Le marathon du Médoc du Père Zambo

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Nommé en septembre denier à Castelnau-du-Médoc, le père Yves-Maurice Zambo, prêtre originaire du Cameroun, a effectué durant le Carême une visite pastorale originale de ses paroisses. Il a fait ses bagages et est parti, du 8 février au 8 mars, loger chez 21 familles, dans les 7 villes du secteur pastoral.

À l’entendre, on pourrait croire qu’il revient juste d’une visite de famille, parti à la rencontre de cousins éloignés… « Arrivé dans le Médoc, je me suis dit que le plus simple pour connaître les habitants était d’aller les visiter, en passant trois jours par communes et en dormant dans des familles ! » Sous cette apparente improvisation, le père Zambo applique en fait une recette éprouvée de longue date au Cameroun, son diocèse d’origine. « Les visites pastorales s’y étalent sur plusieurs jours et le prêtre dort alors chez des habitants qui l’accueillent à tour de rôle », explique-t-il. « Étant en coopération missionnaire avec le diocèse de Bordeaux, j’ai souhaité partager cette expérience. »

Une fois le conseil pastoral averti, quelques membres se chargent d’annoncer la « tournée du père Zambo » en distribuant des flyers dans les boîtes aux lettres, en passant le mot aux commerçants, etc. « Rapidement, j’ai eu de nombreuses familles qui ont accepté de m’accueillir. J’ai privilégié la rencontre avec celles qui n’allaient pas à la messe. Que pensaient-elles de l’Église ? Quelles étaient leurs attentes ? Mon souci étaient de rejoindre ces personnes. »

Des familles en attente.

Parmi ces familles, celle de Marie-Hélène Boisseau a ainsi ajouté un samedi midi un couvert à sa table pour partager un déjeuner avec le père Zambo. Venant de la région parisienne et installée depuis plusieurs années à Saint-Hélène, Marie-Hélène se décrit comme « catholique de tradition, mais ne me posant pas la question de ma foi qui peut-être très fluctuante  ». « Mon mari est non-croyant, mais pas hostile. Mon fils nous a surpris en demandant il y a quelques années d’aller “ voir au caté ce qu’il se passe ”. Il a poursuivi son chemin, a reçu le baptême et a fait sa première communion... Sa petite sœur souhaite pour l’heure juste aller au catéchisme car elle y « apprend plein de choses géniales ».

« C’est dans ce contexte atypique que nous avons reçu le père Zambo. L’idée était vraiment de l’accueillir comme on invite à nouveau voisin pour faire sa connaissance. »

Foot, histoire, crise économique, éducation des enfants, joies et espoirs des parents… « La discussion a été très large, mon mari a adoré cette rencontre humaine et chaleureuse » se réjouit Marie-Hélène.

« J’ai découvert que les familles nous attendent, confie pour sa part le père Zambo. J’ai aussi découvert que l’image du prêtre était souvent réduite à la célébration des obsèques ou des mariages… À nous de montrer que nous sommes envoyés par l’Église au nom du Seigneur pour échanger avec eux, partager leurs joies et leurs peines. Cela rejoint l’envoi que nous avons vécu lors de la rencontre “ Tremplin pour la Mission ”. »

« Je trouve que dans nos petits villages, où l’on s’imagine que tout le monde échange avec tout le monde, on peut vite se retrouver au contraire isolé, à ne pas se soucier de ce que vit le voisin, juge Marie-Hélène. Dans ce chacun chez soi, je pense que l’Église peut justement nous aider à nous rapprocher les uns des autres. »

Faire tomber des barrières

Au cours de ses visites, le père Zambo a aussi tenu à organiser un temps de rencontre systématique avec les non-croyants. « Celui-ci avait lieu dans un lieu neutre, une salle communale, sous la forme d’une présentation et d’un dialogue. Ces moments m’ont marqué, nous avons échangé sur les valeurs humaines qui nous rapprochent tous. Cela m’aide à mieux connaître les personnes vers lesquelles je suis envoyé en tant que pasteur. Cette tournée a changé ma manière de voir ces habitants, je connais mieux leurs attentes, leurs peurs aussi ! Des barrières sont tombées... »

De quoi le convaincre de recommencer rapidement l’expérience, « peut-être de manière plus étalée dans le temps ». Ne serait-ce que pour répondre à la vingtaine de familles sur liste d’attente qui ont déjà proposé de lui offrir le gîte et le couvert !

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