Le Seigneur vient à nous avec un appel, une assurance et une promesse

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Homélie de la célébration de l'appel décisif des catéchumènes, prononcée par Mgr Jean-Pierre Ricard, le dimanche 9 mars 2014 en l'église Notre-Dame à Bordeaux.

 

 

 

Chers frères et sœurs catéchumènes

Chers amis,

Dans cette célébration de l’appel décisif vers le baptême, le Seigneur vient à nous avec un appel, une assurance et une promesse.

   Écouter la célébration et l'homélie  

UN APPPEL

Cet appel, c’est celui que Jésus adresse à ses disciples dans l’Evangile : Viens, suis-moi. Se préparer à être baptisé, entrer dans la vie chrétienne, vivre en chrétien, c’est découvrir, près de soi et en soi, la présence du Christ qui vient à nous comme notre Maître, notre ami, notre compagnon de route. C’est vouloir entrer toujours plus avant dans son amitié, prendre sa Parole comme la boussole de notre existence, c’est apprendre à regarder le monde et les autres avec les yeux du Christ, c’est mettre nos pas dans les siens, c’est apprendre à vivre de son Esprit, c’est convertir à l’Evangile notre vie la plus quotidienne.

On comprend que Saint Paul puisse dire aux chrétiens de Colosses : « 12Puisque vous êtes élus, sanctifiés, aimés par Dieu, revêtez donc des sentiments de compassion, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience13Supportez-vous les uns les autres, et si l’un a un grief contre l’autre, pardonnez-vous mutuellement ; comme le Seigneur vous a pardonné, faites de même, vous aussi. 14Et par-dessus tout, revêtez l’amour : c’est le lien parfait. 15Que règne en vos cœurs la paix du Christ, à laquelle vous avez été appelés tous en un seul corps. Vivez dans la reconnaissance. » (Col, 3, 12-15).

Le Seigneur ne cesse de nous appeler, de nous rejoindre, de nous tendre la main. Sachons le rencontrer et vivre dans son intimité. Soyez fidèles à la prière, à la lecture de l’Ecriture, demain à l’eucharistie. Vivez un lien fort avec l’Eglise, la communauté chrétienne : c’est le lieu où Jésus se fait reconnaître de nous : « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, présent, au milieu d’eux ». Gardons la main que le Christ nous tend et marchons avec lui.

 

UNE ASSURANCE

La vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille, où il suffirait de se laisser porter au jour le jour. Elle est aussi un combat. Les textes d’aujourd’hui nous parlent de la réalité de la tentation, cette tentation qui survient dans la vie d’Adam et d’Eve, dans celle de Jésus qui fait référence à la tentation du peuple d’Israël dans le désert. En quoi consiste la tentation ? Elle peut prendre bien des visages selon les situations, mais elle est toujours chez l’homme qui se laisse tenter un éloignement de Dieu : on s’éloigne de Dieu. On s’éloigne de Dieu parce qu’on l’oublie, parce qu’on pense qu’il y a des choses plus importantes dans la vie, parce qu’on n’a plus tellement confiance en lui. On doute qu’il soit pour nous la source du bonheur : n’y a-t-il pas des choses tellement plus attirantes autour de nous ? Au lieu de se décentrer de nous-mêmes pour donner toute sa place à Dieu, on se replie sur soi. On veut mener sa barque soi-même et pas se laisser conduire par Dieu. C’est ce que le tentateur propose à Jésus : qu’il laisse tomber la main du Père et son service, qu’il fasse sa propre volonté et non pas celle de Celui qui l’a envoyé. Ce que Jésus refuse.

Il y a des tentations qui peuvent guetter les nouveaux baptisés : après l’exaltation et le moment fort du baptême, le feu intérieur diminue ; on ne prend plus le temps de prier ; on déserte l’assemblée chrétienne ; on se laisse prendre par des tas de préoccupations et Dieu risque d’être le grand absent de nos vies. C’est là qu’il nous faut apprendre à résister à ces tentations. Et nous pouvons le faire parce que Jésus lui-même a résisté. Il a gardé la main du Père. Et il nous communique sa force de résistance. Il nous assure aujourd’hui qu’il ne nous abandonnera pas, que sa fidélité soutiendra notre propre fidélité et que son Esprit nous affermira. A une condition, bien sûr, c’est que nous lui ouvrions toujours les portes de notre vie et que nous lui disions avec confiance ce que disait à Jésus, dans l’Evangile, le père de l’enfant épileptique : «Je crois. Viens en aide à mon peu de foi » (Mc 9, 24).

 

UNE PROMESSE

Si nous tenons bon, si nous n’abandonnons pas le Seigneur, nous ferons l’expérience du salut que Dieu promet et offre à ceux qu’il aime, ce salut que vous avez commencé à goûter en rencontrant le Christ et en découvrant l’Evangile. Qu’est-ce que le salut ? C’est une qualité de vie. C’est une densité d’expérience. C’est expérimenter la tendresse de Dieu, sa miséricorde, son amour qui réchauffe et guérit. Se savoir aimer et appeler à aimer est une des expériences les plus fortes de la vie. Elle nous remplit de confiance, de paix et de joie. Elle irrigue toutes nos relations. Voilà ce que promet le Seigneur. Nous en goûtons aujourd’hui quelque chose. Mais la pleine réalisation de sa promesse est encore à venir.

Que ce temps du Carême nous affermisse tous dans notre volonté de prendre avec le Seigneur la route qui s’ouvre devant nous ! Amen.

 

† Jean-Pierre cardinal Ricard

Archevêque de Bordeaux

 

 

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