« Une solidarité de proximité s’est instaurée »

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La crise sanitaire et le confinement ont pu agir comme des catalyseurs pour certains mouvements caritatifs. Au sein de la Société Saint Vincent de Paul, la conférence jeune Pier Giorgio Frassati a ainsi intensifié ses maraudes et a travaillé en lien avec d’autres groupes d’église.

Au sein de la Société Saint Vincent de Paul, comment avez-vous réagi à la crise suscitée par l’épidémie de Covid-19 et au premier confinement du printemps. Quel défi avez-vous dû relever alors ?


Mathieu Planat, coordinateur de la conférence jeune Pier Giorgio Frassati : Au sein de notre groupe de la Société Saint Vincent de Paul (SSVP), face à l’épidémie de COVID-19, nous avons tout d’abord été dans le flou : si notre toute première réaction avait été de suspendre nos activités afin de pouvoir analyser la situation, face à la détresse que nous avons perçu des personnes précaires nous avons décidé de reprendre nos maraudes rapidement. Pour parer à l’urgence, nous avons recentré nos maraudes sur l’aide alimentaire. Cette activité nous a demandé beaucoup d’efforts : les quantités de nourritures distribuées ont été multipliées par quatre et dans le cadre de la distribution, nous avons dû mettre en place des règles pour préserver la santé des bénéficiaires comme des bénévoles (gestes barrières, limitation forte des groupes, matériel de protection, ...). Pendant nos maraudes, une chaîne de prière a été également organisée : elle a permis à ceux qui ne pouvaient pas venir physiquement de remettre à Dieu nos rencontres.

Assez vite, il nous est apparu que nous ne pourrions pas tenir la cadence sur la durée en raison de la quantité de nourriture à distribuer : nous avons demandé de l’aide à un groupe scout. Les familles de ce groupe nous ont aidés en réalisant la plupart des barquettes alimentaires distribuées et des membres du mouvement scout sont venus nous aider à les distribuer. Pour notre groupe au sein de la Société Saint Vincent de Paul, les premiers temps de l’épidémie - et paradoxalement le premier confinement - ont été un temps d’ouverture à d’autres mouvements. Nous avons dû nous renouveler et ça a été un vrai défi !

De nombreuses associations ou mouvements caritatifs d’Eglise ont vu leur action pastorale mise en difficulté par le confinement et par la protection de leurs bénévoles les plus âgés… En quoi cette situation vous a-t-elle impactés ?

Notre groupe est plutôt «jeune», toutefois nos actions et notre organisation ont été impactées par la crise sanitaire. Une part importante de la vie de notre communauté s’est faite « à distance », au moyen des réseaux sociaux, de visioconférences et de communications mail. Les membres de notre mouvement les plus à risque se sont mis en retrait et nous ont aidé dans l’organisation ou par la prière. Nous nous sommes recentrés sur les maraudes et certains services ont vu leur activité ralentie à cause du confinement. Ainsi, dans le cadre d’un service réalisé sous la tutelle de l’aumônerie d’un EHPAD, nous aidions des résidents à venir à la messe (cet EHPAD est doté d’une chapelle) : ce service a été fortement perturbé puis mis en pause à la fin de l’été en raison de la crise sanitaire. Nous espérons pouvoir revenir servir lorsque la situation sera plus simple !

Que vous ont témoigné les personnes en situation de précarité rencontrées lors des différentes actions menées par les équipes de la SSVP ? Comment vivent-elles cette crise ?

Au début de cette crise, nous avons vu beaucoup d’inquiétude chez les personnes en situation de précarité : les premiers temps de la crise ont remis en question les repères de tout un chacun. Elles ont aussi témoigné souffrir de solitude (surtout lorsque le confinement a vidé les rues). Pourtant, cette crise a aussi permis un élan de solidarité important : les personnes en situation de précarité que nous avons rencontrées nous ont témoigné qu’elles ont vu beaucoup plus de générosité et de solidarité en cette période difficile : une solidarité de proximité s’est instaurée. Toutefois, cela concerne ceux que nous voyons dans Bordeaux centre et vers la gare : nous avons des témoignages de grandes difficultés dans d’autres quartiers de la ville et à la périphérie.

Avec le recul du printemps, comment avez-vous abordé le nouveau confinement et les incertitudes sur la fin de l’année et la période hivernale ? Que voyez-vous comme nouveaux défis mais aussi comme forces, grâces pour les relever ?

Nous avons abordé le nouveau confinement sur la même voie que celle que nous avions prise au printemps dernier : notre organisation a gagné en maturité et est plus maîtrisée et réactive (même s’il nous reste beaucoup de chemin à parcourir). Ce second confinement nous a permis d’étendre nos relations que ce soit avec d’autres groupes ou des particuliers : la crise sanitaire a agi comme un catalyseur en incitant à passer à l’action au service des plus pauvres. Pour notre groupe, cette entraide entre mouvements différents et l’arrivée de nouveaux acteurs est essentielle et on la voit comme une grâce : elle nous permet de bâtir un « réseau de charité » qui relie des personnes d’horizon différents - bénévoles comme bénéficiaires - et ainsi d’avancer sur nos chemins de foi.

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