Deux prêtres et trois diacres ordonnés le 29 juin 2014

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Le dimanche 29 juin 2014, à 16h, en la cathédrale Saint-André à Bordeaux, Mgr Jean-Pierre Ricard présidera la messe d'ordination de Sylvain Flipo et Antoine Raillon, comme prêtres, de Thierry Gouze, Jean-Paul Granger et Hervé Boutineau, comme diacres.

Le dimanche 29 juin, Mgr Jean-Pierre Ricard célébrera cinq ordinations : deux prêtres, deux diacres en vue du sacerdoce et un diacre permanent. Trois d’entre-eux reviennent sur leur parcours et leur regard sur la Mission.

 

 

Comment est venue votre vocation ?

Sylvain Flipo (ordonné prêtre) : Je me suis réveillé le 1er septembre 2006 avec un appel si fort qu’aujourd’hui je l’associe avec ma conversion. J’étais baptisé depuis que j’étais bébé, mais Dieu m’appelait à le servir en tant que prêtre.

Hervé Boutineau (ordonné au diaconat permanent) : Quelques temps après avoir reçu le sacrement de la Confirmation en avril 2005, j’ai ressenti en moi la nécessité de répondre un peu plus à l’appel du Seigneur.

La difficulté n’était pas de répondre oui, mais d’être sûr que j’étais appelé et quelle était la forme concrète de cet appel ; je n’avais jamais pensé au diaconat permanent et il m’a fallu trois ans pour le comprendre et l’accepter.

Le discernement, la  relecture de toute ma vie à la lumière de l’Évangile m’ont conforté sur la nature de cet appel :   « Ayez confiance, c’est moi, soyez sans crainte » Mt 14,27 .

Jean-Paul Granger (ordonné diacre en vue du sacerdoce) : Au cours mes études, à partir du collège, de nombreux jeunes, pas forcement croyants, m’ont souvent posé cette question : « Veux-tu devenir prêtre ? ». [...]

Ensuite, au lycée j’ai fait une réelle expérience du Seigneur. En effet, je me liais d’amitié avec le Seigneur alors qu’au même moment j’étais confronté durant deux ans à la haine d’un jeune envers l’Église, Dieu, la foi. [...] C’est alors que je me mis à dire la parole du Christ en croix : « Père, pardonne-leurs ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23,33-34).

À force de répéter cette prière à l’égard de ce jeune, mon cœur se transforma. [...] Par cette expérience de miséricorde du Seigneur, je compris que le Seigneur me demandait d’être le canal de son amour miséricordieux pour le monde.

Sylvain Flipo sera l'un des deux prêtres ordonnés le 29 juin 2014

Que retenez vous de vos années de formation ?

Sylvain Flipo : Je retiens « l’amour préférentiel pour les pauvres ». En particulier, je suis touché par les milieux populaires, les personnes en situation de handicap et les migrants. Ils sont pour moi le cœur de l’évangélisation aujourd’hui.

Hervé Boutineau : Suivre le Christ m’a amené sur un chemin qui n’a pas fait l’économie des bouleversements et des doutes contemporains de toute vie humaine … c’est peut être là qu’il se donne le mieux à connaître, dans le silence d’une présence.

Jean-Paul Granger : Le temps du séminaire est un chemin de conversion. Ces années transforment notre vision du monde, notre relation à Dieu, aux autres et à nous-même. Que ce soit par la prière, les cours, la vie communautaire ou la vie paroissiale, le Seigneur nous configure à lui. C’est décapant.

Quelle(s) rencontre(s), ou lecture(s), a marqué votre parcours vers cette ordination ?

Sylvain Flipo : La doctrine sociale de l’Église a nourri ma formation intellectuelle à la lumière de la Parole de Dieu et de la Tradition de l’Église. Nous avons à aimer les plus fragiles jusqu’à nos ennemis.

Hervé Boutineau : La rencontre des autres candidats au diaconat à été une belle découverte révélant la diversité des appels dans les origines, les cheminements, les situations socioprofessionnelles. J’ai été particulièrement marqué par la rencontre et l’amitié du diacre qui m’accompagne.

Si je dois retenir une seule lecture, ce serait l’évangile de Jean (13,1-15)… chaque relecture est une nouvelle découverte.

Jean-Paul Granger : Deux rencontres ont transformé et continuent à travailler mon regard sur la pauvreté et la souffrance de ceux qui m’entourent. En propédeutique, j’ai fait un stage chez les Petites sœurs des Pauvres et pendant deux ans, j’ai côtoyé la famille salésienne de Don Bosco au Bénin. Ces deux congrégations m’ont ouvert à la présence de Dieu en l’autre car tout homme est le Christ en personne.

