L'Ascension du Seigneur, promesse d'éternité !

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À l'occasion de la fête de l'Ascension du Seigneur, ce jeudi 13 mai 2021, retrouvez la méditation proposée par Michèle Clavier, théologienne et membre de la Pastorale liturgique et sacramentelle du diocèse de Bordeaux.

Ce jeudi 13 mai 2021, l’Église célèbre la solennité de l’Ascension du Seigneur. Connue depuis le IVème siècle, cette fête était d’abord la même que celle de la Pentecôte, mais on distingua bientôt les deux événements commémorés à la fin de la cinquantaine pascale : quarante jours après Pâques, l’Ascension du Seigneur auprès du Père (« … tandis que les Apôtres le regardaient, Jésus s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux », Ac 1, 9) ; dix jours plus tard (au terme d’une possible neuvaine de prière), la Pentecôte, don de l’Esprit aux apôtres (Ac 2, 1-11), naissance de l’Église.

L’Ascension inaugure ainsi le temps de la confiance de Dieu : le Ressuscité s’en remet aux hommes pour que son Évangile rejoigne toutes créatures, le Christ Seigneur confie aux baptisés le témoignage de son amour pour tous les hommes. « Nous voici invités, comme les apôtres témoins de l’Ascension, à fixer le regard sur le visage du Christ. … (Mais) contempler le ciel ne signifie pas oublier la terre..., ne nous exempte pas de l’engagement historique » (St Jean-Paul II, Homélie, 24.05.01).

Véritable impulsion missionnaire, l’Ascension élargit l’espace de nos vies et dit la destinée de chacun : du ciel nous est donnée l’espérance sans laquelle nos questions resteraient sans réponse, par laquelle s’ouvre l’horizon de notre pèlerinage terrestre.

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Ascension, c. 1490, artiste inconnu, Allemagne, Open Access Image, National Art Gallery

« Monte » Celui qui est d’abord descendu… (Ep 4, 9)

Le mot « Ascension » (cf. ascenseur), vient du latin ascendere, monter. La métaphore spatiale se justifie : depuis que Dieu s’est révélé aux hommes, Il a parlé leur langage. La Bible est jalonnée de nombreux anthropomorphismes. Pareillement, en aimant tous les hommes au point de leur donner son Fils, Dieu épousait notre humanité -en toutes choses, excepté le péché (He 4, 15)- et le mystère de son Incarnation est venu habiter l’espace et le temps.

Le Nouveau Testament, à la suite du Premier, a recours à ces images. Dans le malheur que lui causaient ses infidélités à Yahvé, Israël gémissait et implorait ce Dieu perdu dans les nuages : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais, les montagnes seraient ébranlées devant ta face, (Is 63, 19) ». Et inlassablement le Seigneur est « descendu » : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris, …je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, …ruisselant de lait et de miel…» (Ex 3, 7-8).

Puis, après avoir parlé à nos pères par les prophètes, … « il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes. Rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être, le Fils, qui porte l’univers par sa parole puissante, après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux … » (He 1, 1-3). Dieu nous a donné l’Emmanuel promis, l’humble Enfant de la crèche né pour accomplir la Promesse de salut du Père. Reprenant une hymne ancienne, Saint Paul proclame la fidélité du Fils à ce dessein du Père :

Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu,

ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.

Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur,

devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect,

il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.

C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom,

afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers,

et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père.

(Ph 2, 5-11).


Dieu qui, du ciel, se penchait sur l’humanité, va désormais jusqu’à l’extrême : son Fils, pour nous, s’anéantit, s’abaisse, obéit jusqu’à la mort et la descente aux enfers. Sa mort est la victoire sur le Mal, pour les hommes de tous lieux, de tous temps. Sa Croix dressée sur le monde nous relève, nous élève. Elle dit l’exaltation de Celui qui s’est abaissé au plus bas et qui entraîne désormais toute l’humanité vers la fête éternelle.

Une absence qui permet la Présence

Jésus fut soustrait aux yeux des Apôtres, dit saint Luc (Ac 1, 9), enveloppé de la « nuée » manifestant la présence divine. Absence. Mais pas vraiment de désarroi… Ne les avait-Il pas prévenus ? (Jn 12, 32). Alors les apôtres partent « proclamer partout l’Évangile » (Mc 16, 20), et le Seigneur confirme leur Parole par des signes. Par eux, c’est bien le Ressuscité qui agit. Par les signes accomplis, c’est sa force de vie qui est donnée à tous.

« Le ‘ciel’ dans lequel Jésus a été assumé n´est pas un éloignement, mais une dissimulation et une protection d´une présence qui ne nous abandonne jamais, jusqu´à ce qu´Il vienne dans la gloire. Entre temps, c´est l´heure exigeante du témoignage, pour qu´au nom du Christ « le repentir en vue de la rémission des péchés soit proclamé à toutes les nations » (cf. Lc 24, 47) (St Jean-Paul II, 24.05.01).

L’Église vit cet entre-deux de son Seigneur : Il est venu, Il reviendra, dit l’anamnèse de chaque Eucharistie. Avec joie et courage, l’Église annonce le Royaume. Sûre de la Présence du Ressuscité (« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. », Mt 28, 20) et guidée par l’Esprit (Ac 1, 8), elle demeure en attente du retour du Christ dans sa gloire, sa Parousie.

Sauvés en espérance (Rm 8, 24)

L’Ascension inaugure le temps du désir, le temps de l’espérance. Le temps de la vie sans limites, sans frontières. Le temps de la foi en marche vers notre prochain comme Marie a couru chez sa cousine Élisabeth : la charité est dynamique, empressement de la Bonne Nouvelle qui veut chaque jour prendre chair, inventivité du service dont le Maître nous a laissé l’exemple (Jn 13, 15).

Nous le croyons : le ciel et la terre ne font plus qu’un, l’Église de la terre chante avec celle du ciel. Elle célèbre le salut acquis « une fois pour toutes » (He 9, 25-28) et se laisse porter par « l’espérance qui ne déçoit pas » (Rm 5, 5).

« Nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ?

Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance » (Rm 8, 24-25), et avec l’aide de l’Esprit (v.26).

Pèlerins sur cette terre, levons les yeux vers l’horizon infini de la vie éternelle : « En entrant le premier dans le Royaume, le Christ donne aux membres de son Corps (l’Église) l’espérance de le rejoindre un jour » (1ère Préface de l’Ascension). Telle est la source de la « grande joie » (Lc 24, 52) que nul ne peut nous ravir (Jn 16, 22).

Michèle Clavier,

Service diocésain de pastorale liturgique et sacramentelle

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