“ La terre du Proche Orient est collée à nos semelles ”

À l'occasion du passage à Bordeaux de la Nuit des témoins, ce 25 mars 2014, Mgr Sidrak, patriarche des catholique coptes d'Égypte, Sr Raghida de Damas et le père Samer Nassif, libanais maronite, ont témoigné de la situation des chrétiens d'Orient.

Hipolito Lima, Alfredo de la Cruz au Mexique, François Mourad en Syrie...  Les noms des chrétiens assassinés en 2013 à cause de leur foi ont résonné dans la cathédrale Saint-André de Bordeaux. Ce mardi 25 mars 2014, la 6ème édition de la Nuit des témoins faisait escale en Gironde.

De Peshawar à Bogota, en passant par le Caire, Damas ou Benghi, la situation des chrétiens persécutés a donc été évoquée au cours de cette soirée. Trois témoins avait fait le déplacement pour évoquer plus longuement le sort des minorités chrétiennes en Syrie, au Liban et en Égypte.

La foi face aux persécutions

Face aux atrocités des massacres perpétrés en Syrie, où les communautés chrétiennes se trouvent prises pour cibles par les groupes djihadistes ou touchées par les combats qui opposent rebelles et armée du régime, Soeur Raghida dit l'angoisse pour les syriens chrétiens. " Ils n'attendent plus rien des hommes. Les communautés ont redoublé d'ardeur dans la prière devant les persécutions. "

Et si la récente libération mi-mars des soeurs orthodoxes, enlevées dans le monastère de Maaloula en décembre, est une bonne nouvelle, Soeur Raghida rappelle que les assauts meurtriers des factions djihadistes se sont intensifiés entre août et décembre 2013, notamment à Maaloula.

 

 

À ses côtés, le père Samer Nassif, revient lui sur l'impact des guerres dans la région sur la situation fragile du Liban. " Nous accueillons presque autant de réfugiés Palestiniens, Irakiens ou Syriens que de Libanais. C'est une situation complexe pour notre pays qui risque de voir les tensions entre communautés resurgirent".

Pour autant, impossible pour lui d'imaginer un Proche-Orient sans chrétiens. " Nos communautés sont présentes depuis le Ier siècle, la terre du Proche-Orient est collée à nos semelles. Un risque, pour nous, est que l'Europe décide de délivrer de nombreux visas et vide ainsi nos pays des communautés chrétiennes. Mais de l'autre côté, rester veut dire souffrir et peut-être mourir."

 

Au cours de la veillée de prière, qui a réuni le soir même près de 400 personnes en la cathédrale Saint-André, Mgr Ibrahim Isaac Sidrak, patriarche des catholiques coptes d'Égypte, a livré un témoignage poignant sur les menaces, pressions et agressions subies suite au renversement des Frères musulmans.

" En août 2013, les Frères musulmans ont accusé les chrétiens d'avoir été à la tête de la contestation, alors que 30 millions d'Égyptiens étaient descendus dans la rue pour réclamer leur départ ", explique-t-il. " Ils se sont donc vengés sur nous. À Minya, où j'étais alors évêque, ils ont marqué les maisons des chrétiens d'un signe pour ensuite les attaquer... Finalement, aujourd'hui, nous pouvons espérer que cette épisode est derrière nous, et que nous allons pouvoir bâtir une société Égyptienne où les minorités religieuses ne seront pas discriminés."

 

 

 

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Aller plus loin

Voir l'article de Christophe Lucet, sur le site du journal Sud-Ouest (édition abonnés).

Voir la présentation des témoins.