Nous venons de vivre le rassemblement « Tremplin pour la Mission », le 9 juin dernier. Quelles initiatives missionnaires vous touchent particulièrement ?

Sylvain Flipo : J’ai animé une table ronde avec Henry Quinson (conseiller monastique du film « Des Hommes et des dieux ») car j’ai participé à la création de spectacles vivants dans le diocèse à partir de la Parole de Dieu. Pour moi, l’évangélisation aujourd’hui passe par des événements créatifs, artistiques avec les plus pauvres. C’est avec eux que nous assurerons l’avenir et la construction du Royaume.

Hervé Boutineau : Même si elle demeure fondamentale, l’Église ne se résume pas aujourd’hui à l’Eucharistie dominicale ; il nous faut  « inventer des chemins nouveaux » donc faire preuve de créativité.

Nous avons besoin aussi  de « vivre une fraternité nouvelle », une transversalité dans nos communautés. Si le diacre porte une étole en diagonale, c’est peut être pour rappeler que son ministère (comme la vocation de tous les baptisés) est transversal : du cœur à la main !

Jean-Paul Granger : « Annoncer l’Évangile, c’est aller à la rencontre et inventer des chemins nouveaux ! » : nos apostolats touchent de nombreuses personnes. Mais n’hésitons pas à aller à leur rencontre, chez eux dans leur quotidien. Nombreux sont ceux qui attendent notre visite. Par ailleurs, il est vrai que la société évolue rapidement. Pour cela, il nous faut oser des propositions nouvelles afin que le Seigneur les touche.

Personnellement, de quelle manière pensez-vous aujourd’hui pouvoir annoncer au mieux l’Évangile ?

Sylvain Flipo : Annoncer l’évangile au cœur des quartiers populaires en vivant avec eux, leur réalité me semble essentiel pour être visible, mais surtout : lisible. Au contraire de cela, nous risquons d’être illisible pour les plus pauvres.

Hervé Boutineau : Je pressens un peu plus le ministère diaconal comme étant réellement à la croisée des chemins grâce aux nombreux témoignages aussi bien dans notre communauté paroissiale que dans mon univers professionnel  et les attentes sont nombreuses : besoin d’une parole vraie ou apaisante,  d’une écoute attentive,  d’un signe d’Église proche …

C’est ce qu’Etienne Grieu souligne comme étant « prendre soin des liens » et qui résonne en moi comme essentiel dans le diaconat.

Jean-Paul Granger : Avant de partir évangéliser, il faut prier le Seigneur pour qu’il nous donne un cœur d’amour afin que nous puissions accueillir les personnes rencontrées telles qu’elles sont. Ensuite, il est important de ne jamais partir tout seul. Le Seigneur nous dit : « quand deux ou trois sont réunis, je suis là, au milieu d’eux » (Mt 18,20). De plus, les disciples sont envoyés deux à deux pour évangéliser. En effet, alors que l’un écoute et annonce Jésus, l’autre soutient par la prière.

Enfin, quel regard portez-vous sur le sacrement que vous allez recevoir le 29 juin prochain ?

Sylvain Flipo : Le don de la vie d’un homme pour le combat de Dieu est particulièrement sacramentel dans l’ordination. Mais il ne doit pas cacher le don du sacerdoce baptismal de chacun des baptisés du diocèse. Alors j’espère qu’avec tous les baptisés de ce beau diocèse, nous saurons être à la hauteur de la mission, pour l’amour et la justice ici-bas. Vive la vie !

Hervé Boutineau : Si le diacre est celui qui doit « garder son pied dans l’entrebâillement de la porte » seul le sacrement de l’ordre par le don de l’Esprit Saint peut lui en donner la force et la détermination.

Ce sera avec une grande humilité et dans la joie !

Jean-Paul Granger : Le Seigneur m’appelle à servir l’Église par l’ordination diaconale. Cette vocation est immense et dépasse mon entendement. Le Seigneur comme tête de l’Église et son corps, le peuple de Dieu rassemblé ainsi que les saints et les saintes de Dieu invoqués au cours de la célébration m’appellent.

La seule chose qu’il me reste à faire est de me rendre disponible, accessible et présent à chacun d’eux. Car le Seigneur vient alors me donner la grâce de remplir cette mission. Je ne suis que son instrument qui veille aux besoins de son peuple et qui transmet sa Bonne Nouvelle.

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