"Mettons dans notre monde plus d'amour, plus de paix, plus de réconciliation"

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Retour sur le chemin de croix en centre-ville, qui a réuni ce Vendredi saint 25 mars 2016, près de 3000 personnes dans les rues de Bordeaux. Retrouvez les différentes lectures et méditations faites au cours des cinq stations.

Mot d’accueil du cardinal Jean-Pierre Ricard

Chers amis, Bonjour à tous.

Les chrétiens de par le monde célèbrent aujourd’hui la passion du Seigneur, la mort du Christ sur la croix. Comme l’an dernier déjà, notre chemin de croix itinérant parcourra les rues du centre de la Ville. Il s’adresse à tous dans le respect de la conscience de chacun. Il n’est pas une provocation mais une invitation à mettre dans notre monde plus d’amour, plus de paix, plus de réconciliation entre les hommes. La violence qui marque notre monde — et les attentats de ces derniers jours à Bruxelles en sont une terrifiante expression – rend encore plus urgent cet engagement.

Faire le chemin de croix, c’est regarder Jésus qui marche vers sa mort, c’est suivre Jésus qui affronte, les mains nues, avec les seules armes de son amour, l’injustice, la cruauté, la haine et la violence des hommes. Il livre un combat contre tout ce qui ferme le coeur des hommes, rend inhumaine notre société et dur notre monde. Il nous dit à chacun : « Viens, suis-moi ».

Participons à ce combat du Christ, marchons avec lui sur cette route de l’amour. Avec Dieu, au delà de la mort, choisissons la vie. 

 

 

 

Chemin de croix à Bordeaux - 25 mars 2016 from cathobordeaux on Vimeo.

 

 Voir les photos du chemin de croix  

 

Station I — Jésus est condamné à mort

(Place de la Bourse) 

Évangile

Pilate, apprenant que Jésus relevait de l’autorité d’Hérode, le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là. À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle.

Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence. Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate. Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.

Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple. Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation. D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »

Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. » Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.

Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »

Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »

Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.

Médidation par le P. Jean Rouet

Le silence de Jésus s’oppose aux cris de la foule. La foule préfère le coupable à l’innocent. Le roi et le gouverneur s’en lavent les mains par lâcheté devant la horde vociférante. L’entente entre puissants se fait sur le dos du condamné. On ridiculise celui qui est déjà maltraité. Il n’a rien fait et il mérite la mort.

La foule, lorsqu’elle n’est pas un peuple, est une horde sauvage à la solde des meneurs professionnels, elle ne parle pas elle crie ! Elle ne réfléchit pas, elle se laisse mener par celui qui crie le plus fort. Le pouvoir capitule devant les cris, il a peur de perdre sa place et de voir la foule se retourner contre lui. Le pouvoir est souvent lâche lorsqu’il se sent en difficulté.

Que fait Jésus en cet instant ? Il ne parle pas, il aime cette foule, ces braillards, ces autorités veules. Il aime en acte, il est, entre leurs mains, comme abandonné. Dès le début nous sommes invités à contempler l’amour du Père à l’oeuvre dans le chemin de croix de Jésus. Comment celui qui est parole d’amour du Père en vient à se faire silence au milieu de nos cris ? Que nous montre-t-il ainsi de ce que veut dire aimer ? Il faut donc que notre manière d’être toute entière clame haut et fort qu’il n’y a pas d’autre chemin d’humanité que le don absolu. La violence, la vocifération, la lâcheté sont des oeuvres qui conduisent à la mort.

Le silence peut être coupable mais ici le silence du Fils de Dieu nous parle de l’amour comme abandon de soi, comme remise de soi, comme offrande de soi. Ils sont nombreux nos frères chrétiens qui partagent en ce moment le sort de Jésus. Ils sont nombreux ceux et celles qui sont accusés à tort. Elles sont fort répandues les foules hurlantes qui veulent la mort de l’autre sans véritable justice.

Marcher à la suite du Christ au milieu de la foule de nos rues et de nos places, c’est nous faire porteurs de tous ceux et celles à qui le Christ ressemble en ces jours de sa passion. C’est supplier pour les innocents condamnés, c’est supplier pour les hommes et les femmes qui dirigent nos peuples, c’est être en communion avec nos frères persécutés et tous les persécutés de la terre, c’est oser prier pour les persécuteurs. 

 

Station II — Jésus est outragé puis mis en croix

(Place Jean-Jaurès)

Évangile

Comme ils emmenaient Jésus, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.

Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.” Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »

Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.

