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Faire son bilan de l’année écoulée

Publié le 8 juillet 2024
Phare de cordouan

Retrouvez l’édito de Mgr James pour le mois de juillet 2024.

C’est le début des vacances pour beaucoup. Il y a besoin de souffler physiquement, spirituellement ! Les derniers jours en France ont été denses et l’avenir du pays est chargé d’incertitudes. Comment nous préparer, nous chrétiens à vivre l’année prochaine ? En relisant l’année qui vient de s’écouler, en s’arrêtant sur les germes de vie observés dans nos activités. Je m’essaie à le faire pour le diocèse. Je vous suggère de le faire pour vous. Je voudrais repérer quelques mots : parole, témoignage, corps, engagement, fête.  Cela peut guider aussi la vie diocésaine l’année prochaine.

Le nombre important de jeunes et d’adultes demandant le baptême et la confirmation marque notre année écoulée. « C’est lié au moindre nombre de baptêmes d’enfants », disent certains. C’est vrai !  Mais pourquoi ces jeunes et ces adultes ont-ils choisi de s’engager dans une démarche religieuse ? Les lettres que j’ai reçues donnent quelques réponses. Tel ce jeune professionnel : « mes études exigeantes à Paris, suivies d’une vie citadine de jeune actif m’ont éloigné du chemin de la religion. Pourtant au fond de moi, le besoin de spiritualité persistait comme une petite flamme qui refusait de s’éteindre. Je ne m’en rendais pas compte, aveuglé par l’individualisme et l’obsession matérielle… ». Dans le cœur des jeunes trentenaires majoritaires parmi les catéchumènes adultes, une quête de sens ! Qu’est-ce qui pourra donner sens à ma vie ? Est-ce que je peux seulement trouver un sens dans ce que me propose la société ? Des lettres de catéchumènes adultes expriment des inquiétudes sur l’avenir ; elles font aussi écho à des épreuves : jeunesse chaotique, vie familiale difficile. Et qu’est-ce qui les attire dans la foi chrétienne ? Une personne, et des témoignages. Plusieurs découvrent sans apriori, l’Évangile. Cette Parole attire ! Ce qui frappe certains des catéchumènes ? La cohérence de Jésus. D’autres me parlent de la découverte de l’invitation au pardon : « la préparation à la confirmation a été l’occasion d’une réconciliation avec ma fille ». Soif d’unité et de réconciliation ! Le Christ est vrai et respectueux à l’égard de tous ses interlocuteurs. C’est cette Parole de vérité qui nous met en confiance avec Lui. Pas de double langage, encore moins de mensonges, ni d’insultes dans sa bouche ! « Quand on lit l’Évangile, on voit que Jésus s’exprime toujours sur un mode dialogal. Il passe son temps à s’exposer aux débats avec les pharisiens, avec tous ceux qui sont contre lui, et il les convainc ou pas. L’Évangile nous dit ainsi que rien ne se fait sans échanges de paroles »[1] Parole du Christ incarnée dans des témoignages. « Voyant mes grands-parents, tellement éprouvés par la mort d’un de leurs enfants, je me demandais : comment peuvent-ils rayonner la paix comme ils le font ? ». Ou encore ce couple de personnes âgées donnant leur Prions en Église à une dame assise sur le même banc qu’eux à la messe ; ce geste a été le point de départ vers la confirmation de celle-ci : cette personne avait tellement besoin de quelqu’un qui l’écoute. Une amitié est née avec ce couple âgé ; le jour de la Pentecôte, ce couple entourait leur amie pour sa confirmation. Une question pour nous : quelle Parole du Seigneur m’a davantage guidé cette année ? Et quel témoignage m’a marqué ?

