Qui nous roulera la pierre ?

Pâques invite à une espérance active :
de la mort, jaillit la vie.
C’est le message pascal.

Mgr James

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Éditorial de Mgr Jean-Paul James, archevêque de Bordeaux, paru dans le journal diocésain de Mars 2021.

Le jour n’est pas encore levé, c’est l’aurore de Pâques : quelques femmes se rendent au tombeau de Jésus. Tout en marchant, elles s’interrogent : « qui nous roulera la pierre ? »  (Mc 16, 3)


Leur question est la nôtre. Nous vivons Pâques en temps d’incertitudes et de crise.

Qui nous roulera la pierre des mesures sanitaires, des gestes-barrières imposés par la covid 19 et qui nous privent de beaucoup de rencontres ?

Que nous roulera la pierre des systèmes économiques et financiers rendus plus fragiles par la pandémie et mettant en difficultés des entreprises de nos régions ?

Qui nous roulera les pierres de nos indifférences à l’égard des gens dont la précarité grandit avec la crise ?

Qui nous roulera la pierre de nos irresponsabilités face à la qualité de l’environnement et à l’avenir de la planète ?

Qui roulera la pierre des guerres au Moyen-Orient, des agressions et violences là-bas et ici ?

Le matin de Pâques, quelques femmes, arrivées au tombeau, s’aperçoivent « qu’on a roulé la pierre, qui pourtant était très grande » (Mc  16, 4). Un jeune homme vêtu de blanc leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! … Il est ressuscité ».

Folie ? Rêve ? Utopie ?

Qui croirait qu’il y a dans le monde une force suffisante pour rouler la pierre ?

Qui croirait que Dieu peut se frayer un chemin au cœur d’un monde chaotique ?

Qui croirait que la puissance de Dieu peut transformer les cœurs de pierre en cœurs de chair ?

Les apôtres eux-mêmes accueillent froidement les femmes revenant du tombeau.

Puis eux aussi rencontrent le ressuscité. Eux aussi s’ouvrent. Et, dans la force de l’Esprit du Christ ressuscité, ils partent sur les routes du monde.

Alors faut-il regarder l’avenir avec anxiété, angoisse ?

Pâques invite à une espérance active : de la mort, jaillit la vie. C’est le message pascal. Si le Christ ressuscité peut tout, il ne fait rien sans nous. Il agit avec nous. Le Christ ressuscité nous invite à participer au chantier du Monde Nouveau.

Chantier immense, mais chantier ouvert

Chantier pour les penseurs, les décideurs, ceux qui dressent les plans pour la vie économique, sociale, financière et écologique : l’enseignement social de l’Eglise veut les aider.

Chantier pour les hommes et femmes de bonne volonté qui veulent entreprendre, inventer, innover et partager.

Chantiers de déblaiement de toutes les pierres qui abiment l’homme.

Chantier de reconstruction d’une économie au service de l’homme.

Chantier de création de ponts entre les peuples dans nos familles et nos groupes humains pour que se vivent des réconciliations et que s’établisse la paix : nous sommes « tous frères », nous répète le Pape

François, lors de son dernier voyage audacieux en Irak.

Voici que je fais toutes choses nouvelles

Voici que je fais toutes choses nouvelles, dit Dieu. Nous participons à ce monde nouveau quand nous accueillons la grâce de Pâques, la puissance de vie du ressuscité. C’est la joie des baptisés, enfants, jeunes, adultes du jour de Pâques.

Nous témoignons alors, que ce qui compte dans le monde, ce qui est essentiel, ce n’est pas l’accumulation des biens, ce n’est pas la puissance aveugle de la violence et des armes, ce sont nos vies transformées par la puissance de l’Amour qui roule les pierres de nos tombeaux.

Bonnes fêtes de Pâques.

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