Homélie de Mgr James pour la fête de la Saint-André

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Mercredi 30 novembre, le cœur de la cathédrale Saint-André de Bordeaux était vêtu de rouge, à l'image des nombreux prêtres du diocèse, présents pour célébrer aux cotés de Mgr James, la fête de la Saint-André, saint patron du diocèse. Retrouvez l'homélie de Mgr James.

Après les moments difficiles dans notre diocèse, et ceux pleins d’incertitude dans notre monde, la fête de saint André est heureuse ! Le saint patron de notre diocèse nous conduit à l’essentiel : suivre le Christ, servir les plus petits, en frères.

Sur les bords du lac, André entend le Christ lui dire : « venez à ma suite ». Cette rencontre n’est peut-être pas la première. On se rappelle l’évangile selon saint Jean : André et le disciple bien-aimé suivent Jésus. « Ils restèrent auprès de lui ce jour-là ». André, patron de notre diocèse nous conduit à l’essentiel : suivre Jésus et demeurer avec lui.  Les temps derniers, notre foi a pu être ébranlée, remise en cause. Il nous arrive, à certains moments de nos vies, de nous interroger sur la pertinence de nos engagements, d’avoir envie de tout laisser tomber. Saint André nous ramène à l’essentiel : suivre le Christ et rester avec Lui ! Alors qu’il venait d’être élu Pape, au début de la deuxième session de Vatican II, Paul VI s’interrogeait sur l’avenir de la foi, de l’Église : d'où partons-nous ? Quels chemins suivre pour demain ? Quelles orientations ? À ces questions, dit-il, une seule réponse : le Christ. « Le Christ est notre principe ; le Christ est notre voie et notre guide ; le Christ est notre espérance et notre fin ». L'Église n'existe que pour montrer le Christ et nous mettre en rapport avec lui. Rappelons-nous le père de Lubac : « si Jésus-Christ ne fait sa richesse, l'Église est misérable.  Elle est sans beauté, si elle ne reflète pas l'unique visage du Christ. Elle ne nous dit rien si elle n'est pas pour nous le sacrement de Jésus Christ ». Il ne peut en effet y avoir de nouvel élan dans la mission sans ce lien étroit à Celui qui nous appelle. Suivre Jésus dans l’écoute de Sa Parole, la fréquentation des sacrements. Suivre le Christ Jésus, et non pas mes intuitions, mes ressentiments, mes pulsions ou mes passions qui souvent me tyrannisent. Suivre le Christ Jésus et non pas un gourou, un chef charismatique ou quelqu’un qui emprisonne dans ses filets. Car le Christ rend libre. Le Christ fait ce qu’il dit. Il se donne.

« Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent ». André, Pierre, Jacques et Jean prennent la route, des bords de la mer, lieu symbolique de la mort (les marins pêcheurs savaient les risques des tempêtes) , vers la montagne, lieu de la rencontre avec Dieu, où il s’assied et leur parle. Mais Jésus ne s’installe pas sur la montagne. Il est un rabbi itinérant, toujours en route vers les plus petits et les plus pauvres.   D’André et des autres, il ne demande pas seulement une oreille attentive, il demande aussi des actes d’amour, la volonté d’aller, de marcher ensemble vers les autres et en particulier les plus fragiles. Et peu à peu ces apôtres, dans la force de l’Esprit, deviennent pêcheurs d’hommes, c’est-à-dire sortent des eaux du mal ou de la mort, ceux et celles qui sont appelés à vivre, à retrouver leur dignité. C’est ainsi que saint André se tient un jour, au milieu d’une foule qui a faim, concrètement faim. Il apporte à Jésus ce qu’il peut lui apporter et, avec les 5 pains et 2 poissons Jésus agit. C’est le même André qu’on retrouve, juste avant la passion, au contact de grecs, chercheurs de sens. André va à leur rencontre, et il en parle au Christ. À la suite de saint André, voilà la mission de notre diocèse, partant à la rencontre de nos contemporains en situation de précarité, développant la diaconie de l’Église, dans le domaine de la solidarité, de la santé ou de l’éducation. À la suite de saint André, voilà la mission des prêtres, diacres, consacrés, laïcs partant à la rencontre des chercheurs de sens aujourd’hui, en les aimant comme le Christ : rappelons-nous dimanche dernier, les adultes célébrant leur entrée en catéchuménat. Oui, être pêcheurs d’hommes, en vivant la charité qui remet debout.  Je n'oublie pas l’hymne à l’amour de saint Paul, à propos de nos paroisses et de notre diocèse : « Il n’y a pas de liturgie qui tienne sans la charité. Il n’y a pas de transmission de la foi qui tienne, même celle qui soulève les montagnes, sans charité. Liturgie, transmission de la foi et charité sont les trois piliers de la paroisse, mais le pilier le plus grand, le plus solide, c’est celui de la charité ».

Et dans toutes ces missions, André n’est jamais seul. Avec son frère, Simon-Pierre à un moment, avec le disciple bien-aimé, avec l’apôtre Philippe. Jamais seul ! C’est le sens de nos fraternités chrétiennes où nous laissons les filets de choses inutiles, futiles, superficielles parfois, pour suivre le Christ en partageant en frères et sœurs, la Parole de Dieu, en partageant l’amitié entre nous. Oui, mission si belle : suivre le Christ, servir les plus fragiles, en frères.

Mission vécue humblement. C’est ainsi que je reçois l’ultime message de saint André : à Patras où il est crucifié, comme son frère il demande à être placé sur une croix différente de celle de Jésus. Il n’est pas le Maître. Lui Seul Jésus est Seigneur. saint André, intercédez pour notre diocèse, pour que dans notre diocèse, nous vivions humblement et fidèlement, la mission reçue du Christ Jésus, notre Maître et Seigneur. Intercédez pour que, dans notre diocèse, des jeunes se lèvent pour vivre la belle mission de l’Église. Amen

Messe de la Saint-André 2022