Comment vivre au quotidien la synodalité ?

 La 3ème partie [du document finale]est peut-être la plus nouvelle. Elle est à l’initiative des jeunes. [...] Il s’agit de dire : « Nous voulons une Église synodale ».

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Du 3 au 28 Octobre, Mgr Bertrand Lacombe a participé au synode des évêques à Rome sur le thème : « les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », il revient sur son expérience synodale au micro de Blandine Jannin sur RCF Bordeaux.

Quel bilan personnel tirez-vous de votre participation à ce synode des évêques à rome ?

Mgr Bertrand Lacombe, évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux : D’un certain côté j’ai revécu ce que qui s’est passé au cours de notre Synode diocésain de Bordeaux : un peuple en marche, une Église en marche, une Église qui écoute... C’était aussi une nouveauté, car à Bordeaux le thème était autour des « disciples missionnaires » alors que celui des évêques à Rome portait sur la jeunesse, la question des vocations et du discernement.

Au-delà de la différence thématique, la différence avec notre synode diocésain résidait bien sûr dans la dimension universelle de ce synode romain. Étaient ainsi présents des évêques du monde entier, ainsi que 34 jeunes, ce qui sur une assemblée de 360 personnes représente à peu près 10%. J’ai donc pu vivre cette communion de l’Église universelle à la fois dans la grande salle où nous étions très nombreux, mais aussi dans les carrefours de langues où nous étions une quinzaine.

J’étais dans un carrefour francophone, avec des personnes issues des 5 continents : il y avait un évêque d’Haïti pour l’Amérique, des évêques de l’Église d’Orient, qui connaissent les grandes épreuves que nous vsavons, des évêques d’Afrique, d’Europe, et il y avait un jeune de Nouvelle-Calédonie, pour l’Océanie. C’est en vivant cette universalité de l’Église que nous avons accueilli les questions, les suggestions, des jeunes d’aujourd’hui.

Le document final comprend 167 articles, 55 pages. Vous n’allez pas tout nous détailler mais qu’en retenez-vous principalement ?

J’invite bien sûr à regarder le document final car c’est très important, mais pour ceux qui auraient moins de temps, j’invite à lire la lettre des Pères synodaux aux jeunes, car cela tient en moins d’une page. Il y a aussi une vidéo réalisée à l’issue du Synode et qui circule sur les réseaux sociaux.

Le document final est bâti selon le « schéma » des pèlerins d’Emmaüs. Il parle beaucoup à la jeunesse, avec une première partie qui reprend la situation telle qu’elle est, une deuxième partie qui est vraiment sur les thématiques du Synode donc de la vocation, du discernement, de l’accompagnement. Dans le document préparatoire, nous étions surtout sur un accompagnement personnel, très important dans l’Eglise, mais les débats que nous avons eus ont ajouté l’idée que l’accompagnement est aussi une affaire de groupe. C’est d’abord la famille, mais aussi tous les groupes dont nous faisons partie, où nous sommes accompagnés par nos responsables, mais aussi par les autres jeunes. Cela est très important, car les jeunes s’accompagnent les uns les autres, ils sont missionnaires parce qu’ils appellent d’autres jeunes à rejoindre leurs groupes.

Enfin, la 3ème partie est peut-être la plus nouvelle. Elle est à l’initiative des jeunes, et est notamment issue des réflexions du pré-Synode qui avait réuni à Rome, avant les Rameaux, 300 jeunes du monde entier. Il s’agit de dire : « Nous voulons une Église synodale ».

Cela revient à dire que le Synode, un peu comme pour un sacrement, est vécu à la fois dans sa préparation, sa célébration mais que la synodalité doit ensuite continuer à nourrir notre vie d’Église. Je dirai donc : « diocèse de Bordeaux, Église universelle, même combat », que fait-on de ce Synode maintenant, comment le vit-on au quotidien ? Il y a des initiatives qui sont des encouragements pour nous, notamment au niveau du Conseil diocésain de la pastorale des jeunes qui existe à Bordeaux. Mais nous pouvons imaginer aussi des  collaborations, dans cette perspective synodale, avec le catéchuménat, pour la préparation aux sacrements, avec la solidarité, pour le service des plus pauvres, ou avec le monde digital où il y a sûrement des choses à mettre en place.

Il ressort de ce Synode à la fois la volonté de prendre en compte les jeunes dans leur spécificité, car ils sont le présent et l’avenir de notre Église, mais aussi de ne pas les laisser avancer « seuls », car c’est vraiment avec l’ensemble de l’Église que nous devons cheminer.

34 jeunes étaient présents lors de ce Synode. Avez-vous l’impression qu’il y ont trouvé leur place ?

C’était quand même le Synode des évêques, c’étaient donc les évêques qui écoutaient les jeunes pour comprendre la démarche menée jusqu’alors et entendre leurs témoignages durant les débats. Nous étions dans une perspective d’écoute où, dans notre responsabilité pastorale, nous pouvions nous dire que sur tel ou tel point, les choses devaient en effet évoluer.

Je pense en particulier aux questions portées par les jeunes, dans la perspective de Laudato si’, sur le développement intégral et la prise en compte intégrale de la personne, et notamment la question de la vie affective qui était peu présente dans le document de travail. Sur la responsabilité des femmes, des hommes, laïcs dans l’Église, cela concerne-t-il tous les aspects de la vie de l’Église ? Nous avons pu voir qu’à certains niveaux les choses étaient bien engagées mais que nous pouvions encore progresser à d’autres endroits.

Comment ces jeunes vont-ils continuer à être écoutés et entendus, notamment dans notre diocèse ?

C’est de notre responsabilité à tous, et je crois qu’en ayant vécu ce Synode diocésain « disciples-missionnaires », en ayant pris conscience au cours de ce Synode de la dimension ecclésiale, nous sommes encouragés à vivre l’Église dans la diversité des âges.

Crédit : Mazur/catholicnews.org.uk CC BY-NC-SA

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