L'Aquitaine romaine

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De 260 (première épitaphe chrétienne connue) à la période trouble du VIIIème siècle, le christianisme de développe à Bordeaux et en Aquitaine autour des premiers évêques de Bordeaux, Bazas et du pays de Buch.

 

Le plus ancien vestige chrétien de Bordeaux remonte au 28 janvier 260, c'est l'épitaphe d'une femme de 20 ans, Domitia, citoyenne de Trèves :

" Ci-gît, séparé de son âme, le corps de Domitia, citoyenne de Trèves, morte le cinquième jours avant les calendes de février, sous le consulat de Postumus. "

En 314, lorsque s'ouvre le premier concile "gaulois", convoqué à Arles par l'empereur Constantin, l'évêque Orientalis y représente le diocèse de Bordeaux accompagné de le diacre Flavius. Au IVème siècle, dans les frontières du diocèse actuel de Bordeaux, l'on compte trois évêchés : Bordeaux, Bazas et pays de Buch.

En 333, des pèlerins partent de Bordeaux pour Jérusalem en suivant l'Itinéraire qui est parvenu jusqu'à nous.

En 384, un concile a lieu cette fois à Bordeaux, présidé par son évêque (saint) Delphin (380 à 405). Le premier grand évêque de Bordeaux joue un rôle actif dans la défense du catholicisme et la condamnation de l'hérésie priscillaniste (doctrine défendue par Priscillien et proche du manichéisme) mais aussi dans des constructions d'églises. C'est lui qui baptisa Paulin de Bordeaux, devenu par la suite évêque de Nole. Sa réputation dépassa largement les limites de son diocèse. II fut l'ami de saint Phébade d'Agen, le défenseur de la foi catholique durant la crise arienne; et correspondit régulièrement avec saint Ambroise de Milan. Nous le connaissons par la chronique de Sulpice Sévère, les lettres de Paulin, un billet d'Ambroise, la chronique de Prosper d'Aquitaine. Dès sa mort, il était considéré comme un des saints protecteurs de Bordeaux et de l'Aquitaine.

Lui succède, l'évêque Amandus (Saint Amand) de 405 à 432. Mais ce dernier, selon Grégoire de Tours, "cède sa place à un évêque venu d'Orient" et ne remprendra son siège épiscopal qu'après la mort de ce visiteur illustre. Cet évêque serait Severin ou Seurin, venu, selon la tradition des clercs de Bordeaux, de Cologne jusque sur les rives de la Garonne. Après sa mort, Saint Seurin est rapidement vénéré comme une gloire locale. Son culte s'enracina dans le sol bordelais. Une basilique s'éleva, qui fut le centre de ce culte à travers les siècles, et demeure aujourd'hui très fréquentée. Cette basilique fut entourée d'un cimetière important et célèbre placé sous sa protection, et sous celle de saint Amand. Enfin, la réputation de saint Seurin lui valut la dédicace de très nombreuses églises dans toute l'Aquitaine.

Au VIe siècle, dans le chaos politique, l'Eglise apparaît comme la seule force organisée grâce à la lignée des Léonces, représentants de la noblesse romanisée. A la fin du siècle, le christianisme a pénétré en profondeur les campagnes. Le VIIIe siècle ne sera pas marqué dans la région par la « floraison monastique » qui touche la Gaule : Sainte-Eulalie et Sainte-Croix sont alors de modestes établissements.
Après le désastreux VIIIe siècle, la renaissance de l'Église de Bordeaux s'appuie sur l'évêque, la cathédrale et les monastères de Saint-Seurin de Bordeaux et Saint-Romain de Blaye, mais les invasions normandes désorganise à nouveau la vie ecclésiale. Et la liste des évêques devient difficiles à tenir.

 


 

Source :

Le diocèse de Bordeaux, dir. Bernard Guillemain

Bordeaux Antique, Robert Etienne

Die Personennamen in der römischen Provinz Gallia Belgica, Andreas Kakoschke

 

 

 

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