Vatican II : "En dialogue et en vérité"

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Quatrième rencontre, et grande catéchèse de Mgr Stanislas LALANNE, les 13 et 14 février 2008

 

Vous arrivez aux termes de votre périple à travers quelques-uns des textes du concile Vatican II. Après la conférence du Père Christoph Theobald sur « Une Eglise pour la gloire de Dieu et le salut du monde » et celle du Père Patrick Prétot sur « La liturgie : pour la gloire de Dieu et la vie de nos communautés », il appartenait à Sœur Véronique Margron et moi-même de vous parler des « catholiques dans le monde ». Véronique Margron a abordé, le mois dernier, différents aspects de la morale fondamentale et notre façon de vivre en chrétien. 

Après ces trois interventions, il m’a été demandé de vous parler ce soir sur le thème : « L’Eglise en dialogue et en vérité ». Sur le point du dialogue et des relations avec le monde et les autres croyants, l’apport du concile Vatican II est considérable et constitue un véritable tournant.

Je vous propose de voir d’abord quelle est la nouveauté de l’approche de Vatican II concernant ce dialogue (I). Ensuite nous passerons en revue les différents cercles du dialogue qui existent aujourd’hui (dialogue œcuménique, dialogue interreligieux, dialogue avec le monde) et l’évolution qu’ils ont connue au cours de ces quarante dernières années (II). Enfin, je terminerai brièvement sur l’actualité du dialogue et de l’enseignement de Vatican II dans un contexte radicalement différent d’il y a quarante ans (III).

 

 

1. Le concile Vatican II et le dialogue

Le dialogue est un mot qui est aujourd’hui sur toutes les lèvres. L’année 2008 est au niveau européen « l’Année du dialogue interculturel » ; l’Etat dialogue avec les partenaires sociaux ; on insiste sur l’importance du dialogue dans le couple, etc.

Mais le mot était beaucoup moins employé à l’époque du Concile qui s’est ouvert en octobre 1962. Peu après la construction du mur de Berlin (1961) et la crise de Cuba (1962), le monde était marqué par l’affrontement des deux superpuissances qui allait évoluer vers un équilibre de la terreur. Il y avait peu de place pour le dialogue !

Dans le vocabulaire de l’Eglise, le mot dialogue apparaît pour la première fois, dans un document d’un pape, en 1964, dans l’Encyclique Ecclesiam suam, la première encyclique du pape Paul VI. Avant d’aborder les textes conciliaires à proprement parler, je voudrais donc dire quelques mots de ce texte, paru pendant le concile Vatican II, et qui consacre toute sa troisième partie au dialogue.

 

 

11. Ecclesiam suam

 

Comme nous allons le voir, ce texte, tout en expliquant l’importance et la nature du dialogue, pointe déjà toutes les avancées importantes que les textes du concile Vatican II vont ensuite développer. Je les indiquerai donc au fur à mesure que nous les rencontrerons.

 

111. La nécessité du dialogue

 

Paul VI commence par indiquer à quel point il lui semble important qu’entre le monde et l’Eglise il y ait des rencontres et une meilleure connaissance réciproque. Il souligne qu’il conçoit son encyclique comme un message fraternel et familier. Il aborde la conscience que l’Eglise a d’elle-même et l’aggiornamento qu’elle devra accomplir, pour ensuite s’attarder longuement sur les relations que l’Eglise doit aujourd’hui établir avec le monde qui l’entoure et dans lequel elle vit et travaille. Un monde qui offre à l’Eglise non pas une, mais cent formes possibles de contacts.

Rappelant que les chrétiens sont dans le monde mais pas du monde, Paul VI insiste sur le fait que « cette distinction d’avec le monde n’est pas séparation. Bien plus, elle n’est pas indifférence, ni crainte, ni mépris. Quand l’Eglise se distingue de l’humanité, elle ne s’oppose pas à elle, au contraire elle s’y unit » (n° 65).

