Rencontre avec Hubert de Scorraille, nouvel économe

L’économe ne doit jamais perdre de vu sa mission première qui est de veiller sur la pérennité matérielle de l’Église pour qu’elle puisse en toute quiétude remplir son rôle d’évangélisation.

Depuis le 1er octobre, le diocèse de Bordeaux a un nouvel économe, découvrez son portrait et ses priorités pour l'année 2022.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis papa de 4 enfants (une fille et trois garçons de 17 ans à 9 ans) et marié avec Lidwine depuis bientôt 20 ans. Gersois d’origine nous avons repris une maison de famille, dans ce département, il y a une quinzaine d’année de cela. Au niveau professionnel, j’ai une formation d’expert-comptable qui m’a conduit à occuper des postes de directeur administratif et financier durant près de 20 ans d’abord dans le médico-social puis dans une startup. En 2017, j’ai été appelé à exercer la mission d’économe diocésain à Auch (Gers). Ce fut pour moi une belle découverte qui m’a permis de donner un sens profond à ma vie professionnelle. Cette mission est tombée au moment de la rémission du 2eme cancer de mon fils Tugdual, à un moment où je me posais beaucoup de questions sur mon travail et sur l’orientation que je devais donner à celui-ci.

En parallèle, j’ai été élu de nombreuses années comme conseiller municipal de ma petite commune, et je suis officier de réserve. Je suis encore engagé dans le monde associatif comme président d’une association sur la trisomie que nous avons crée à la naissance d’Efflam notre petit dernier, qui est porteur de ce handicap.

Quel est le rôle d’un économe pour un diocèse ?

L'économe diocésain recevant une lettre de mission est un laïc en mission ecclésiale à part entière. C’est la personne qui est responsable d'administrer les biens du diocèse, il est chargé de la gestion du temporel. Il assure et coordonne la bonne gestion économique, financière, immobilière, humaine et juridique de l’ensemble des entités du diocèse et ce dans le but de trouver les moyens nécessaires à la pastorale. Il est aidé en cela par des personnes bénévoles et salariées.

L’économe ne doit jamais perdre de vu sa mission première qui est de veiller sur la pérennité matérielle de l’Église pour qu’elle puisse en toute quiétude remplir son rôle d’évangélisation.

D’une manière générale comment se portent les finances du diocèse ?

J’arrive dans un diocèse qui est sain et qui a été très bien géré par mon prédécesseur Benoit Dehen et l’ensemble des collaborateurs et bénévoles de l’économat. Toutefois, il faut être prudent car les ressources n’iront pas en augmentant alors que les besoins pastoraux sont immenses. Cette bonne gestion n’est possible que grâce aux dons (Denier, Legs…) que nous recevons, et je suis très reconnaissant vis-à-vis de nos donateurs pour leur générosité. Le don à l’Église a un sens profond, il est ancré dans notre foi. À l’image de la veuve qui donne le peu qu’elle a, ou du bon samaritain qui n’hésite pas à donner une somme d’argent pour soigner un étranger, tout chrétien contribue à l’annonce du Christ ressuscité par son soutien financier. Donner à la quête ne suffit pas à subvenir aux besoins de l’Église ; on disait, autrefois, que c’était le devoir de tout chrétien que de payer la dime, aujourd’hui ce n’est plus la pratique, pour autant la nécessité est grande.

Quelles sont vos priorités pour l’année 2022 ?

Mes priorités sont celles fixées par Monseigneur James dans la lettre de mission qu’il m’a remise le 15 octobre dernier :

  • Contribuer au maintien des équilibres financiers du diocèse ;
  • Rechercher des nouvelles ressources pour que l’ensemble des pasteurs et des laïcs engagés dans la pastorale puissent avoir les moyens de leur mission ;
  • Simplifier le travail souvent redondant des paroisses et des équipes diocésaines, notamment avec la mise en place d’outils informatiques, simples et efficaces…

Toutefois, ma toute première action sera d’aller au-devant des paroisses pour me présenter, et rencontrer les prêtres et bénévoles sur place. J’aimerai aussi permettre à toutes les personnes engagées dans les paroisses, dans le domaine de l’économat (comptable, trésorier, ressources…), de se retrouver par thématique au moins une fois par an à la maison diocésaine, pour un temps de partage convivial mais aussi de travail.

Je suis, par ailleurs, très heureux de rejoindre le diocèse de Bordeaux et de continuer mon service d’Église.