“ Permettre aux autres d’aimer ”

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Le 28 mars dernier, la Pastorale des Personnes Handicapées et la Pastorale de la Santé proposaient une journée de récollection intitulée « Servir la fraternité ». À cette occasion, Mgr Blaquart, évêque d’Orléans, est revenu sur la dynamique de Diaconia et ce qu’elle appelle à vivre aujourd’hui.

L’élan donné par Diaconia est-il toujours sensible un an après ou n’était-ce qu’une parenthèse ?

Les diocèses essaient aujourd’hui de se mobiliser pour que le mouvement impulsé lors de Diaconia perdure. L’idée est de donner une place plus importante aux personnes en précarité, notamment dans la vie ordinaire de l’Église. Nous devons écouter leurs paroles et les aider à être décideurs avec nous. Le deuxième défi est de faire que la charité ne soit pas l’affaire de quelques spécialistes, mais bien celle de chaque chrétien. Nous devons tous nous dire : “au nom de mon baptême, je dois vivre l’amour du Christ pour toute personne qui en a besoin”.

En quoi cette réflexion peut renouveler la mission pour les personnes engagées dans la pastorale de la Santé ?

La Mission est avant tout un décentrement de soi. Nous sommes dans un monde où “l’égolâtrie”, le “moi”, a tout envahi, au détriment du bien commun, du souci des autres. Les personnes en précarité nous aident en cela à être nous-mêmes. Nous recevons tellement d’eux. On a pu faire miroiter aux gens que le bonheur était de penser à soi… C’est un leurre. C’est le service des autres qui rend véritablement heureux.

Un des fruits de Diaconia est d’avoir rappelé que les plus fragiles ont vocation à être acteur de cette évangélisation. Retrouvez-vous aujourd’hui cette attention dans la Pastorale de la Santé ?

Tout à fait. Quand on voit une personne handicapée, ou qui a un cancer, et qui sent qu’elle peut aider d’autres personnes en souffrance, il y a là une nécessité d’appeler ces chrétiens à prendre soins des autres. Ils nous aident à vivre, aidons les aussi à vivre par ce service.

Aujourd’hui ce qu’il manque, c’est de permettre aux autres d’aimer. Quand je dis à l’autre : « J’ai besoin de toi », je lui permets d’aimer.  Mais pour cela, il faut commencer par accepter d’être pauvre, de ne pas être tout.

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