Dès le début nous trouvons donc clairement indiqué un premier changement important opéré par Vatican II, à savoir la façon dont l’Eglise se situe par rapport au monde. Non plus face au monde, ou à côté de lui, ou encore au-dessus de lui, mais au milieu de lui, ce que reprendra Gaudium et spes.

Rappelant ensuite l’obligation d’évangéliser qui incombe à l’Eglise, Paul VI indique que « l’Eglise doit entrer en dialogue avec le monde dans lequel elle vit. L’Eglise se fait parole ; l’Eglise se fait message ; l’Eglise se fait conversation » (n° 67). Car il estime qu’« avant même de convertir le monde, bien mieux, pour le convertir, il faut l’approcher et lui parler » (n° 70).

Ce dialogue, dit Paul VI, a une origine transcendante. L’histoire du salut montre que c’est Dieu qui a toujours pris l’initiative d’engager la conversation avec l’homme. Et c’est cette initiative d’un dialogue trinitaire – offert et établi avec nous par Dieu le Père, par la médiation du Christ, dans l’Esprit Saint – qui constitue, pour Paul VI, le modèle du type de rapport que l’Eglise doit instaurer avec les hommes (n° 72-74).

 

112. Les caractéristiques de ce dialogue trinitaire

 

 

Paul VI dégage ensuite les caractéristiques de ce dialogue trinitaire que Dieu a entrepris avec l’homme et qui sert de modèle pour l’Eglise.

-   Un dialogue dont l’Eglise doit prendre l’initiative.
Le dialogue du salut fut inauguré spontanément par l’initiative divine : « C’est lui (Dieu) qui nous a aimés le premier » (1 Jn 4, 19) ; il appar-tient à l’Eglise de prendre à son tour l’initiative pour étendre aux hommes ce dialogue (n° 74).
-   Un dialogue complètement désintéressé.
Le dialogue du salut ne se mesura pas aux mérites de ceux à qui il était adressé, ni même aux résultats qu’il aurait obtenus ou qui auraient fait défaut. « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin » (Lc 5, 31). Le dialogue offert par l’Eglise aux hommes doit donc aussi être sans limites et sans calcul (n° 76).
-            Un dialogue qui respecte la liberté personnelle.
Le dialogue du salut ne contraignit physiquement personne à l’accueillir ; il fut une formidable demande d’amour, qui laissa les hommes libres d’y répondre ou de la refuser.  De même l’Eglise doit offrir son don de salut, toujours dans le respect de la liberté personnelle (n° 77).
Nous trouvons pointé ici un deuxième apport capital du concile Vatican II, cette claire affirmation de la liberté religieuse. J’y reviendrai en examinant le décret Dignitatis Humanae.

Reprenons les caractéristiques du dialogue.

-        Un dialogue qui s’adresse à tous les hommes sans exception.
Le dialogue du salut a été adressé à tous sans discrimination aucune (cf. Col 3, 11). L’Eglise doit donc en faire autant (n° 78).
- Un dialogue qui incombe aux hommes tout en restant l’œuvre de Dieu.
Le dialogue de salut a connu des développements successifs, d’humbles débuts (cf. Mt 13, 31). L’Eglise aussi doit prendre en considération les lenteurs et les difficultés de croire inhérentes à la nature humaine et poursuivre le dialogue en attendant « l’heure où Dieu le rendra efficace » (n° 79).

 

 

113. L’esprit de ce dialogue

 

Mais Paul VI va plus loin et insiste sur l’esprit dans lequel ce dialogue doit être conduit. Pour lui, le dialogue suppose une volonté de courtoisie, d’estime, de sympathie, de bonté de la part de celui qui l’entreprend. Et surtout, il ne vise pas à obtenir immédiatement la conversion de l’interlocuteur parce qu’il respecte sa dignité et sa liberté (n° 81).

Le dialogue est ainsi, pour Paul VI, un moyen d’exercer la mission apostolique, caractérisé par la clarté, la douceur, la confiance et la prudence (n° 83-84).

