Vivre le confinement à la suite de saint André, patron du diocèse de bordeaux

Saint André nous rappelle : Même dans l’épreuve, maintenir le dialogue avec Jésus dans les sacrements quand il est possible de les célébrer, dans la prière personnelle et familiale, dans la fréquentation de Sa Parole.

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+

Retrouvez la lettre de Mgr James, archevêque de Bordeaux, adressée aux responsables ecclésiaux le 6 novembre 2020 les invitant à vivre cette nouvelle période de confinement à la suite de saint André, patron de notre diocèse.

Chers amis,

Comment vivrons-nous Noël ? A quel moment s’arrêtera le confinement ? Quand serons-nous protégés du Covid 19 ? C’est le brouillard ! Nous vivons au jour le jour ; nous n’arrivons pas à programmer grand-chose. Et il faut souvent remettre en cause ce que nous avions envisagé ! Comment vivons-nous cette situation ? Sans énergie ? Sans motivation ? Découragés ? Quelle chance alors, notre foi chrétienne ! Quelle chance d’avoir Saint André comme patron du diocèse de Bordeaux ! Prêtres, diacres, évêques, consacrés et laïcs du diocèse, retrouvons nos fondamentaux !

 

« Que cherchez-vous ? Maître, où demeures-tu ? » (Jn 1,38)

Le jour de sa première rencontre avec le Christ, à la dixième heure, que vivaient André et son compagnon ? Sans doute, étaient-ils eux aussi préoccupés par la situation du pays, la violence, et l’avenir de leur religion. Mais ils ne restent pas passifs ou amorphes. Ils suivent Jean le Baptiste. Celui-ci leur montre Celui qui passait : Voici l’Agneau de Dieu ! Et c’est LA rencontre ! Le prénom d’André, saint patron du diocèse, en grec signifie viril et en hébreu, il voudrait dire aussi « Celui qui a de la mémoire ». Saint André nous demande à nous membres du diocèse de Bordeaux, d’avoir de la mémoire. Quelle mémoire ? Celle de notre rencontre avec le Christ. Quelle est cette rencontre qui nous a marqués au point que nous nous souvenons de l’heure, ou du lieu, ou des circonstances ? Le Christ est venu dans nos vies. Et Il vient encore. Il nous demande ce qu’Il a demandé à André : dans ces temps difficiles, que cherchez-vous ? Que désirez-vous ? Lors de ma dernière rencontre avec les confirmands adultes, je leur ai demandé quel don du Saint-Esprit, quel fruit de l’Esprit, ils désiraient le plus. Et ils ont pris la parole, les uns après les autres. Que désirons-nous pour nous, pour le diocèse, pour le monde ? Exprimons nos désirs au Seigneur dans la prière. André et ses compagnons lui disent : « Maître où demeures-tu ? » Où demeures-tu quand nous ne pouvons pas nous rendre à la messe comme nous le voulons ? Où demeures tu quand nous sentons les habitants de notre pays de plus en plus indifférents, ou ignorants du christianisme ? Où demeures-tu quand des actes de barbarie se commettent dans une église ? Où demeures-tu quand nous ne pouvons pas aller visiter les plus fragiles de nos frères, les malades ou les personnes âgées ? Où demeures-tu ? Saint André nous rappelle : Même dans l’épreuve, maintenir le dialogue avec Jésus dans les sacrements quand il est possible de les célébrer, dans la prière personnelle et familiale, dans la fréquentation de Sa Parole. Maintenir le dialogue aussi entre nous : Merci aux responsables ecclésiaux, de maintenir le dialogue avec les animateurs, catéchistes, visiteurs de malades, acteurs de la liturgie, jeunes couples en attente de mariage, confirmands ou catéchumènes, enfants et jeunes. Pour la fin de l’année, inventons des cartes de vœux ! Ces cartes de vœux n’ont qu’un message : je ne t’oublie pas ! Même sans nous voir, je pense à toi, je prie pour toi ! Tu n’es pas seul(e) !

 

