Les catéchumènes, une grâce pour notre diocèse !

Oui, les catéchumènes, une chance pour l’Église, un don de Dieu ! [...] Le jour de Pâques, nous les accueillons avec joie. Ils sont désormais des membres de la famille des chrétiens.

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Édito de Mgr Jean-Paul James, archevêque de Bordeaux, paru dans le journal diocésain de mars 2020, pour l'entrée en Carême.

Connaissez-vous les catéchumènes du diocèse de Bordeaux  ? Avec le carême, près de 80 adultes célèbrent les dernières étapes de leur préparation au baptême. Sans vouloir oublier les baptêmes des petits enfants, des enfants en âge scolaire, nous sommes heureux de ces démarches d’adultes. Ils viennent de tous horizons sociaux : certains sont étudiants, d’autres retraités, certains sont employés, d’autres avocat ou médecin. La majorité d’entre eux fait partie des 20-40 ans ; mais quelques-uns ont plus de 65 ans. Ces adultes renforcent notre lien au Seigneur et à la communauté chrétienne.

Des appels entendus

Les catéchumènes sont le signe vivant, tangible que le Christ appelle toujours : l’Évangile du Christ est toujours actuel. Il n’est pas à ranger au musée des arts et traditions populaires ! Le Christ est Lumière pour des hommes et femmes du 21° siècle. De ce point de vue, la présence de catéchumènes dans un secteur pastoral est un formidable signe d’espérance ! Et cette présence nous questionne : baptisé-confirmé, disciple-missionnaire, où et quand reconnais-tu les appels du Seigneur ressuscité dans ta vie chrétienne ? Par quels moyens le Seigneur s’adresse-t-il à toi aujourd’hui ? Dans leur lettre à l’évêque, les catéchumènes expriment leur réponse. Ils disent ce qui a provoqué leur démarche. Les évènements déclencheurs peuvent être douloureux ou joyeux. Dans les lettres de catéchumènes, cette année, j’ai relevé de nombreuses références à des obsèques de grands-parents ou d’amis. Lors de la célébration, certains sont touchés par une parole d’Évangile et l’évoquent. D’autres font l’expérience, au cœur de leur épreuve, d’une paix qu’ils n’expliquent pas. Un membre des personnels de santé trouve là un sens à sa profession.

Pour beaucoup, l’amour d’un conjoint chrétien, le désir que ses enfants soient baptisés et catéchisés sont les points de départ de leur démarche vers le baptême. Je cite une maman : « Il y a 12 ans, j’ai rencontré mon futur mari ; c’est grâce à lui que j’ai ouvert mon cœur à Dieu. Nous nous étions mariés religieusement à sa demande. Mais il n’a jamais fait pression sur moi ; il m’a respectée dans mes questions. Peu à peu a grandi le désir d’être baptisée ».  Ou encore, cette lettre d’un étudiant : « Je suis issu d’une famille athée voire anticléricale », m’écrit-il.  Et puis, la rencontre d’une jeune femme chrétienne l’entraîne à un rassemblement de jeunes chrétiens : « j’étais à des années-lumière d’imaginer que Dieu pouvait plaire à des jeunes ». Parfois, cela passe par une invitation banale : « Un jour je rencontre ma voisine avec ses deux filles ; elle allait à l’église. Je lui ai demandé : “ tu es catholique ? ” Elle m’a dit : “ si tu veux, on peut y aller ensemble ”. Elle m’a parlé du baptême de ses enfants. Ça m’a plu ». Oui, l’appel du Seigneur passe par des personnes rencontrées. C’est vrai aussi pour nous baptisés-confirmés : quels témoignages récents nous ont marqués ? Par qui le Seigneur s’est-il adressé à nous, par exemple, depuis le début de l’année scolaire ?
Pour certains, la conversion est comme fulgurante. Pour d’autres, elle se déroule dans le temps, la découverte de la foi est progressive, a besoin de maturation. Dans les lettres de cette année, j’ai été frappé du nombre de personnes me disant aimer se rendre seules dans une église ouverte, pour s’y recueillir, y goûter la paix. Le témoignage des catéchumènes nous fait nous interroger : quels moments et lieux de recueillement, nous baptisés-confirmés, trouvons-nous dans nos vies agitées et actives ? Quels temps de prière ? Au cours de ce carême qui commence, retrouvons le chemin de l’intériorité, prenons le temps de goûter la Parole de Dieu.

Des communautés accueillantes

Le concile Vatican II rappelle qu’au cours du catéchuménat, « l’initiation chrétienne doit être l’œuvre non pas des seuls catéchistes ou des seuls prêtres, mais celle de toute la communauté des fidèles, en sorte que, dès le début, les catéchumènes sentent qu’ils appartiennent au peuple de Dieu » (décret Ad gentes, n°14).

Pour les catéchumènes, la première expérience d’une communauté chrétienne se vit avec l’équipe de préparation au baptême. Plusieurs lettres de catéchumènes soulignent leur joie d’avoir été accueillis dans une équipe chaleureuse, priante, sachant écouter. C’est un premier contact avec l’Eglise. L’enjeu en est important : permettre la rencontre d’une Eglise où prêtre, diacre, laïcs, consacrés accompagnent ensemble, cela n’enlevant pas l’intérêt de rencontres personnelles. Les accompagnateurs eux-mêmes disent les fruits, pour eux, de cet accompagnement. Je cite : « l’accompagnement m’a permis une analyse plus approfondie de mes certitudes acquises depuis l’enfance. La routine est bousculée par les questions des catéchumènes ; et quelle joie de les voir découvrir la vie de Jésus et son enseignement pour les temps actuels ! ». L’équipe de préparation est aussi le trait d’union entre les catéchumènes et la paroisse.

Une autre expérience de la communauté chrétienne va être vécue au moment de la célébration de l’entrée en catéchuménat : alors que l’assemblée est réunie dans l’église, les catéchumènes à l’extérieur frappent à la porte et entrent, ils sont marqués du signe de la croix et prennent place parmi les croyants. Les catéchumènes sont très sensibles, à la fin de la célébration, aux paroles de bienvenue des paroissiens : « ce qui m’apparaissait une démarche très personnelle, a pris une autre dimension, m’écrit un catéchumène : j’entrais dans une famille ».  Une fois baptisé, le catéchumène devient néophyte, c’est à dire, « une jeune pousse » ; il a besoin d’être accompagné. Il a besoin que sa foi, comme la nôtre d’ailleurs, soit nourrie. Tout est neuf : les célébrations, la vie de l’Eglise. Certains néophytes sont heureux d’avoir découvert un mouvement, des paroissiens, une fraternité avant leur baptême. Ils vont alors pouvoir se considérer membre à part entière et entrer dans la vie d’une communauté qu’ils connaissent très mal encore.

Oui, les catéchumènes, une chance pour l’Eglise, un don de Dieu ! Pour l’évêque, c’est une joie de présider leur « appel décisif », le premier dimanche de carême.  Nous avons tout le temps du carême en paroisse, pour faire davantage connaissance. Le jour de Pâques, nous les accueillons avec joie. Ils sont désormais des membres de la famille des chrétiens.

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