-          La clarté avant tout. Le dialogue suppose et exige que l’on se comprenne. Paul VI pose ici clairement la question du langage.
-          La douceur, celle que le Christ nous propose d’apprendre de lui-même : « Mettez vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 29). Ainsi, le dialogue n’est pas orgueilleux, il n’est pas offensant. Son autorité lui vient de l’intérieur, de la vérité qu’il expose, de la charité qu’il répand, de l’exemple qu’il propose. Il évite les manières violentes, il est patient et généreux.
-          La confiance, tant dans sa propre parole que dans la capacité d’accueil de l’interlocuteur.
-          La prudence, qui tient compte des conditions psychologiques et morales de l’auditeur.
Paul VI poursuit en affirmant à la fois :

« Dans le dialogue ainsi conduit se réalise l’union de la vérité et de la charité, de l’intelligence et de l’amour » (n° 85) et :

« La dialectique de cet exercice de pensée et de patience nous fera découvrir des éléments de vérité également dans les opinions des autres [...] » (n° 86).

Nous trouvons ici l’esquisse d’un troisième apport très important du concile Vatican II, à savoir la reconnaissance d’éléments de vérité dans les autres religions. J’y reviendrai en examinant la déclaration Nostra aetate.

 

114. La pédagogie du Christ

Suivons encore un instant la pensée de Paul VI qui, tout en vantant les mérites du dialogue, est parfaitement conscient des difficultés qu’il soulève. Comment annoncer l’Evangile dans un langage compréhensible pour les hommes d’aujourd’hui sans renier l’essentiel de notre foi ? Comment annoncer le Christ comme « la Vérité » et admettre des éléments de vérité dans d’autres religions ? Paul VI n’esquive pas ces difficultés mais reste convaincu que seul l’exemple du Christ peut guider l’Eglise sur ce chemin étroit.

Pour Paul VI, on ne sauve pas le monde du dehors, il faut entrer dans le monde comme le Verbe de Dieu qui s’est fait homme. Le Pape énumère un certain nombre de mots qui montrent que ce dialogue n’a rien de statique. C’est tout le contraire d’un enseignement magistral. Pour Paul VI, il s’agit :

-        d’assimiler, en une certaine mesure, les formes de vie de ceux à qui on veut porter le message du Christ ;
-        de partager les usages communs, pourvu qu’ils soient humains et honnêtes, spécialement ceux des plus petits, si on veut être écouté et compris ;
-        d’écouter la voix et plus encore le cœur de l’homme avant de parler ;
-        de comprendre ;
-        de respecter ;
-        de se faire les frères des hommes.

Le climat du dialogue, c’est l’amitié. Bien mieux, le service selon l’exemple que le Christ nous a laissés (cf. Jn 13, 14-17) (n° 90).

Mais, tout en se rendant le plus proche possible de nos frères, il ne peut y avoir d’atténuation de la vérité ou de compromis sur les principes de notre foi. Et Paul VI met déjà en garde contre les dangers du relativisme et du syncrétisme.

Si le mot « dialogue » est donc employé pour la première fois dans ce document pontifical, Paul VI lui confère aussitôt ses lettres de noblesse. Le modèle du dialogue, c’est l’Incarnation. L’Eglise, à la suite du Christ, doit prendre l’initiative d’aller vers les hommes, simplement par amour gratuit pour eux.

Paul VI a dégagé les caractères de ce dialogue et les dangers et difficultés qu’il présente. Regardons maintenant ce que les textes du Concile Vatican II disent en la matière.

 

 

 

12. Les textes du concile Vatican II

 

Pour ce dialogue en vérité avec tout l’homme et tous les hommes plusieurs textes du Concile sont importants : Gaudium et spes pour le contexte global, Dignitatis humanae pour la liberté religieuse, Unitatis redintegratio pour l’œcuménisme et Nostra aetate pour les relations avec les autres religions. Examinons les passages clés de ces textes.

