Revêtons-nous des armes de la prière, du service et de la communion fraternelle

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Retrouvez l'homélie et la vidéo de la célébration de la messe chrismale, célébrée ce mercredi 8 avril 2020, par Mgr Jean-Paul James, en la chapelle de l'Archevêché de Bordeaux.

Dans cette période de pandémie, la messe chrismale est une grâce pour nous tous ! Prêtres, diacres, évêques, consacrés, laïcs, nous accueillons le don du Seigneur, «sa grâce et sa paix » (Ap 1,5). Nous lui redisons notre confiance ; avec lui, nous menons le combat pour la vie et l’amour, en communion les uns avec les autres.

Pendant cette Semaine Sainte, nous faisons mémoire du don du Seigneur Jésus, le don de sa vie. Qui est-il donc celui qui est considéré nuisible pour l’humanité puisqu’on le condamne à mort et qui meurt dans une solitude extrême ? Avait-il une mission néfaste pour nous ? D’ailleurs quelle était sa mission ? Porter la bonne Nouvelle aux pauvres, à ceux qui n’en peuvent plus, qui suffoquent, qui sont écrasés, enfermés. Non, il n’est pas venu pour détruire, mais pour guérir et fortifier. Et il va jusqu’au bout. J’y pense en voyant les personnels soignants qui luttent contre le mal, jusqu’à l’épuisement. En les applaudissant chaque soir, nous leur exprimons notre reconnaissance. Le Christ lui combat le virus destructeur de la haine, du chacun pour soi, de l’indifférence, de la bêtise humaine, par l’antivirus de l’amour, du don de lui-même. En renouvelant les engagements de nos ordinations et le jour de Pâques en renouvelant notre profession de foi, nous redisons au Christ notre gratitude et notre confiance. C’est en effet notre foi : le christ vient remettre debout la personne humaine accablée, guérir notre monde blessé, meurtri. Et il a besoin de nous. La Sainte Mère Teresa de Calcutta écrivait : « Nous mettons nos mains, nos yeux et notre cœur à la disposition du Christ, pour qu’Il agisse par nous ». Pour cela nous avons besoin d’être équipés.

En ce moment, les soignants sont équipés de masques, de gants, de surblouses pour mener le combat contre le covit 19. Et ils souffrent parfois de manquer d’équipements. Le Christ Jésus nous équipe pour mener le combat pour l’amour et pour la vie. Quel est notre équipement, à nous chrétiens ? Bien sûr la Parole de Dieu qui agit en nous, qui nous éclaire ( nous sommes confinés en elle) Mais aussi les sacrements et les onctions d’huile faites sur chacun de nous. On raconte dans le premier testament, que l'onction d'huile était faite avec une corne d'animal : on laissait couler sur la tête de celui qui recevait l'onction, l'huile sainte, en faisant cinq rayures, cinq filets d’huile, comme les 5 doigts d’une main, la main du Dieu de tendresse et d’amour. Et cette huile est abondante, elle dégouline sur le visage, sur la barbe, nous dit le psaume, sur les vêtements. Plus que cela, elle pénètre l’être tout entier. Equipement magnifique pour vivre le combat de l’amour et de la vie. Les catéchumènes adultes, jeunes, enfants en âge scolaire et les confirmands de notre diocèse y aspirent, et nous avec eux : nous désirons tellement célébrer ces sacrements pour eux et pour notre monde. Car « l’huile précieuse ne se contente pas de parfumer les baptisés et confirmés mais elle se diffuse et atteint toutes les périphéries, commente le Pape François. Nous aspirons à ce que ces catéchumènes et confirmants nous rejoignent "équipés" pour répondre à notre commune vocation, la sainteté, et à notre commune mission, l'annonce de l'Evangile, le combat de la vie et de l’amour. Nous désirons tellement célébrer l’onction des malades dans les maisons de retraite, les hôpitaux ou cliniques, car nous le savons : ceux qui reçoivent ce sacrement, peuvent vivre leur épreuve dans la communion au Christ et recevoir sa force.

Dans cette pandémie, qu’est-ce qui saute aux yeux ? Sinon que nous sommes tous dépendants les uns des autres, tous fragiles, mais tous importants et nécessaires, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. C’est ce que nous cherchons à vivre depuis des siècles dans nos communautés chrétiennes, dans ce Corps qu’est l’Eglise. Plus que jamais « les fraternités chrétiennes » sont importantes. En ces moments d’épreuve où le virus du découragement, de l’inquiétude pour demain peut nous envahir, peut étouffer nos élans, c’est à vous que je pense, prêtres, laïcs, diacres et consacrés. Vous animez les communautés au plus près des gens. Vous êtes là dans l’accueil, l’animation, la célébration. Je n’oublie pas la remarque d’une jeune mère de famille dont le mari était décédé brutalement : « j’ai tenu grâce aux paroissiens ». En ce moment, vous faîtes preuve d’inventivité : je pense par exemple, à cette belle initiative de certains jeunes parents qui initient les aînés à l’usage des tablettes pour qu’ils puissent suivre la messe paroissiale. Ou à l’inventivité des enseignants pour rejoindre enfants et jeunes, à la solidarité mise en œuvre pour rejoindre autrement les personnes à la rue. Merci à vous, frères et sœurs laïcs et vous frères et sœurs consacrés qui nous rappelez, par votre consécration religieuse le primat de Dieu ; merci à vous frères diacres que je salue avec vos épouses : vous signifiez à tous cette belle mission du Christ Serviteur. Merci à vous frères prêtres et évêques pour votre ministère, pour votre vie donnée, et parmi vous, ministres ordonnés, un merci tout particulier aux prêtres et diacres jubilaires. C’est une belle mission, la mission de prêtre ou d’évêque, ou de diacre que nous sommes déterminés à vivre, unis au Christ, rendus forts par les sacrements de l’Eglise. Rendus forts aussi par cette communion fraternelle : la fraternité fait partie de l’équipement de combat pour l’amour et la vie. J’encourage ces fraternités chrétiennes, entre laïcs, consacrés, prêtres, évêques, diacres, pas seulement pour partager le travail, mais pour nous aider mutuellement à devenir des saints en vivant du Christ et à transformer ce monde. Je veux aussi m’adresser aux jeunes de nos communautés, en répercutant la parole du Saint-Père : « regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci : ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres. Sentez-vous appelés à mettre en jeu votre vie ». N’ayez pas peur de la dépenser pour Dieu et pour les autres, dans les familles que vous fonderez, la vie religieuse ou sacerdotale. Je rends grâce déjà pour vos réponses généreuses et confiantes. Oui, frères et sœurs, revêtons-nous des armes de la prière, du service et de la communion fraternelle dans ce combat pour la vie et l’Amour. Amen.

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