La maison commune des disciples-missionnaires

Les Visitations permettront d’élargir notre maison commune en acceptant de se faire l’hôte qui tour à tour est accueilli et accueille.

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Dans son édito du mois d'octobre 2016, Mgr Lacombe revient sur les différents sens de al'expression "Maison commune" qui peut nous guider dans l'année qui démarre.

Si l’unité demeure un défi, l’expression maison commune séduit. Elle désigne un espace qui appartient à tous, tant pour notre planète que pour les institutions publiques ou associatives, ou encore pour notre Eglise avec les maisons paroissiales ou diocésaines.

Le pape François a redonné de la vigueur à cette expression dans l’encyclique Laudato si’ (24.5.15). Elle peut nous aider à guider notre vie chrétienne et missionnaire au début de cette année pastorale.

LA MAISON COMMUNE DANS LAUDATO SI'

Avant de se pencher sur les aspects humains et ecclésiaux, repérons l’expression maison commune dans Laudato si’. Elle figure dès le titre : Lettre encyclique Laudato si’ du Saint-Père François sur la sauvegarde de la maison commune. Le pape précise au paragraphe 3 que l’encyclique vise à entrer en dialogue avec tous à ce sujet. En ce sens, on constate une très large réception.

Au total, l’expression maison commune est mentionnée 12 fois. Dès le premier paragraphe, le pape l’utilise pour parler de la terre avec proximité, tendresse et reconnaissance, s’inspirant du cantique de Saint François d’Assise : Notre maison commune est aussi comme une sœur, avec laquelle nous partageons l’existence, et comme une mère, belle, qui nous accueille à bras ouverts.

Avant d’annoncer le plan, le Saint-Père lance un appel pour sauvegarder notre maison commune dans la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, c’est au paragraphe 13. Ce même paragraphe illustre l’esprit de Laudato si’, tout en analysant la situation très dégradée de l’environnement, l’espérance demeure : L’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune. Ces aspects introductifs soulignent le sens humain et chrétien de l’écologie qui sera développé tout au long du texte. Chacun est appelé à jouer un rôle déterminant pour une écologie intégrale guidée, non plus par de vaines quêtes technico-économiques, mais par la foi et le dialogue.

La première partie de l’encyclique qui analyse la situation actuelle, cite quatre fois l’expression maison commune pour manifester les conséquences déplorables de l’action humaine sur la Création.

Parmi les lignes d’orientation de la cinquième partie, le pape François invite à un projet commun. Depuis la moitié du siècle dernier, après avoir surmonté beaucoup de difficultés, on a eu de plus en plus tendance à concevoir la planète comme une patrie, et l’humanité comme un peuple qui habite une maison commune (164). L’expression revient encore deux fois dans la sixième partie sur la spiritualité écologique rappelant que la maison commune que nous habitons est prêtée par Dieu (232), préparant ainsi notre patrie définitive la nouvelle Jérusalem, la maison commune du ciel (243).

 

LA MAISON COMMUNE DANS L'USAGE COURANT

Au sens habituel, le terme de maison fait penser à un toit et à une protection ainsi qu’à une chaleur matérielle et humaine. La maison est le foyer où l’on restaure le corps et l’esprit. C’est le lieu de la vie que l’on est heureux de retrouver, avec des compagnons qui nous attendent.

La maison est caractérisée par le qualificatif de ‘commune’ qui ouvre à tous les êtres vivants. Les premières pages de la Bible soulignent la place éminente de l’homme et de la femme, donnant naissance à toute la famille humaine. Les chrétiens témoignent de cette unité dans une communion toujours à élargir.

La maison commune est pour tous, au-delà des frontières géographiques, sociales et humaines. Que ce soit la nature, la campagne ou la ville, ce lieu permet à chacun d’être chez lui. Chacun en prend soin et peut accueillir l’autre, faisant en sorte qu’il trouve sa place dans la maison commune.

