Signe de joie et de paix
La Bible attribue à Noé l'invention de la culture de la vigne sur la terre que Dieu a promis de ne plus maudire.
"Noé, le cultivateur, commença de planter la vigne. " Genèse 9, 20
La vigne est alors signe de bénédiction, faisant partie des promesses de Dieu pendant l'Exode : il promet
et offre une terre riche en vignes.
"Mais Yahve ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d'eau, de sources qui sourdent de
l'abîme dans les vallées comme dans les montagnes, pays de froment et d'orge, de vigne, de figuiers et
de grenadiers, pays d'oliviers, d'huile et de miel, pays où le pain ne te sera pas mesuré et où tu ne
manqueras de rien, pays où il y a des pierres de fer et d'où tu extrairas, dans la montagne, le bronze."
Deutéronome 8, 7-9
L'homme mauvais est privé de la bénédiction divine symbolisée par la vigne. Voler les biens d'un homme
est un péché, mais le tuer pour prendre sa vigne est le comble de l'horreur. Ainsi, le roi Achab, dans
l'épisode de la vigne de Nabot (1R 21, 1-16) prend injustement la vigne d'un de ses sujets qu'il assassine :
son châtiment sera cruel et infamant.
"Ces vignes délicieuses que vous avez plantées, vous n'en boirez pas le vin. Car je sais combien
nombreux sont vos crimes, énormes vos péchés, oppresseurs du juste, extorqueurs de rançons, vous qui,
à la Porte, déboutez les pauvres." Amos 5, 11-12
Sous un bon roi, chacun vit en paix et se repose sous sa treille. La vigne, avec ses larges feuilles offre une
ombre propice au repos.
"Juda et Israël habitèrent en sécurité chacun sous sa vigne et sous son figuier, depuis Dan jusqu'à
Bersabée, pendant toute la vie de Salomon." 1er livre des Rois 5, 5
La restauration d'Israël va de pair avec la surabondance de la fécondité du pays.
"Voici venir des jours - oracle de Yahvé - où se suivront de près laboureur et moissonneur, celui qui foule
les raisins et celui qui répand la semence. Les montagnes suinteront de jus de raisin, toutes les collines
deviendront liquides. Je rétablirai mon peuple Israël ; ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront,
ils planteront des vignes et en boiront le vin, ils cultiveront des jardins et en mangeront les fruits." Amos 9,
13-14
La vigne est image de la Sagesse.
"Je suis comme une vigne aux pampres gracieux, et mes fleurs sont des produits de gloire et de
richesse." Siracide 24, 17
La vigne est aussi un symbole de fécondité de l'homme qui craint Dieu, par l'image de l'épouse féconde du
juste.
"Ton épouse : une vigne fructueuse au fort de ta maison. Tes fils : des plants d'olivier à l'entour de la
table." Psaume 128, 3
La vigne qui bourgeonne symbolise l'espoir des époux qui dans le Cantique des Cantiques chantent le
mystère de l'amour.
"Viens, mon bien-aimé, allons aux champs ! Nous passerons la nuit dans les villages, dès le matin nous
irons aux vignobles. Nous verrons si la vigne bourgeonne, si ses pampres fleurissent, si les grenadiers
sont en fleur. Alors je te ferai le don de mes amours." Cantique 7, 12-13
Israël, vigne de Dieu
La vigne, signe de bénédiction devient le symbole d'Israël. Sa fécondité était d'origine divine, et sa stérilité
est causée par l'abandon spirituel du peuple élu, qui s'est détourné de Dieu pour des idoles..
"Israël était une vigne luxuriante, qui donnait bien son fruit. Plus son fruit se multipliait, plus il a multiplié
les autels ; plus son pays devenait riche, plus riches il a fait les stèles." Osée 10, 1
Le prophète Isaïe parle clairement : cette vigne de Dieu, c'est Israël et Juda que Dieu voyait comme plans
choisis. Les fruits attendus, innocence et sérénité sont en fait sang qui coule et cri d'horreur.
