« Une urgence et une joie »

J’ai beaucoup apprécié que la question écologique ne soit pas réduite à sa dimension environnementale. Nous avons ainsi entendu plusieurs fois que la clameur de la terre allait de paire avec la clameur des pauvres

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Les 5 et 6 novembre, l’Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes s’est ouverte par un temps synodal inédit. Chaque évêque invitant deux délégués à travailler sur la question d’écologie intégrale. Retour sur ces deux journées avec la délégation girondine.

Ingrid Brouillat

J’ai été invitée par Mgr Lacombe en tant que vice-présidente du dernier Conseil pastoral diocésain afin de travailler ces questions d’écologie. Je suis ravie de découvrir beaucoup de visages différents, notamment de nombreux visages de femmes dans cette assemblée. C’est un vrai temps de travail et d’échange fraternel.
J’ai beaucoup apprécié que la question écologique ne soit pas réduite à sa dimension environnementale. Nous avons ainsi entendu plusieurs fois que la clameur de la terre allait de paire avec la clameur des pauvres. Bien sûr nous savons que les choses vont mal mais j’ai aussi ressenti beaucoup de joie et d’espérance durant ces échanges et ateliers.

Jean-Alain Pigearias

Je suis membre de l’Observatoire Laudato Si qui, à la suite de l’encyclique du Pape François sur l’Écologie intégrale, veut aider et accompagner les communautés sur les changements de vie profonds à engager pour sauvegarder notre « maison commune ».
Ce temps synodal nous a permis de partager immédiatement nos réactions et nos idées, sans avoir à faire remonter des propositions et attendre que redescendent des décisions comme c’est le cas dans une organisation pyramidale. Cela nous a aussi obligé à confronter des avis divers. J’en ressors avec la conviction renforcée d’une urgence à agir. Les termes « bouleversant » et « bouleversement » sont beaucoup revenus, car c’est en nous laissant bouleverser que nous pourrons affronter le bouleversement qui vient. Nous devons aussi nous faire proches de tous ceux et celles qui sont les premières victimes de ce changement climatique.
Beaucoup de pistes pour agir ont été évoquées, mais je crois que toute action dans notre diocèse doit être transversale, l’enjeu étant une relecture de toutes nos actions pastorales à travers ce prisme de l’écologie intégrale. Une autre intuition, que nous avons évoqué au sein de notre groupe, a été de prolonger cette expérience synodale dans notre mode de fonctionnement au niveau local, au sein de l’Observatoire Laudato Si, dans nos différents conseils...


Mgr Bertrand Lacombe

Nous avons vécu une belle démarche synodale, d’abord en étant interpellés par des personnes plus ou moins proches de l’Eglise mais engagées sur les questions d’écologie, puis en tant qu’acteurs lors des ateliers aux côtés des délégués de chaque diocèse.
J’y ai vécu une vraie invitation à rendre plus visible l’Observatoire Laudato Si qui existe en Gironde. Je pense qu’il ne s’agit pas de faire des choses en plus, mais de vivre notre action pastorale différemment en nous laissant davantage toucher par cette relation renouvelée à la Création.



Mgr Jean-Marie Le Vert

La grande implication des fidèles qui nous accompagnent m’a réjoui. Ils vont être maintenant envoyés comme apôtres, c’est-à-dire missionnaires au sein même de l’Eglise, où tout le monde n’a pas le même niveau de conscience et d’information sur ces questions.
Je suis aussi heureux du lien fait entre évangélisation et écologie. Nous devons être capables d’évangéliser l’écologie et de rejoindre par là des jeunes qui sont prêts à accepter cette porte d’entrée pour avancer vers le Christ.
Nous avons à présenter des motivations positives pour changer nos comportements, car ce ne sont pas les menaces et annonces catastrophistes qui toucheront le coeur des hommes durablement. C’est l’un des défis de cette évangélisation de l’écologie.
L’un des participants, paysan de métier, a appelé l’Église à être une école de discernement pour ces questions d’écologie. Je pense qu’entre l’Observatoire Laudato Si et l’Institut Pey Berland, nous avons en Gironde des choses à inventer autour d’une formation à l’écologie intégrale et au discernement. Mais cette intuition et ses mises en œuvre doivent être maintenant pensées à plusieurs, à l’écoute de l’Esprit saint.

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Interviews vidéo :

Mgr Bertrand Lacombe

Ingrid Brouillat

Jean-Alain Pigearias

Mgr Jean-Marie Le Vert

Ingrid Brouillat et Jean-Alain Pigearias (bilan à la fin des 2 jours)

Elena Lasida, responsable du pôle "Écologie et société" à la CEF

Sr Véronique Margron, présidente de la Corref (Conférence des religieux et religieuses de France)