« Le Seigneur m’a donné de vivre des “oui ” successifs »

J’ai conscience de mes limites et je suis en même temps confiant en notre Seigneur qui accompagne toujours ceux qu’il envoie. (Cyril Ronchet)

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Le dimanche 25 juin à 16h, en la cathédrale Saint-André, Mgr Ricard ordonnera deux prêtres et quatre diacres en vue du sacerdoce. À quelques jours de la célébration, retour avec les deux futurs prêtres, Jean-Michel Mathieu et Cyril Ronchet sur leur préparation et le sens de cet engagement.

 

Cette année, quatre séminaristes seront ordonnés diacres « en vue du sacerdoce », qu’avez vous à partager avec eux de votre expérience récente de « diacre » ? Comment avez vous vécu ce ministère ?


Jean-Michel Mathieu : En ce qui me concerne, j’ai eu un ministère tourné vers la poursuite d’études. Le cœur de cette année était l’Écriture. Il me semble essentiel pour un diacre de consacrer du temps pour l’étude, la méditation de la Parole de Dieu. La prédication, qui est la partie visible du ministère, demande de se laisser conduire par la Parole, là où elle veut que nous allions pour annoncer le salut du genre humain en Jésus-Christ.

Cyril Ronchet : Une très grande grâce reçue a été celle du ministère de bénédiction. Grande joie de pouvoir bénir les personnes au nom du Christ par exemple à l’issue d’un temps d’adoration avec le Saint Sacrement, lors d’offices de la liturgie des heures.
J’ai également eu l’opportunité de plonger dans la vie paroissiale, désir que j’avais en ce début de diaconat. Vie intense, marquée par la découverte de la prédication, le service des jeunes (aumôneries, servants d’autel…), la disponibilité pour apporter la communion aux malades, écouter ceux qui veulent se confier… cela m’a poussé, me pousse, à une conversion à la charité, à la patience !
Un point fondamental est aussi d’avoir une grande vigilance à la prière, à ne pas oublier de donner au Seigneur la première place, de structurer sa journée avec la liturgie des heures qui pourrait sinon si facilement passer à la trappe… c’est aussi c’est une conversion de tous les jours.

 

Vous avez déjà vécu ce rite d’ordination, à quoi pensiez-vous ou que ressentiez-vous au moment de la prostration et l’imposition des mains ?

Jean-Michel : Au moment où le cardinal m’a imposé les mains et pendant le temps de la litanie des saints, il me semble que je priais pour les personnes qui m’ont accompagné tout au long de mon parcours. Ce qui m’a le plus marqué, ce fut l’imposition des mains aux prêtres, ils étaient juste devant moi, et je voyais les visages et les mains de tous ceux qui avaient donné leur vie pour le Seigneur dans le sacerdoce.

Cyril : Le moment de la prostration était pour moi à la fois un moment d’abandon au Seigneur, comme lui disant par ce geste : « Seigneur, tu m’as appelé, me voici, je suis là ».
C’était aussi une remise de moi-même à l’intercession de tous les saints, accueillir le cadeau si nécessaire de leur prière en ce moment important, les entendant mentionnés les uns après les autres, me confiant particulièrement à ceux qui me sont plus proches.
L’imposition des mains, et plus encore la prière d’ordination en tant que telle, a été ce moment où je savais que le Seigneur me faisait ce don du diaconat… à l’issue de cette longue prière, après le « Amen » final, je me suis dit intérieurement, goûtant cette nouvelle réalité : « Whow ça y est, je suis diacre… »

 

Vous allez être ordonné prêtre. C’est un engagement pour la vie entière
Comment vivez vous cela aujourd hui et durant votre préparation ?

Jean-Michel : Lors de l’ordination diaconale, l’engagement que nous prenons est pour la vie entière. De nouveau, je vais m’engager pour toute la vie à la mission que me donne le Seigneur en devenant prêtre. Pour me préparer à ce grand jour qui est une étape, j’ai réalisé une retraite d’une semaine. Au cœur de cette semaine, j’ai fêté avec l’Église la fête de la visitation : Marie est la première à transmettre la Bonne Nouvelle à Élisabeth. À l’exemple de Marie, j’ai à apporter le Sauveur avec empressement autour de moi, pour partager ma joie de connaître le Christ.

Cyril : Comme depuis le début de mon cheminement vocationnel, j’essaie d’accueillir la grâce de l’instant, recueillant les joies, luttant dans le combat spirituel aussi, qui n’est pas absent.
Le Seigneur m’a donné de vivre des « oui » successifs, du séminaire, jusqu’à ce grand « oui » de l’ordination diaconale, laquelle constitue déjà un engagement pour la vie entière (célibat consacré, prière de la liturgie des heures, promesse de fidélité à l’évêque et ses successeurs).
En ces temps précédant l’ordination presbytérale, je continue à vivre et découvrir mon ministère diaconal. En approchant du sacerdoce je vois aussi la beauté et la grandeur de ce ministère, et en même temps les nouvelles responsabilités qu’il comporte : recevoir le corps du Christ et le donner aux fidèles, devenir instrument de la Miséricorde de Dieu par le sacrement de la réconciliation, affermir la foi des fidèles…
Enfin, comme à chaque étape de mon parcours depuis mon appel, je suis invité à grandir dans la Confiance, à apprendre aussi à vivre ces paroles de saint Jean-Baptiste : « il faut que lui grandisse et que moi je diminue », en bref « laisser Jésus se donner par moi » et non pas « donner du Cyril ».

À l’heure où le diocèse de Bordeaux et en pleine réflexion, avec un Synode sur la formation de disciples-missionnaires, comment envisagez vous votre mission ?


Jean-Michel : Le monastère dans lequel j’ai effectué ma retraite a pour nom : Notre Dame de la Sainte Espérance. Ma mission je l’envisage avec Marie, pleine d’espérance, car le Seigneur ne déçoit pas celui qui se confie en lui. «Je garde le Seigneur devant moi sans relâche, Il est à ma droite je suis inébranlable» nous rappelle le psaume 15(16)

Cyril : Je l’envisage dans une disponibilité pour la mission. Dans une vie fraternelle des disciples ensemble et non pas isolés. J’ai conscience de mes limites et je suis en même temps confiant en notre Seigneur qui accompagne toujours ceux qu’il envoie. Enfin, je suis dans la joie de l’Espérance de tout ce que le Seigneur va faire.

 

À SUIVRE EN DIRECT SUR YOUTUBE
Retrouvez en direct, le dimanche 25 juin à 16h, sur Youtube les ordinations bit.ly/cathedrale-live

 

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