Méditation par le cardinal Jean-Pierre Ricard 

Les femmes de Jérusalem et Simon de Cyrène, deux façons de se positionner devant Jésus dans sa passion : Il y a ces femmes qui se frappent la poitrine et se lamentent sur Jésus. On a mobilisé les pleureuses professionnelles, celles qui ont la souffrance ostentatoire. Elles plaignent Jésus mais restent à distance. Elles pleurent sur le condamné mais ne comprennent pas le drame qui se joue. Elles ne se sentent pas concernées. Elles ne voient pas que le Fils de l’homme qui porte péniblement sa croix livre un combat décisif contre la violence, la haine et le péché des hommes.

Jésus se retourne et les invite à entrer dans sa passion : « Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants », Reconnaissez que vous avez une part de responsabilité dans ce qui m’arrive. Reconnaissez que vos péchés sont à l’oeuvre dans cette terrible épreuve. Si vous le reconnaissez, vous pourrez alors accueillir ce pardon que je demande au Père pour vous : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Nous pouvons, nous aussi, suivre le Christ dans sa passion, en spectateurs, curieux ou émus. Nous pouvons être touchés, bouleversés, par la vue de certaines souffrances mais nous savons aussi qu’une émotion chasse l’autre et qu’un spectateur risque parfois de rester très extérieur à la scène qu’il regarde.

Tout autre est l’attitude de Simon de Cyrène. Lui est réquisitionné. Il ne reste pas à distance. Il entre dans l’arène et on lui demande de porter la croix derrière Jésus. Il n’a rien cherché. C’est Dieu qui est intervenu dans sa vie la plus quotidienne. Il rentrait des champs et revenait chez lui. Combien de fois n’a-t-il pas fait ce trajet si familier ? Et voilà, qu’au moment où il ne s’y attendait pas, le Seigneur fait irruption dans sa vie. A son corps défendant, il devient disciple et réalise physiquement la vocation du disciple, telle que Jésus la définit dans l’Évangile : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. En effet, qui veut sauver sa vie, la perdra ; mais qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile, la sauvera » (Mc 8, 34–35).

Jésus aurait pu porter sa croix tout seul jusqu’au bout. Mais il a voulu être aidé par un autre. Il a voulu nous rendre participants de son oeuvre. Il sollicite notre coopération à son oeuvre de salut. C’est au coeur de notre vie la plus quotidienne qu’il nous attend.

Seigneur, ne permets pas que nous restions à distance de toi dans ta passion. Donne-nous la force de participer à ton oeuvre de salut et de porter nous aussi la croix en marchant à ta suite.

Station III — Jésus est crucifié et injurié

(Place de la Comédie)

Évangile

Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »

L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné,toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Méditation par Laurent Landète, modérateur de la communauté de l’Emmanuel

Jésus s’adresse à cet homme par une parole d’espérance et de miséricorde : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ! » : Ces mots résonnent avec tant d’autres, prononcés par « Celui qui faisait bon accueil aux pécheurs » : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». « Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ». « Ta Foi t’a sauvée, va en paix ! » Le Christ est « ému de compassion » pour ce condamné, qui, au coeur de son supplice, reconnait sa propre faute et exprime de manière inattendue sa soif de justice : « après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, (Jésus) il n’a rien fait de mal » dit–il. Quelle que soit l’horreur de son crime, l’humilité de cet homme est la clé qui lui ouvre la porte du pardon, pour recevoir ensuite la promesse du salut. La petite Thérèse de Lisieux, apôtre de la confiance, disait ceci : « Moi, si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderais toujours la même confiance, car je sais bien que cette multitude d’offenses, n’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent. »

Ce passage d’Evangile, où nous découvrons Jésus au milieu de ces deux crucifiés - comme lui — est saisissant. Saisissant, parce qu’il manifeste que Dieu aime sans calcul. Dieu aime. Il nous aime d’un amour sans limite. Dieu a un coeur qui brûle d’amour ! Ce Coeur est passionné pour chacun de nous, qui que nous soyons, quel que soit notre passé, quels que soient nos échecs, nos erreurs, nos errances, nos misères. Il nous attend patiemment pour nous soulager de nos fardeaux, nous décharger de nos tristesses. Sa miséricorde nous fait passer de la souffrance à la joie, car elle offre l’espérance de la rédemption, par la compassion.

Nous qui écoutons ces Paroles, ne restons pas comme l’autre brigand à douter de l’amour. Car le doute est le verrou de la miséricorde. Oui, Dieu pardonne réellement tout à celui qui le cherche, humblement. « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » : ce royaume, ce paradis dont parle Jésus, c’est aussi la Civilisation de l’Amour et de la Paix que nous sommes appelés à bâtir ici, avec Lui, aujourd’hui. Et il nous dit alors jusqu’à la fin des temps : « Va, et toi aussi, fais de même ! ». Oui, « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge » !

