Le silence a toute sa place dans l’accompagnement

Question à Béatrice de la Serre, aumônier hospitalier au sein des cliniques Bel Air, Saint-Louis et Tourny, à l'occasion de la journée nationale de la pastorale de la santé, le dimanche 10 février 2012.
Comment, dans votre mission d’aumônier hospitalier catholique, êtes-vous amenée à vivre l’accompagnement des patients en fin de vie ?

Nous avons eu l’occasion de vivre un évènement marquant, en équipe, à Bel Air. Lors d’une de nos premières visites, l’équipe soignante nous a demandés d’accompagner un monsieur qui était en fin de vie, sans contact avec sa famille. Il n’avait rien à faire à Bel Air, qui est une clinique chirurgicale, mais il n’y avait pas de place ailleurs. 

Quand nous sommes arrivés, il n’avait plus l’usage de la parole, et était allongé dans son lit sans réaction.  Nous l’avons visité, chacune avec ce que nous pouvions lui apporter. Nous avons simplement été une présence. À Saint-Augustin, il y a plusieurs années, j’ai eu une autre expérience d’accompagnement de fin de vie. La personne était là très souffrante, et je ne savais pas si elle souhaitait ou non l’accompagnement spirituel. La famille, qui était déboussolée, nous disait que oui. On essaie de proposer, dans ces moments-là, des prières et des mots pour dire que, pour nous chrétiens, la vie ne s’arrête pas là. Mais nous ne pouvons le faire que lorsque l’on sait que le patient est d’accord avec cet accompagnement spirituel.

Nous sommes d’abord présents en tant que frères, et nous n’avons donc pas à imposer ce en quoi nous croyons. Nous essayons de nous laisser guider par la personne que l’on accompagne pour savoir ce que nous pouvons lui donner en retour.

Il y aussi des mots d’espérance, des mots apaisants que nous pouvons avoir, ou pas, selon la place que nous laissons à Jésus dans ces moments-là. Il n’y a pas de recettes miracles, je pense que cela nous est donné, c’est une grâce.

Les mots peuvent être plein de sens ou à l’inverse ne pas refléter ce que l’on souhaite exprimer à la personne accompagnée. Le silence a donc souvent toute sa place dans l’accompagnement. Une simple présence suffit parfois.

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C’est le nombre d’établissements girondins, publics et privés, dans lesquels est assurée une présence par un aumônier catholique.