Vers un synode diocésain pour la Gironde

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Annonce de la convocation d'un Synode pour le diocèse de Bordeaux, par le cardinal Jean-Pierre Ricard, parue dans le journal Eglise catholique de Gironde du mois de novembre 2015.

Après réflexion et consultation, j’ai pris la décision de convoquer un synode pour le diocèse de Bordeaux.

QU’EST-CE QU’UN SYNODE ?

Le Synode est une institution très ancienne dans l’Église.  Le Droit de l’Église le définit ainsi : « Le synode diocésain est la réunion des délégués des prêtres et des autres fidèles de l’Église particulière qui apportent leur concours à l’Évêque diocésain pour le bien de la communauté diocésaine tout entière ». Un synode comporte une ou plusieurs assemblées mais présuppose tout un travail de préparation au plus près du terrain. Ces assemblées sont composées de délégués de tout le diocèse, de membres de droit et de membres élus. Elles doivent refléter la diversité de la composition du Peuple de Dieu : prêtres, diacres, laïcs, religieux, religieuses. Elles doivent aboutir à la proposition de décisions  et d’orientations pour tout le diocèse.

Le terme « Synode » vient du grec « Sun-odos » qui veut dire « marcher ensemble ». C’est une véritable révision de vie de notre Église diocésaine, un temps de discernement, où chacun est invité à apporter sa pierre à l’édification de l’ensemble. Un vieil adage disait fort justement : « Ce qui concerne tout le monde doit être débattu par tous ». Un synode est un beau lieu de coresponsabilité de tous les baptisés. Récemment le pape François soulignait combien notre Église devait être de plus en plus synodale : « Le monde dans lequel nous vivons, et que nous sommes appelés à aimer et à servir même dans ses contradictions, exige de l’Église le renforcement des synergies dans tous les domaines de sa mission. Le chemin de la « synodalité » est justement celui que Dieu attend de l’Église du troisième millénaire ». Rencontrant les diocésains d’Assise en octobre 2013, il leur disait : « Vous entrez dans le synode diocésain et être en « synode » signifie marcher ensemble. Je pense que cela est véritablement l’expérience la plus belle que nous vivons : faire partie d’un peuple en chemin, en chemin dans l’histoire, avec son Seigneur, qui marche au milieu de nous ! Nous ne sommes pas isolés, nous ne marchons pas seuls, mais nous faisons partie de l’unique troupeau du Christ qui marche ensemble ».

L’évêque n’est pas un homme seul. Il a besoin  de la réflexion de tous, « puisque le troupeau possède aussi son propre « flair » pour discerner les nouvelles routes que le Seigneur ouvre à son Église » (Pape François).

“ Les quatre axes de notre synode diocésain : le ressourcement, la mission, la fraternité et le service des hommes ”

Le diocèse de Bordeaux a tenu un synode de 1990 à 1993. Celui-ci a porté du fruit et a impulsé un véritable dynamisme pastoral. Notre Église a tout intérêt à ne pas délaisser cette belle pratique synodale.

POURQUOI UN SYNODE AUJOURD’HUI ?

Notre synode vient à un moment précis de la vie de notre Église diocésaine. Nous avons vécu ces dernières années un parcours missionnaire diocésain. Il a été l’occasion de multiples initiatives d’évangélisation (semaines missionnaires dans des secteurs, Fête de la lumière à Libourne, dimanches autrement, parcours Alpha, propositions B.A Ba….). Celles-ci sont appelées à se développer. Elles sont source d’un vrai renouvellement pastoral pour les communautés chrétiennes qui les ont vécues.  Mais, à leur tour, elles nous posent une redoutable question : comment notre Église doit-elle s’organiser pour soutenir ce véritable dynamisme missionnaire ?

Le pape François invite nos communautés à former de vrais disciples-missionnaires, des disciples qui ont rencontré le Seigneur dans leur vie et qui veulent le faire connaître. Cette mission confiée à nos communautés peut se développer en quatre axes, qui seraient les quatre axes de notre synode diocésain : le ressourcement, la mission, la fraternité et le service des hommes.

- le ressourcement : comment nos communautés peuvent être davantage encore des lieux qui nourrissent la foi de leurs membres (Prière, catéchèse, formation, écoute de l’Écriture, qualité des célébrations…) ?

- la mission : quelles initiatives prendre, non seulement pour inviter, « Venez et voyez », mais « aller vers » ? Comment se former aujourd’hui à l’évangélisation ?

- la fraternité : notre témoignage ne sera crédible que s’il est porté par des communautés fraternelles. A quoi cela nous appelle-il localement ? Comment porter ensemble la vie et la mission de l’Église ? Comment organiser nos communautés, nos secteurs, penser la nomination des prêtres et des diacres dans le diocèse ?

- le service des hommes : L’Église, à la suite du Christ, est invitée à aller à la rencontre des hommes et des femmes de notre temps, à se mettre gratuitement à leur service. Quelles sont les formes de service que nous voyons les plus urgentes autour de nous ?

L’Année de la Miséricorde voulue par le pape François pour toute l’Église ne nous détournera pas de notre démarche synodale. Au contraire, par ses propositions, elle devrait en être un magnifique tremplin. Nous ne pouvons nous approcher du cœur de Dieu sans qu’il touche nos cœurs et nous envoie témoigner de son amour auprès de tous.

 

+ Jean-Pierre cardinal Ricard

Archevêque de Bordeaux

Évêque de Bazas

 

 

 

 

 


 

Photo : © Thomas Sanson

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