 

Station IV — Jésus meurt sur la Croix

(Place Pey Berland)

Évangile

C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. »

Et après avoir dit cela, il expira.

 

À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. » Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder. 

 

Méditation par le cardinal Jean-Pierre Ricard

Nous aussi comme les femmes, nous regardons et nous contemplons. Le soleil s’est caché. Le rideau du temple s’est déchiré. La vraie lumière et le vrai temple sont ailleurs. Ils sont dans ce condamné qui est pendu sur la croix et qui va mourir.

Laissons retentir ce grand cri de Jésus sur la croix et accueillons sa dernière parole : « Père, en tes mains, je remets mon esprit ». Ici, Jésus exprime, en cette ultime parole, ce qui a été la dynamique de toute sa vie, le mouvement même du Fils au sein de la vie trinitaire. Il a tout reçu du Père et il remet tout au Père dans le don de soi et dans l’action de grâce. Et en remettant au Père l’Esprit qu’il a reçu de lui, il le communique aux hommes.

C’est un païen, un centurion romain, qui va être touché par cette mort de Jésus et va rendre gloire à Dieu : « Réellement, cet homme était un juste ». Le juste dans la Bible, c’est l’homme qui s’ajuste à Dieu, qui est à l’écoute de sa Parole, fait sa volonté et obéit à ses commandements. L’attitude fondamentale du juste, c’est la confiance. Il fait confiance en Dieu et s’en remet à Dieu, sachant comme dit Saint Paul, que « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8, 28).

Nous sommes invités à grandir dans la confiance. Jésus vient nous redire que le Père nous aime, que nous pouvons compter sur sa présence et sur la force de son amour. Dieu tient toujours ses promesses. N’hésitons pas à remettre nos vies entre les mains aimantes du Père et à redire chacun, personnellement : « En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit. Je remets ma vie ».

Seigneur, maintiens-nous dans la confiance. Viens en aide par la puissance de ton Esprit à ceux qui sont éprouvés dans leur corps, dans leur coeur et dans leur esprit et pour qui la confiance, aujourd’hui est plus difficile. Garde nous tous en ton amour.

Station V — Jésus est mis au tombeau

(Portail occidental de la cathédrale) 

Évangile

Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.

C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Méditation par Vincent Pointillart, diacre

Osons regarder ce Joseph d’Arimathie, témoin de l’humanité juste et bonne, prendre le corps de Jésus, ensanglanté de nos blessures et couverts de nos crachats. Osons le regarder prendre soin de ce corps comme le bon samaritain. Osons le regarder l’envelopper de ce linge comme Marie emmaillotait Jésus 30 ans plus tôt et le déposait dans une grotte encore vierge au coeur de la terre matricielle. Il fait sombre dans ce récit comme parfois dans nos vies. Nous voilà appelés à entrer dans le repos prescrit, temps de l’intériorisation où nous pourrons retrouver les lumières de la résurrection déjà présentes, observer les détails nécessaires à reconnaître que le Vivant est toujours vivant.

Dans l’attente de ton règne, que puis-je faire aujourd’hui pour toi Jésus, toi qui est mort pour moi ? Prendre à bras le corps ce qui est mort en moi et ressentir que par ta croix cela devient chemin de vie. Prendre soin de tous ceux à qui j’ai fait du mal ou qui en subisse, les porter dans mes bras, les envelopper de ta tendresse parce qu’ils sont Toi. Te déposer dans la grotte de mon coeur, me laver à l’eau miséricordieuse qui coule de ton côté, préparer les aromates et les parfums pour que je puisse avec toi renaître d’en haut, participer à faire venir ton règne sur la terre et illuminer le monde de la lumière de ta résurrection.

Mot d’envoi du cardinal Jean-Pierre Ricard

Frères et soeurs, Notre chemin de croix s’achève. Nous avons pu contempler jusqu’où va l’amour de Dieu pour nous. Sur la croix, à travers le flanc transpercé du Christ, se révèle le coeur de Dieu, se montre à nous son visage de miséricorde. Nous ne pouvons pas être aimés sans aimer, être touchés par la miséricorde du Père sans être miséricordieux. Que le Seigneur nous donne à chacun un coeur compatissant.

C’est Simone Veil, la philosophe, qui disait en s’adressant au Christ dans la prière : « La compassion, c’est un miracle plus surprenant que les miracles que l’on t’a attribués, la guérison des malades, marcher sur les eaux et même la résurrection d’un mort ».

Que Dieu nous donne un coeur compatissant. Seul un coeur compatissant est prêt à s’ouvrir à la Résurrection et à accueillir le message de Pâques. Soyons témoins de l’amour plus fort que la haine et de la vie plus forte que la mort.

Bonne marche vers Pâques !

 

 

 

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