il est tout simplement devenu saint car il a choisi de suivre le Christ. Radicalement. Un bel exemple pour ces lycéens.
Les consignes données, le top départ est lancé. Une à une, les petites fraternités s’élancent dans la nature pour rejoindre la ville de Bazas. Sur le chemin bordé de fougères, d’immenses conifères plongent les adolescents dans un océan de verdure, bien loin des salles de classes et des écrans sur lesquels ils ont l’habitude de pianoter. L’itinéraire, soigneusement préparé par le père Clément Barré ne peut qu’inviter à la contemplation. Sur la route, les jeunes sont amenés à réfléchir à cette vertu de l’Espérance si chère à Charles Peguy et à tant d’autres auteurs chrétiens. Tandis que les mots du pape François ou de Tolkien les habitent , la nature les enveloppe de son silence. Des centaines d’années avant eux, au Moyen-Âge, des pèlerins parcouraient déjà ce chemin. À leur suite, ils s’inscrivent dans leur pas, eux les jeunes du IIIème millénaire.
Après un bon casse-croute au Poney Club de Bazas, les lycéens reprennent la route pour atteindre la cathédrale. Certains ont l’habitude de marcher, d’autres non. Tous cheminent, chacun à son rythme. À leur arrivée, le majestueuse façade de l’édifice se dévoile au détour des vieille ruelles. Bientôt, les portes s’ouvrent. Quelqu’un les attend. Pour évoquer cette vertu de l’Espérance, Thomas Rémy, un converti devenu théologien est venu spécialement de Belgique pour leur partager son histoire de vie. Il leur raconte ses égarements, ses doutes, ses lectures… et puis sa rencontre avec le Christ et l’Eglise qui a changé sa vie. À tel point qu’il a lancé une chaîne YouTube sur laquelle il évangélise. Un comble pour cet ancien athée ! Après un temps de questions, les lycéens sont invités à vivre une adoration et à se confesser. À nouveau, les voix de la chorale s’élèvent dans une atmosphère sacrée. Sur l’autel, le Saint-Sacrement trône, entouré d’un parterre de bougies. Et puis le silence se fait… Nous sommes cent mais chacun vit son cœur à cœur avec le Christ.
La journée se clôture par une messe présidée par l’archevêque. Devant la centaine de personnes rassemblée dans l’édifice, Monseigneur James rappelle que seuls ceux qui aiment sont véritablement heureux. Et ces âmes qui choisissent l’Amour témoignent véritablement de l’Espérance. Nous sommes invités à marcher à leur suite en aimant. Les visages fatigués de ce début de journée ont bien changé en quelques heures. La tête remplie de bons souvenirs et le cœur empreint d’une Espérance nouvelle, les lycéens reprennent le bus, prêts à témoigner de ce qu’ils ont vécu !