"Que je chante à mon bien-aimé le chant de mon ami pour sa vigne. Mon bien-aimé avait une vigne, sur
un coteau fertile. Il la bêcha, il l'épierra, il y planta du raisin vermeil. Au milieu il bâtit une tour, il y creusa
même un pressoir. Il attendait de beaux raisins : elle donna des raisins sauvages. Et maintenant,
habitants de Jérusalem et gens de Juda, soyez juges entre moi et ma vigne. Que pouvais-je encore faire
pour ma vigne que je n'aie fait ? Pourquoi espérais-je avoir de beaux raisins, et a-t-elle donné des raisins
sauvages ? Et maintenant, que je vous apprenne ce que je vais faire à ma vigne ! En ôter la haie pour
qu'on vienne la brouter, en briser la clôture pour qu'on la piétine ; j'en ferai un maquis : elle ne sera ni
taillée ni sarclée, ronces et épines y croîtront, j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie. Eh bien ! la
vigne de Yahvé Sabaot, c'est la maison d'Israël, et l'homme de Juda, c'est son plant de choix." Isaïe 5, 1-7
Le psaume 80 est une prière pour la restauration d'Israël. L'image de la vigne plantée par Dieu mais chatiée
exprime la gloire, l'épreuve, mais aussi l'espérance du Peuple de Dieu en un possible Salut.
"Il était une vigne : tu l'arraches d'Égypte, tu chasses des nations pour la planter ; devant elle tu fais place
nette, elle prend racine et remplit le pays. Les montagnes étaient couvertes de son ombre, et de ses
pampres les cèdres de Dieu ; elle étendait ses sarments jusqu'à la mer et du côté du Fleuve ses rejetons.
Pourquoi as-tu rompu ses clôtures, et tout passant du chemin la grappille, le sanglier des forêts la ravage
et la bête des champs la dévore ? Dieu Sabaot, reviens enfin, observe des cieux et vois, visite cette vigne
: protège-la, celle que ta droite a plantée." Psaume 80, 9-17
Le prophète Ezéchiel propose également trois allégories de la vigne : Ez 15 2.6 ; 19, 10-14 ; 17, 9
La vigne dans le Nouveau Testament
Les trois Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) racontent la parabole des vignerons homicides.
Les vignerons (peuple d'Israël) sont responsables de l'avenir de l'Alliance. Après les appels lancés par les
prophètes (les serviteurs), Dieu envoi son Fils, témoin de son amour, que les hommes n'écouteront pas non
plus.
Le nouveau peuple annoncé par Matthieu en fin de parabole, c'est l'Église.
"Ecoutez une autre parabole. Un homme était propriétaire, et il planta une vigne ; il l'entoura d'une
clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; puis il la loua à des vignerons et partit en voyage. Quand
approcha le moment des fruits, il envoya ses serviteurs aux vignerons pour en recevoir les fruits. Mais les
vignerons se saisirent de ses serviteurs, battirent l'un, tuèrent l'autre, en lapidèrent un troisième. De
nouveau il envoya d'autres serviteurs, plus nombreux que les premiers, et ils les traitèrent de même.
Finalement il leur envoya son fils, en se disant : Ils respecteront mon fils. Mais les vignerons, en voyant le
fils, se dirent par-devers eux : Celui-ci est l'héritier : venez ! tuons-le, que nous ayons son héritage. Et, le
saisissant, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Lors donc que viendra le maître de la vigne, que
fera-t-il à ces vignerons-là ?" Ils lui disent : "Il fera misérablement périr ces misérables, et il louera la vigne
à d'autres vignerons, qui lui en livreront les fruits en leur temps." Jésus leur dit : "N'avez-vous jamais lu dans les
Ecritures : La pierre qu'avaient rejetée les bâtisseurs c'est elle qui est devenue pierre de faîte ; c'est là
l'œuvre du Seigneur et elle est admirable à nos yeux ? Aussi, je vous le dis : le Royaume de Dieu vous
sera retiré pour être confié à un peuple qui lui fera produire ses fruits." Matthieu 21, 33-43
Le chapitre 15 de Jean commence par la grande allégorie de la vigne.
Jésus porte du fruit en donnant sa vie, suprême preuve d'amour.
Il est la Vigne et nous sommes les sarments : il est le Corps et nous sommes les membres.
La vigne véritable, c'est Jésus, mais c'est aussi son Église.
Le mystère de la vraie vigne exprime donc l'union féconde et la joie qui demeure, parfaite et
éternelle, entre le Christ et son Église.
"Je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron. Tout sarment en moi qui ne porte pas de fruit, il
l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, pour qu'il porte encore plus de fruit. Déjà vous êtes
purs grâce à la parole que je vous ai fait entendre. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que
le sarment ne peut de lui-même porter du fruit s'il ne demeure pas sur la vigne, ainsi vous non plus, si
vous ne demeurez pas en moi. Je suis la vigne ; vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et moi en
lui, celui-là porte beaucoup de fruit ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure
pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment et il se dessèche ; on les ramasse et on les jette au feu et
ils brûlent." Jean 15 1-6