Cette année a été marquée aussi par la création des paroisses nouvelles avec leur projet pastoral missionnaire, leur EAP, leur conseil économique. Cela remet le projecteur sur une institution multiséculaire : la paroisse. Quelle est-elle ? « Une communauté de communautés » écrit le pape François. Catholiques, nous nous réunissons entre générations différentes, catégories sociales différentes, sensibilités différentes. Depuis Pentecôte, l’Esprit-Saint a réalisé ce qui est si difficile à réaliser : nous accueillir dans nos différences ! Nous formons un Corps avec des membres différents !  Le Christ nous le rappelle lorsqu’il constitue le collège des 12 apôtres ! Les quatre premiers sont deux groupes de deux frères de même catégorie sociale. Ils se connaissent ! Ils sont tous les quatre, pratiquants ! Mais le cinquième n’a plus rien à voir ! Un publicain : Matthieu, d’un autre milieu social, d’une autre expérience de vie ! Et ensuite, Simon le zélote ! Tout sauf un clan ! L’Évangile ne cache pas les difficultés et les épreuves que le groupe des Douze a connues. Nos difficultés aujourd’hui ! Nous avons du mal à estimer l’autre avec ses opinions différentes. Nous sommes tentés de le disqualifier. Sans doute, dans nos paroisses, nos EAP, avons-nous à apprendre à nous écouter. On nous rappelait qu’au moyen-âge, les étudiants en théologie, apprenaient l’art de la « disputatio », du débat. On leur disait : avant de donner mon opinion, j’essaie de reformuler ce que l’autre vient de me dire. Reformuler les arguments des autres nous aide à nous écouter les uns les autres, à entrer dans la pensée de l’autre. C’est ainsi que nous avançons vers la vérité. Je suis reconnaissant aux membres des conseils de l’évêque, d’apporter leur éclairage de personne laîque, de consacrée, de diacre ou de prêtre, pour donner des orientations au diocèse. De ce point de vue, quel germe de vie, quelle expérience porteuse de vie, avons-nous vécu cette année dans la paroisse, le groupe que nous fréquentons ?

Au mois de juin, nous avons vécu la fête de la diaconie. Le père Grieu, jésuite, nous a rappelé un des noms de l’Église aux premiers siècles : « Une fraternité en Christ ». Des prisonniers, des personnes en situation de précarité, des personnes avec un handicap se sont exprimés. Et leur témoignage nous a changés. Contre les passions tristes du ressentiment, de la lassitude, de la morosité, un antidote parmi d’autres : l’écoute de nos frères et sœurs fragiles et l’engagement avec eux. Nous avons la chance en France, d’avoir un réseau associatif important derrière l’État et les services publics. Et dans ce réseau, tant d’associations liées à l’Église ! En participant à ces courants d’entraide, en coopérant au bien des personnes par nos engagements, en promouvant le bien commun, nous éliminons de nos cœurs, les passions tristes. En avez-vous fait l’expérience cette année ?   

Et puis, il y a eu les fêtes : fêtes des confirmations et des ordinations, fêtes dans une école, grandes fêtes chrétiennes de Noël et de Pâques. Elles sont importantes, ces fêtes ! Non pas pour tirer un trait sur nos difficultés, ce n’est pas magique ! Mais elles nous encouragent pour vivre notre quotidien. C’est le cas des jeux olympiques, cet été, à Paris. Tout le monde n’est pas passionné des compétitions. Mais il y a de la beauté dans ces Jeux : ces participants sont des personnes capables de se dépasser au prix d’intenses entraînements ; ce sont des sportifs fraternels qui viennent de pays et de cultures différents. Quelle fête vous a aidé davantage cette année ? Rendons grâce de ce que nous avons reçu de notre Dieu, les uns par les autres. Et rendez-vous le 8 septembre pour confier au Seigneur, par Notre-Dame de Verdelais, l’année scolaire et universitaire nouvelle qui commencera alors.


Mais avant, très bon été !

+Jean-Paul James


[1] Bernard Bourdin, théologien, in « Des ressources chrétiennes pour faire vivre la démocratie », La Croix, 6 juillet 2024, p. 39

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