HOMELIE DE LA MESSE DES CONSECRATIONS DANS L’ORDO CONSECRATIONIS VIRGINUM De Nathalie MAYERAS et de Véronique ROBIN

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HOMELIE DE LA MESSE DES CONSECRATIONS DANS L’ORDO CONSECRATIONIS VIRGINUM De Nathalie MAYERAS et de Véronique ROBIN

Chers amis, c’est d’abord à vous que je m’adresse avant de le faire plus directement à Nathalie et à Véronique.

Beaucoup ignorent aujourd’hui le statut spirituel et ecclésial de ces femmes qui se consacrent publiquement au Christ dans l’Eglise, comme vont le faire Nathalie et Véronique. Ce statut est pourtant extrêmement ancien. On le connaît dans l’Eglise des premiers siècles. Mais, il va progressivement disparaître en étant intégré à la vie religieuse. C’est ainsi que l’on voit certaines moniales demander la consécration des Vierges. Le Concile Vatican II n’a pas décidé lui-même le rétablissement de cette forme de vie consacrée dans l’Eglise, comme il l’a fait pourtant pour le diaconat permanent. Mais, il prend la décision de réformer tous les rituels. C’est donc, quelques années après le concile, en réformant ce rituel de la Consécration des Vierges, qu’il va être décidé de restaurer ce statut en ne le réservant plus seulement à celles qui ont fait le choix de la vie religieuse. La vie religieuse, elle, se caractéristise par la profession des trois vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance et par le cadre d’une vie communautaire. La consécration des vierges s’en distingue et a son originalité propre. Dans le nouveau rituel de la consécration des vierges, paru en 1970, il est, en effet, mentionné à l’article 3 : « On peut admettre à cette consécration, soit des moniales, soit des femmes vivant dans le monde ». Treize ans plus tard, en 1983, le nouveau Code de Droit canonique définissait ainsi, dans le canon 604, cette forme de vie consacrée : « A ces formes de vie consacrée s’ajoute l’ordre des vierges qui, exprimant le propos sacré de suivre le Christ de plus près, sont consacrées à Dieu par l’évêque diocésain selon le rite liturgique approuvé, épousent mystiquement le Christ Fils de Dieu et sont vouées au service de l’Eglise » (c. 604, 1).

Qui sont ces femmes qui font ce choix de vie ? A part les moniales, ce sont des femmes qui vivent dans le monde. Chacune est insérée dans la vie sociale, a une profession, une vie relationnelle, des relations avec sa propre famille, a des amis. Chacune gère ses biens comme elle l’entend, choisissant malgré tout, par amour du Christ, une simplicité de vie. Les vierges consacrées apportent leur concours à la vie de l’Eglise et peuvent participer à tel mouvement ou à telle association spirituelle.

Mais, ce qui est au cœur de leur consécration, c’est ce projet de vie, cet engagement, de se donner totalement au Christ, corps, âme et esprit. Comme le dit le droit de l’Eglise, elles « épousent mystiquement le Christ Fils de Dieu ». Elles accueillent spirituellement le Christ et le prennent comme l’époux de leur âme. Elles lui consacrent toute leur personne, leur capacité d’aimer et de se donner. Dans sa lettre apostolique sur La dignité de la femme, publiée en 1988, le pape Jean-Paul II écrivait : « On ne peut comprendre correctement la virginité, la consécration de la femme dans la virginité, sans faire appel à l’amour sponsal…Elle se donne donc à l’époux divin, et le don de sa personne tend à une union de caractère proprement spirituel…On ne peut pas comparer cela au simple fait de rester célibataire, parce que la virginité ne se limite pas au seul « non », mais elle comporte un « oui » profond dans l’ordre sponsal : le don de soi pour aimer de manière totale et sans partage » (n° 20). C’est donc à une étonnante aventure spirituelle que ces consacrées se sentent appelées. Elles savent, comme les personnes qui se marient selon la foi de l’Eglise, que ce sera l’œuvre de toute une vie. Elles témoignent parmi nous que l’union avec le Christ peut véritablement combler une  existence. Elles annoncent ainsi de façon prophétique ce que sera notre vie après la mort où le bonheur nous sera donné dans la plénitude de cette vie avec Dieu. Certes, elles font un choix de vie particulier, le choix de la chasteté dans la continence pour le Royaume, mais leur vie est un signe pour tous. Elles nous rappellent que Dieu doit être le premier servi, qu’être disciple, c’est suivre le Seigneur, c’est se mettre comme Marie, la sœur de Marthe, aux pieds de Jésus, c’est l’accueillir, l’écouter et méditer sa parole. Merci, Nathalie et Véronique ! Par votre consécration, vous nous ramenez à l’essentiel. Vous nous dites : « Où as-tu mis ton trésor, car c’est là qu’est ton cœur ?». Merci de nous inviter à vraiment faire de l’accueil de Dieu, le trésor, le cœur de nos vies !

