La famille ignatienne en fête à Marseille

Quand je pense à ce qui est du monde, je m’y complais beaucoup, mais quand ensuite, fatigué, je cesse d’y penser, je me trouve aride et insatisfait. En revanche, quand je rêve d’aller nu-pieds à Jérusalem, de ne plus manger que des herbes, de me livrer à toutes les austérités comme les saints, non seulement je suis consolé quand je médite sur de telles pensées, mais même après les avoir quittées, je reste satisfait et allègre.
 
Saint Ignace Récit, n°8

La famille ignatienne était conviée du 30 octobre au 1er novembre dernier à un grand rassemblement à Marseille sur la thématique "Au large, avec Ignace ! Tous saints". Rencontre avec Florian Cazenave jésuite bordelais en formation, qui s'est rendu sur place vivre ce moment avec de nombreux jeunes de tous horizons.

Qu’est-ce qui vous a motivé, vous et les jeunes qui vous accompagnaient, à aller à la rencontre d’Ignace à Marseille ?

En mai dernier s’est ouverte une « année ignacienne » pour fêter les 500 ans de la conversion de Saint Ignace. Je suis frappé qu’un tout petit événement se passant dans le « secret du cœur » ait porté tant de fruits. Les rêves de grandeur d’Ignace, comme homme de cour et comme homme d’armes, se brisent en même temps que la blessure qu’il subit à la bataille de Pampelune.

Sa longue convalescence lui fait prendre conscience que les pensées qui s’agitent en lui ne lui laissent pas la même joie et ainsi discerne-t-il et décide-t-il de chercher la joie durable et de s’efforcer de se mettre à la suite du Christ, de s’accorder à la volonté de Dieu. Dans son cheminement, il prend note de ses expériences spirituelles et les propose à d’autres, porté par son désir d’ « aider les âmes ».

Ainsi naît ce que l’on appelle aujourd’hui la spiritualité ignacienne et les Exercices Spirituels dont beaucoup se nourrissent. C’est tout cela que nous fêtions à Marseille !

De Bordeaux, nous étions une cinquantaine sur les 7 000 rassemblés, membres de la « famille ignacienne », nous reconnaissant de la même spiritualité : religieuses ignaciennes, jeunes du MEJ et des établissements scolaires, Jésuites, membres de la CVX (Communauté Vie Chrétienne) ou du MCC (Mouvement Chrétien des Cadres). Il s’agissait de vivre un moment en Église et de se ressourcer « en famille » dans une période difficile, de crise, à différents titres, pour la société et pour l’Église.

Les jeunes, mais tous aussi, venaient pour rencontrer d’autres personnes, pour partager leurs expériences et leur foi, pour vivre un moment festif. Et je crois bien que c’est ce que nous avons vécu !

Dans quelle mesure reconnaissez-vous votre engagement religieux dans les paroles de Saint Ignace « chercher et trouver Dieu en toute chose » ?

Ignace fait l’expérience que la spiritualité ne nie pas la vie sur terre et en société, mais qu’elle regarde cette vie d’une autre manière. Il va discerner dans certaines inspirations de l’humanisme naissant de son époque une manière d’éduquer, de considérer la personne et de voir le monde qui va dans le sens de l’Évangile. Ignace nous invite à voir le monde dans lequel nous vivons, dans la vie des personnes que nous côtoyons, l’action de l’Esprit Saint déjà à l’œuvre, pour y coopérer. En cela, « Chercher et trouver Dieu en toute chose » est une démarche missionnaire. Celui que nous cherchons nous attend déjà dans les lieux où nous ne le voyons pas au premier abord. C'est le Seigneur qui a l'initiative et nous invite à sa mission !

Comment s’est déroulé le week-end ? Quels étaient les temps forts ?

Le premier temps fort du week-end mettait en “marche” ce principe ignacien que nous rappelions précédemment, « Chercher et Trouver Dieu en toute chose » : par petits groupes étaient proposées des « déambulations » dans Marseille, de petits parcours contemplatifs pour découvrir la diversité et les richesses de cette ville, et partir à la rencontre de témoins religieux et associatifs.

La grande veillée festive du samedi soir a rassemblé tous les participants autour d’un spectacle mêlant théâtre et danse, préparé par les jeunes du MEJ depuis l’été dernier. Il mettait en scène le discernement et les différentes pensées qui agitaient Ignace à différents moments clés de sa vie, d’une manière accessible aussi bien pour les plus jeunes que pour les adultes. La messe de la Toussaint a clôturé le rassemblement, nous rappelant par la célébration et la liturgie, que nous sommes un peuple appelé à la sainteté et à chercher dans nos vies la volonté de Dieu, tous ensemble, « en famille ».

D’autres moments ont été vécus en groupes plus restreints mais ont été non moins forts : il y a eu des rencontres pour échanger sur le rapport de la CIASE ; des témoignages pour se souvenir de la tragédie des nombreuses morts de migrants traversant la mer Méditerranée, si proche depuis Marseille ; ou encore autour de l’urgence et de la conversion écologique, dans la dynamique de Laudato Si. La Communauté Vie Chrétienne a aussi vécu un temps particulier de Congrès (son Assemblée Générale) pour décider de leurs orientations pour les quelques années à venir.

Une trentaine de jeunes au départ de Bordeaux étaient à vos côtés lors de ces moments de partage. Qu’en ont-ils retenu ?

Les jeunes, que ce soit ceux du MEJ et des établissements scolaires, mais aussi certains des étudiants qui les encadraient, sont revenus en étant particulièrement touchés par la dimension festive du rassemblement, heureux d’être ensemble et entrainés par le dynamisme des chants du MEJ. Les rencontres en petites équipes de dix leur ont permis de faire la connaissance d’autres avec qui ils ont vécu l’ensemble du week-end, d’échanger, de relire leur foi et leur vie et de prier avec eux. Dans ces équipes, dans ces échanges, ils sont portés par la foi d’autres jeunes de leurs âges. 

Cliquez ici pour retrouver toutes photos prises lors du rassemblement.


Spiritualité ignatienne • Sœurs de Saint-André


Pour aller plus loin  👇🏻

Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur de la Compagnie de Jésus, est fêté le 31 juillet. Il est l’auteur des Exercices spirituels, fruit de son désir d’aider les âmes pour « chercher et trouver Dieu en toute chose ». Ignace naît en 1491, au château de Loyola en Espagne. C’est un jeune noble initié très tôt au combat des armes et à la vie des chevaliers. Blessé au siège de Pampelune en 1521. Il s’ennuie durant sa convalescence et lit finalement des livres sur la vie des saints et sur la vie de Jésus. C’est pour lui une révélation et il se convertit. Décidé à suivre le Christ, il prend la route en ermite et se retire à Manrèse. Il y vit une expérience spirituelle dont il transpose l’essentiel dans les Exercices Spirituels. Il étudie la théologie à Paris et partage la chambre de deux autres étudiants : Pierre Favre et François Xavier. Ils partagent ensemble le désir de mener une vie pauvre à la suite du Christ. C’est à Paris qu’Ignace pose les premières fondations de la Compagnie de Jésus. Ordonné prêtre à Venise en 1537, Ignace se rend à Rome la même année. Trois ans plus tard, en 1540, il y fonde la Compagnie de Jésus et est élu le premier Préposé Général. Ignace de Loyola contribue alors de différentes manières à la restauration catholique du XVIe siècle et la Compagnie de Jésus est à l’origine d’une nouvelle activité missionnaire de l’Église. Il meurt à Rome en 1556 et est canonisé par Grégoire XV en 1622. 

Source : jesuites.com