 

 

121. Gaudium et spes et la place de l’Eglise dans le monde

Gaudium et spes est la Constitution pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps. Véronique Margron vous en a déjà parlé et je n’y reviens donc que brièvement.

 

La place de l’Eglise dans le monde

Ce texte ne traite pas directement du dialogue, mais explique comment l’Eglise se situe dans le monde. Dans un dialogue, il est important de savoir où se situent les partenaires. Si l’Eglise se situe au-dessus de tous et de tout le monde, il ne peut y avoir de dialogue mais seulement un enseignement ou une condamnation. Or le parti pris du concile Vatican II est de situer l’Eglise dans le monde. Un changement qu’elle fonde dans l’Incarnation du Christ qui est venu partager la vie des hommes pour les sauver. C’est donc à l’image de la solidarité du Christ avec les hommes que l’Eglise aussi doit faire preuve d’une étroite solidarité avec la famille humaine.

Vous connaissez le début superbe de ce texte sur les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses que les chrétiens partagent avec tous les hommes :

« Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. Leur communauté, en effet, s’édifie avec des hommes, rassemblés dans le Christ, conduits par l’Esprit Saint dans leur marche vers le Royaume du Père, et porteurs d’un message de salut qu’il leur faut proposer à tous. La communauté des chrétiens se reconnaît donc réellement et intimement solidaire du genre humain et de son histoire » (GS 1).

Le Concile précise qu’il s’adresse à tous les hommes que l’Eglise veut servir en dialoguant avec eux sur les problèmes du monde et en les éclairant à la lumière de l’Evangile. Ce sont, en effet, tous les hommes qu'il s'agit de sauver, la société humaine qu'il faut renouveler.

Mais le Concile s’adresse aussi à tout l’homme : l'homme considéré dans son unité et sa totalité ; l'homme, corps et âme, cœur et conscience, pensée et volonté (GS 3).

 

C’est aussi dans cette Constitution pastorale que l’on retrouve l’expression indiquant que l’Eglise doit « scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l'Evangile » (GS 4), pour répondre aux questions qui se posent à chaque génération.

 

Ce qui ressort clairement de ce texte :

-                        l’Eglise se situe dans le monde, certes un monde marqué par le péché, mais il n’y a qu’une seule terre, une seule histoire, une seule vocation pour tous les hommes. C’est ce monde, aussi imparfait qu’il soit, que nous sommes appelés à aimer. Il n’y a pas l’Eglise d’un côté et le monde de l’autre. Il n’y a pas les chrétiens et les autres ; il y a seulement les chrétiens avec les autres. La solidarité avec le genre humain, assumée par le Christ dans l’Incarnation, est le modèle de la solidarité de l’Eglise et de tous les chrétiens avec les hommes ;
-                        si l’attention de l’Eglise s’adresse donc à tout l’homme et à tous les hommes, le Concile rappelle aussi l’option préférentielle pour les pauvres.
Voici donc la situation de départ à partir de laquelle le dialogue va pouvoir être envisagé. Mais jusqu’ici ce texte ne situe qu’un des partenaires du dialogue, à savoir l’Eglise. Un véritable dialogue implique toutefois que les deux partenaires soient libres pour s’y engager. Il convient donc de voir comment le Concile situe les partenaires de ce dialogue avec l’Eglise.

 

122. Dignitatis humanae sur la liberté religieuse

Ce texte aborde l’équilibre délicat entre la liberté religieuse, la recherche de la vérité et la liberté de conscience.

 

La liberté religieuse est une liberté fondamentale.

Elle consiste en ce que tous les hommes soient soustraits à toute contrainte de la part des individus, des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, en matière religieuse. Pour le Concile, le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine et doit être reconnu et garanti par les Etats comme un droit civil (DH 2).

La recherche de la vérité.