C’est justement maintenant à vous, Véronique et Nathalie, que je m’adresse plus particulièrement.

1) Que votre cœur soit toujours accueillant et attentif au Christ, comme celui de l’épouse du Cantique des cantiques : « Toute la nuit, j’ai cherché celui que mon cœur aime. Etendue sur mon lit, je l’ai cherché, je ne l’ai pas trouvé ! …J’ai parcouru la ville…J’ai rencontré les gardes : « Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? » A peine les avais-je dépassés, j’ai trouvé celui que mon cœur aime. Je l’ai saisi, je ne le lâcherai pas » (Ct. 3, 1..4). Ne lâchez pas le Christ, lui ne vous lâchera pas. Il sera toujours avec vous. Il sera fidèle. Il vous fera entrer toujours plus profondément dans l’intimité de son cœur, si vous remettez toute votre vie entre ses mains. Que l’anneau que vous recevrez et que vous porterez au doigt vous rappelle toujours cette promesse.

2) Aimez l’Eglise que vous êtes invitées à servir tout particulièrement, cette Eglise très concrète faite de femmes, d’hommes, d’enfants et de jeunes, ces communautés chrétiennes auxquelles vous appartenez, cette Eglise diocésaine, qui, aujourd’hui, célèbre votre consécration. Permettez-moi de vous citer ces quelques lignes du pape Benoît XVI, qui s’adressant en mai 2008 à des vierges consacrées, leur disait : « 4. Très chères sœurs, votre vocation est profondément enracinée dans l'Eglise particulière à laquelle vous appartenez; c'est le rôle de vos évêques de reconnaître en vous le charisme de la virginité, de vous consacrer et éventuellement de rester proches de vous sur votre chemin, pour vous enseigner la crainte du Seigneur, comme ils s'engagent à le faire durant la liturgie solennelle de la consécration. Du souffle du diocèse, avec ses traditions, ses saints, ses valeurs, ses limites, et les difficultés, vous vous ouvrez au souffle de l'Eglise universelle, surtout en en partageant sa prière liturgique, qui vous est remise afin qu'elle "résonne sans interruption dans votre cœur et sur vos lèvres" (RCV, 42). De cette façon, votre "moi" priant grandira progressivement jusqu'à ce que la prière ne soit plus qu'un grand "nous". Telle est la prière ecclésiale et la vraie liturgie. Dans le dialogue avec Dieu ouvrez-vous au dialogue avec toutes les créatures, vis-à-vis desquelles vous vous retrouvez mères, mères des enfants de Dieu (cf. RCV, 29). ». Oui, que la prière de l’Eglise, à laquelle vous serez fidèles dans la Liturgie des Heures, dilate votre cœur et lui fasse porter devant le Seigneur, comme le dit le Concile Vatican II : « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de ceux qui souffrent ».
3) Nathalie et Véronique, vous avez voulu que Dieu soit votre part d’héritage. Qu’il soit votre richesse, votre fierté et votre joie. Qu’en Lui vous possédiez tout puisque c’est Lui que vous préférez à tout. Amen.

    
      †  Jean-Pierre cardinal RICARD
             Archevêque de Bordeaux
       Evêque de Bazas
 

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