LA MAISON COMMUNE ET L'ÉGLISE

La maison commune présente une analogie avec l’Église. Elle peut être considérée comme une communauté de communautés, préparant la fraternité universelle et l’union du genre humain avec Dieu (Concile Vatican II, Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l’Eglise §1).

Poursuivant cette analogie, nous retrouvons la temporalité. La maison commune n’est pas un lieu définitif dont on serait propriétaire. Le pape François aime à rappeler que le temps est supérieur à l’espace (Exhortations Evangelii Gaudium §223 ou Amoris Laetitia §3). L’espace court le risque d’être figé ou cristallisé. Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour (EG §233). Ensuite, le temps permet à l’humanité et aux chrétiens de progresser et de se convertir. Enfin, comme cela vient d’être souligné la maison commune terrestre prépare la maison commune céleste (243).

 

LA RENTRÉE DANS NOS MAISONS COMMUNES

Ces pistes vont nous aider à habiter nos maisons communes de la terre et à dégager du sens pour notre vie chrétienne. Les retrouvailles du mois de septembre dans la maison commune donnent la joie de revoir des visages connus, mais aussi d’en découvrir d’autres, ainsi que d’accueillir de nouvelles manières de servir la Création. Concrètement, en tant que citoyen, nos maisons communes sont celles de nos cités ; comme chrétiens, celles de nos communautés, notamment les maisons paroissiales, les lieux d’accueil et la Maison diocésaine saint Louis Beaulieu. La semaine du 19 au 24 septembre a permis à de nombreux catholiques du diocèse de la redécouvrir et de la visiter, accueillis par le chêne de Mambré. Préalablement le séminaire, la bibliothèque, la librairie, de nombreux services diocésains, le collège universitaire s’y étaient installés, rejoignant RCF Bordeaux. Ceux qui l’ont connue par le passé et les nouveaux arrivés ont apprécié cette maison commune rénovée, claire, fonctionnelle, rayonnant à partir de la chapelle et du cloître. C’est un lieu pour prier, se rencontrer, travailler, partager le repas et prendre le repos nécessaire. La nature n’est pas oubliée avec le cloître, et plus encore avec le magnifique parc, lieu de paix et de contemplation. Le Cardinal Jean-Pierre Ricard lors de l’inauguration a rappelé combien notre maison diocésaine a pour vocation d’être ouverte et tournée vers la mission, comme y invite également le beau patronage S. Louis Beaulieu.

Au sein des maisons communes où nous aimons nous retrouver, dans nos paroisses que saint Jean XXIII aimait à comparer à la fontaine du village, dans les communautés religieuses et leur climat souvent propice à la méditation, dans les maisons particulières, nous pourrons relever les nombreux et stimulants défis de la mission. Les récents textes du pape François ont encore des fruits à porter, tant l’exhortation Evangelii gaudium à propos de la joie de la mission, que l’encyclique Laudato si’ qui guide cette réflexion, ou encore que l’exhortation post synodale Amoris laetitia à propos de la joie et des enjeux de la Famille. Parmi les appels pressants de notre maison commune, nous entendons aussi le cri des exilés qui n’ont pas de lieu où reposer la tête.

 

LES VISITATIONS AU SEIN DE LA MAISON COMMUNE

Chaque lieu, communauté, domaine pastoral peut trouver le chemin qui conduit à la maison commune, dont l’Eglise est la plus belle image. Ce chemin est celui de notre synode au cours duquel nous sommes appelés à parcourir les distances géographiques et humaines, pour partager ce qui fait notre quotidien de disciple missionnaire. Les Visitations permettront d’élargir notre maison commune en acceptant de se faire l’hôte qui tour à tour est accueilli et accueille, le témoin de la miséricorde qui l’a reçue et la partage, l’auditeur et le messager de la Bonne nouvelle que le Seigneur nous adresse aujourd’hui.

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