Elle incombe à chaque homme. Il doit former son jugement en conscience au terme d’une libre recherche. Une recherche qui prend en considération aussi bien l’enseignement du magistère que l’échange et le dialogue avec d’autres pour s’aider mutuellement dans la quête de la vérité (DH 3). Le texte rappelle aussi que « la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance » (DH 1).

 

La primauté de la conscience.

Elle est réaffirmée à plusieurs reprises au cours de ce texte. La conscience est le lieu où l’homme perçoit les injonctions de la loi divine. C’est elle qu’il doit suivre en toute activité. L’homme ne doit jamais être contraint d’agir contre sa conscience ni d’être empêché d’agir selon sa conscience (DH 3).

Le Concile explique également comment la liberté religieuse et cette liberté de conscience s’articulent et trouvent leur source dans la Révélation. Le Christ a toujours témoigné un très grand respect pour la liberté de l’homme d’adhérer à la foi. La liberté religieuse dans la société est donc en plein accord avec la liberté de l’acte de la foi :

« La réponse de foi donnée par l’homme à Dieu doit être volontaire ; en conséquence, personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré lui » (DH 10).

Le texte du Concile consacre aussi de longs développements à la manière d’agir du Christ et montre ainsi comment recherche de la vérité et liberté de conscience s’articulent en prenant exemple sur le Christ. Celui-ci a rendu témoignage à la vérité, mais n’a pas voulu l’imposer par la force à ses contradicteurs. Son royaume, en effet, s’étend grâce à l’amour par lequel il attire à lui tous les hommes (DH 11).

L’Eglise affirme donc qu’en soutenant la liberté religieuse dans la société, elle suit les pas du Christ et des apôtres.

Ainsi, les partenaires du dialogue sont maintenant bien situés et les contours du dialogue se dessinent.

-        Il y a tous les hommes, doués de raison et de volonté libre, qui cherchent la vérité.
-        Il y a l’Eglise, qui se situe parmi les hommes et qui annonce qu’elle rend témoignage à la Vérité révélée par le Christ.
-        Cette vérité, l’Eglise admet qu’elle ne s’impose pas car le Christ lui-même ne l’a jamais imposée par la force.
-        Cette vérité fait l’objet de recherches et peut donc faire l’objet de dialogue entre les hommes.

Mais, tout en affirmant cette liberté de religion et de conscience, le texte du Concile affirme aussi, dès le début, que l’unique vraie religion « subsiste » dans l’Eglise catholique (DH 1). La tension entre ces affirmations n’échappera à personne.

Le point important à souligner ici, c’est que, pour les chrétiens, la Vérité n’est pas un objet, quelque chose que l’un détient et que l’autre n’a pas. La Vérité, c’est le Christ, c’est une personne. Nul ne peut prétendre « détenir » ou « posséder » une personne. Il est seulement possible de témoigner de quelqu’un. Tout en proclamant et maintenant que le Christ est « la Voie, la Vérité et la Vie », il sera donc possible d’engager le dialogue avec d’autres au sujet de la Vérité. Car l’ensemble des témoignages n’épuisera jamais le mystère de la personne.

Je reviendrai sur cette question après avoir examiné comment le Concile se situe par rapport aux autres confessions chrétiennes et aux autres religions.

 

 

123. Unitatis redintegratio sur l’œcuménisme

Le Décret Unitatis redintegratio commence par affirmer que la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des buts principaux du Concile.

Un fondement trinitaire

Cette unité, le Concile ne la fonde pas seulement sur la parole du Christ (Jn 17, 21) mais dans le dessein même de Dieu. C’est Dieu le Père qui suscite le mouvement œcuménique par l’Esprit, conformément à la volonté du Fils (UR 1 et 4). Etant considéré comme une œuvre de l’Esprit Saint, l’option œcuménique est irrévocable. Le mouvement œcuménique se fonde sur ce qui est commun à tous les chrétiens, à savoir qu’ils « invoquent le Dieu Trinité et confessent Jésus comme Seigneur et Sauveur » (UR 1).

 

 

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