Et Dieu se fit frère !

Jésus inaugure une fraternité nouvelle qui dépasse les relations familiales humaines

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Retrouvez l'éditorial de Mgr Bertrand Lacombe, administrateur diocésain du diocèse de Bordeaux, paru dans le journal Église catholique en Gironde de décembre 2019.

À la crèche

En faisant la crèche, placez-vous les santons espacés les uns des autres ou bien les rapprochez-vous en plusieurs endroits ? Quand il y a de nombreux personnages manifestant divers états, caractères ou métiers, il est beau de les voir se rassembler en petit groupes. Ils viennent ainsi en fraternités vers l’Enfant-Jésus.

Des frères et sœurs dans la Bible

Dans le Premier Testament, les liens du sang ont souvent exprimé les relations au sein de la communauté des croyants. Les fratries sont nombreuses et vivent des relations parfois tumultueuses ! Les écueils nous mettent en garde contre les déceptions que nous pouvons rencontrer.

Surtout, les relations de parenté au sein du peuple de Dieu manifestent un lien qui précède chacun des membres, comme les frères et sœurs sont précédés par leur appartenance familiale.

Jésus a appelé quatre de ses apôtres au sein de fratries. Nous connaissons et aimons bien André et son frère Pierre, il y a aussi Jacques et Jean. Jésus était l’ami de la fratrie de Marthe, Marie et Lazare.

Une fraternité nouvelle en Jésus ressuscité

Cependant, Jésus inaugure une fraternité nouvelle qui dépasse les relations familiales humaines. Notre nouvel archevêque, Mgr Jean-Paul James, s’est exprimé dans une lettre adressée au diocèse de Nantes  1 . Au début de la 2e partie, Mgr James s’intéresse aux liens entre les frères André et Pierre, d’une part, et Jacques et Jean d’autre part. Il souligne ensuite qu’à la fin du dernier Evangile, Pierre de la première fratrie et Jean de la seconde « se rendent au tombeau » (Jn20,3). Il en tire la leçon suivante : « Naît ici une fraternité nouvelle. Elle s’origine dans le Mystère Pascal du Christ. Notre fraternité est en Christ Jésus, mort et ressuscité. »

Fraternités chrétiennes

C’est dans cette fraternité nouvelle des croyants en Jésus-Christ que nous sommes invités à entrer toujours davantage. Cette fraternité nouvelle prend corps dans une communion de plusieurs petites équipes. Des paroisses, communautés, services et mouvements vivent depuis longtemps la dynamique des fraternités chrétiennes. L’insistance de Mgr James est un bel encouragement à poursuivre la route : Servons la fraternité ! Et si c’était un défi, un défi pour nous au cours de l’Avent et du début d’année, de raffermir nos fraternités chrétiennes et d’en créer de nouvelles ! Lors de ses premières visites, notre nouvel archevêque sera heureux de trouver des paroisses, services, communautés religieuses, mouvements qui ont la joie de vivre la communion des équipes fraternelles.

Nous retrouvons ainsi les orientations diocésaines suite au synode « Disciples missionnaires » autour des fraternités chrétiennes  2. Attentives aux divers aspects de la vie chrétienne, elles jaillissent dans une multitude d’expressions. D’une manière générale et sans exclusivité, on distingue celles plutôt axées sur le service, le soutien et l’entraide, et celles davantage orientées vers le ressourcement, le partage et la prière. Parmi les initiatives, nous pourrions retrouver du souffle dans le partage biblique.

Une fraternité toujours à évangéliser

Que les groupes existent déjà, ou qu’ils se créent pour répondre aux besoins qui apparaissent, ils sont invités à porter un regard évangélique toujours renouvelé. Ils pourront relire ce qu’ils vivent selon les points d’attention suivants : réflexion sur une vision commune, place de la prière et de la Parole de Dieu, sens fraternel, propositions de formation, attention à un service de la communauté ou des plus fragiles, finalité missionnaire directe ou par le soutien des engagements personnels, place de l’écologie intégrale…

Une fraternité qui pousse à la conversion

Ce qui est plus nouveau et peut-être plus difficile, c’est l’attention au changement dans la « sequela Christi » ou suite du Christ. La fraternité chrétienne contribue-t-elle à conforter un style de vie routinier, ou au contraire pousse-t-elle à changer de vie pour suivre le Christ ?

Jésus, lui, ne change pas, il reste le même. Mais pour mieux le suivre, il convient de se laisser transformer par l’Esprit. Le changement peut être radical, notamment au moment des grands engagements de vie, mais il est aussi par petites touches, permettant de mieux aimer au jour le jour dans la fidélité. C’est la conversion qui permet de rester fidèle. Cette conversion est personnelle, mais elle s’opère dans la relation aux frères et aux sœurs.

Autour de notre frère, petit et pourtant aîné

Les liens de la fraternité nouvelle, la communion des fraternités chrétiennes, l’ouverture à tous nous appellent à nouveau à suivre celui qui est « l’aîné d’une multitude de frères ». (Rm 8,29)

Belle fête de Noël, non pas comme des santons, mais en sœurs et en frères bien vivants autour de l’Enfant-Dieu, petit et pourtant aîné de tous, Jésus !

+ Bertrand Lacombe

Administrateur diocésain du diocèse de Bordeaux

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1 - Lettre ouverte de Monseigneur Jean-Paul James aux prêtres du diocèse de Nantes : ‘Que demeure l’amour fraternel’ (He 13,1) du 19 mars 2018 en la fête de S. Joseph. Disponible sur le site du diocèse de Nantes.

2 - bordeaux.catholique.fr/vivre-et-celebrer/les-fraternites-chretiennes

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Crédit photo : Fr. Lawrence Lew - CC BY-NC-SA

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