Facebook, l’Église et les réseaux sociaux Quelles opportunités pour l’Église catholique ?

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Facebook est aujourd’hui un vrai phénomène de société qui introduit de nouvelles façons de communiquer, de s’informer. De nombreuses questions se posent : Facebook est-il un épiphénomène ? Mérite-il qu’on s’y arrête ? L’Église doit-elle être présente et de quelle manière ? Qu’en est-il de la vie privée ? Autant de questions sur lesquelles la Conférence des évêques s’est penché.

L’Eglise catholique a, depuis l’apparition des mass media (radio, télé) toujours été présente dans ces lieux de rencontre privilégiée avec le monde. Dans la continuité de son prédécesseur Jean-Paul II (1) , le pape Benoît XVI invite avec insistance les communautés ecclésiales à investir le continent numérique, dans une perspective de dialogue, d’évangélisation et de catéchèse (2).

Cependant, les inquiétudes sont grandes au sujet de Facebook et plus généralement des réseaux sociaux. L’actualité l’a montré récemment, avec les questions relatives au respect de l’intimité et les risques liés aux « apéros géants ». De nombreuses questions se posent !

Facebook, le réseau. Facebook est un mot anglais qui signifie « trombinoscope ». Au départ de ce succès planétaire, la création en février 2004 d’un site internet « TheFacebook.com » à Harvard par un étudiant, Mark Zuckerberg, pour mettre en réseau ses collègues d’université. Ce réseau a été ouvert très rapidement à d’autres étudiants de grandes universités américaines, puis au grand public en 2006.

Dès l’origine Facebook se présente comme un grand carnet d’adresse, mais il est aussi un lieu de partage de nouvelles, de photos, de centres d’intérêts… Il est aussi agenda, il permet d’inviter à des rassemblements, des événements… Et bien sûr il propose une messagerie instantanée (chat’), des jeux… Grâce à son interactivité il est aussi « revue de presse » qui permet de suivre l’ « actualité » publiées sur le réseau des « amis »…

Inquiétudes et controverses récurrentes
Revers de la médaille, Facebook suscite de nombreuses polémiques et interrogations sur le respect de la vie privée des utilisateurs. Il utilise en effet les informations personnelles des utilisateurs afin d'introduire des publicités adaptées à leur profil et vend les informations livrées par les utilisateurs à des entreprises privées, comme l’indique sa charte concernant la vie privée. Celle-ci doit être acceptée pour l’ouverture d’un compte…

Facebook : une opportunité de communication pour l’Église
Pour l’Église catholique, ce phénomène offre de formidables potentialités à condition de comprendre la spécificité de ce nouveau monde et d’être pleinement consciente des limites et des risques des réseaux sociaux. La présence de l’Église sur Facebook se justifie simplement par le fait qu’un nombre croissant de personnes s’installe sur Facebook et que l’Église se doit de rejoindre l’homme dans le monde. Facebook lui permet notamment de toucher dans leur univers les jeunes et les personnes en recherche.

Facebook peut être vu comme lieu d’évangélisation. Grâce au principe fondateur de Facebook – « les amis de mes amis sont mes amis » – chaque membre du réseau devient ainsi relais et prescripteur des événements, des informations auprès de son entourage. Facebook peut être un point de contact avec l’Église, un lieu d’écoute et d’accueil, notamment pour des gens ne fréquentant pas l’Église. C’est aussi un carrefour de témoignage, chacun pouvant partager ce qui lui tient à cœur. La grande force d’un réseau social est son interactivité : Facebook peut être un espace complémentaire des sites institutionnels.

Pour l’Église qui se veut dans l’écoute et le dialogue, ce réseau social est une opportunité à condition… d’accepter les commentaires. Chaque catholique peut être partie prenante et relais de la communication de l’Église. L’apparition d’une opinion publique catholique sur le web est liée au développement des blogs et des réseaux sociaux qui a permis à de nombreux laïcs de faire entendre leur voix lors des différentes crises touchant l’Église catholique en 2009 et 2010.

Une formidable « caisse de résonnance »
Pour les événements d’Eglise, Facebook offre une capacité de mobilisation exceptionnelle : l’« effet réseau » permet la démultiplication rapide des informations, de manière économique et avec plus d'impact qu'une affiche ou qu’une campagne de tracts. Avec Facebook on peut toucher un public qui n’aurait pas eu connaissance de l’événement autrement. Ainsi la messe de rentrée des étudiants à Notre-Dame de Paris, en 2009, annoncée sur Facebook, avec la création d’une page (600 fans), des photos et des vidéos : le nombre de participants est passé de 1 200 en 2007, à 2 500 en 2008 et 4 000 en 2009.

Si la fréquentation des sites institutionnels marque le pas, les réseaux sociaux progressent. Cela ne signifie pas disparition des sites classiques ou des blogs des communautés ecclésiales (diocèses, mouvements, paroisses…) mais bien complémentarité : les premiers sont orientés contenu et offrent une maîtrise de l’information et de l’environnement alors que les seconds créent du tissu relationnel, apportant interactivité, simplicité et rapidité de mise en ligne des informations.

Pour le site de l’Église catholique en France, www.eglise.catholique.fr, Facebook est devenu début 2010 la deuxième pourvoyeur de visiteur derrière Google. La page Facebook Eglise catholique permet donc de multiplier l’audience des informations publiées sur le site.

L’usage de Facebook, la course aux « amis », répond à un besoin de reconnaissance. Le besoin d’appartenance à un groupe, un club, un mouvement… est aussi un autre moteur. Or cette notion de communauté est intrinsèque et familière à l’Église catholique. Facebook offre donc à ces communautés le moyen de tisser, renforcer des liens avec leurs membres proches… ou éloignés. Ces liens, pas seulement virtuels, peuvent prolonger ou permettre des rencontres réelles : Facebook devient un média d’animation communautaire.

Pour les internautes, c’est l’occasion de marquer leur intérêt ou leur appartenance à un lieu d’Église, de rester en contact et de devenir eux-mêmes relais. Sur Facebook, les internautes peuvent indiquer leur religion dans leur profil. S’affirmer catholique semble assez naturel pour les internautes et notamment les jeunes.

Quelques chiffres
Dans le monde
•    Près de 500 millions d’utilisateurs (juillet 2010)
•    La majorité des utilisateurs d’internet (53,1%) possède au moins un compte sur un réseau social (août 2009)
•    Facebook est devenu le 1er site américain en mars 2010. Le nombre de visites de Facebook (7.07% des visites des internautes américains) dépasse pour la première fois celles de Google (7.03%).
En France
•    18 millions de membres actifs en juillet 2010 (contre 6 millions en décembre 2008), soit plus d’un Français sur 4 et 1 internaute sur 2.
•    Plus de la moitié des utilisateurs français se connectent chaque jour.
•    2ème site le plus visité (6.83% des visites des internautes français) après Google (10.38%)
•    Un réseau social « tout public »
•    ¾ des jeunes Français de 13-17 ans et de 18-24 ans sont inscrits sur Facebook, près de 50 % des 25-34 ans (Ifop, janvier 2010)
•    Une progression de la moyenne d’âge : en un an la tranche des 50-64 ans a progressé beaucoup plus (+13,6 millions) que celle des moins de 18 ans (+7,3 millions).
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1  « Eglise, eìthique et internet », texte du Conseil pontifical pour les communications sociales, 2002.
Et aussi : « Internet : un nouveau forum pour annoncer l’Evangile », par Jean-Paul II, mars 2002.
2  En janvier 2010, dans son message publié à l’occasion de la Journée mondiale de la communication sociale
 

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