Une fraternité en Christ

Car, c’est un autre message de Saint André : la foi, jamais seul même en temps de confinement ! St Matthieu nous dit qu’André a entendu l’appel avec son frère Simon. St Jean évoque un compagnon avec St André, lors de la première rencontre. Et ça continue : pour la multiplication des pains, André se trouve avec Philippe (Jn 6, 7-8). De même avant la passion, Philippe et André, ensemble, allèrent dire à Jésus, la demande des grecs (cf Jn 11, 22). Et on s’étonnerait que le dernier synode diocésain ait appelé à constituer des fraternités chrétiennes ? Mais, à cause de Saint André, c’est dans les gènes de notre diocèse ! Je l’observe depuis que je suis arrivé : ici, il y a une vraie joie à inviter à sa table, à parler et échanger. Je suis heureux aussi de la belle fraternité entre diacres, entre prêtres d’origines et de sensibilités variées dans le diocèse ; je serai heureux d’entendre les prêtres encore davantage, grâce au nouveau conseil presbytéral qui est en train de se constituer. Même si le confinement ne permet pas des rencontres familiales, amicales, paroissiales(mais cela ne va pas durer !), il est possible de rester en relation d’amitié, de prière entre nous. Saint André le relationnel nous pousse à encourager les fraternités existantes et en développer d’autres ! Nous allons bientôt réaliser chez nous, les crèches aux multiples santons. Voilà la fraternité réunie autour de l’Enfant-Dieu, de la Vierge Marie et de Saint Joseph : il y a les bergers et les mages, le meunier et la boulangère, les habitants du quartier et le curé, et tant d’autres, chacun de nous en particulier ! Quelle chance de la préparer ensemble, cette crèche ! Elle est l’image des fraternités Saint André qui aiment se réunir autour de la Parole de Dieu, le Verbe fait chair : les participants prient pour les gens du quartier, ils se donnent des nouvelles et se soutiennent. N’oublions pas comment s’appelait l’Eglise des premiers siècles : « une fraternité en Christ»( Cf 1Pi 2, 17 et 1Pi 5, 19). S'agit-il d'une perte de temps que de se rassembler ainsi en frères et sœurs quand tant de tâches nous attendent ? Au contraire ! Cette fraternité entre nous, la communion fraternelle décrite comme un des essentiels de la communauté chrétienne, contribue à l’œuvre d’évangélisation. Le signe  laissé par le Seigneur est celui de la fraternité vécue : « A ceci tous reconnaitront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35) ».  La crise sanitaire, économique ne fait qu’en souligner davantage l’urgence. Le Pape François le rappelle dans sa dernière encyclique « Fratelli tutti ».

 

« Je vous ferai pêcheurs d’hommes » (Mt 4, 19). Les diaconies Saint André

Appelé par le Seigneur, Saint André a reçu, comme les autres apôtres, une mission : « Je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Lui un marin pêcheur sait ce que veut dire pêcher des poissons. Mais pêcheur d’hommes ? Il va l’apprendre avec le Christ, il va découvrir peu à peu, ce que veut dire tirer les hommes des eaux de la mort, pour qu’ils vivent. André va voir l’enfant aux 5 pains et 2 poissons, c’est à dire toute personne fragile, peu considérée mais qui a tellement le désir de donner elle aussi. Lui André va entendre le désir des grecs venus avec leurs questions : « nous voulons voir Jésus ». Saint André n’est pas replié sur lui. Il met en relation, il agit. Il nous pousse à penser aux problèmes des autres, à ne pas les esquiver, à être attentifs à ceux que la crise sanitaire et économique fragilise : qui sont-ils dans nos secteurs ? A qui pensons-nous surtout en ce moment ? Des jeunes professionnels, par exemple, ont du mal à trouver un emploi et à se loger. Des personnels de santé sont épuisés. Des associations voient augmenter le nombre de personnes au RSA et se demandent comment les soutenir toutes, cet hiver. Et l’isolement de certaines personnes âgées ?

A la suite de notre saint patron, nous allons être pêcheurs d’hommes, en développant, dans nos secteurs, des diaconies Saint André. Impossible en ce moment ? Lors du récent conseil diocésain de la solidarité, j’ai entendu des initiatives, des actions mises en œuvre en temps de confinement. Dans nos secteurs pastoraux, il peut y avoir une manière d’éviter la rencontre avec les personnes en précarité, en les renvoyant vers des institutions spécialisées. Bien sûr, ces institutions sont nécessaires ! Mais, attention au risque de sous-traiter et donc de ne plus entrer en relation avec les personnes en difficultés, de ne plus considérer les plus fragiles de nos frères comme membres de la communauté ! La foi chrétienne n'est pas pleinement en acte si nous ne portons pas le souci des plus petits d’entre nous. Les enfants et les jeunes, dans les groupes de catéchèse et d’aumônerie, y sont sensibilisés. Le Conseil Pastoral Diocésain méditera et réfléchira à partir de la Parabole du Bon samaritain. Je compte sur lui pour qu’il encourage ces diaconies Saint André dans nos différents secteurs et donne des pistes concrètes.

 

Le 28 Novembre prochain, je présiderai l’Eucharistie à la Cathédrale pour la fête de Saint André, pour la première fois. A l’heure où j’écris, je ne sais pas si une assemblée sera présente, en particulier les confirmands adultes du diocèse. Une diffusion de la célébration par les réseaux sociaux est prévue. Nous serons tous en communion de prière, pour fêter un apôtre qui dans l’épreuve, nous propose le chemin de l’amitié avec le Christ, de la fraternité en Christ, du service à la suite du Christ.

 

Fraternellement,

+Jean-Paul James

Partager sur: Partager sur Twitter Partager sur Facebook Partager sur Google+