Notre Synode : l'invitation à la Mission

« Je promulguerai ces décisions synodales lors de notre grande fête de Pentecôte prochain, intitulée Missio 2018, une Pentecôte pour la mission. »

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Édito du cardinal Jean-Pierre Ricard, suite à la conclusion du Synode diocésain "Disciples-missionnaires", paru dans le journal du diocèse de Bordeaux de janvier 2018.

Les 13 et 14 janvier derniers s’est tenue à la Maison Saint Louis Beaulieu la 4ème assemblée de notre synode diocésain. C’est au cours de cette assemblée, conclusive et décisive, qu’ont été présentées, discutées puis votées les orientations et les décisions de notre synode. Cette assemblée n’a pas été une simple chambre d’enregistrement mais a donné lieu à un beau moment de vie de notre Église diocésaine. Elle a été un lieu d’expression de la diversité de notre Église, un lieu d’échange et de débat, mais également un temps fort de fraternité et d’écoute mutuelle. L’enjeu était de procéder au discernement de ce qu’il paraissait important de promouvoir pour soutenir la vitalité pastorale et missionnaire de notre diocèse.

LE CAHIER SYNODAL

Le cahier synodal a donc été travaillé, réécrit puis adopté. Il est organisé autour de trois grands axes :

  • Disciples du Christ : rencontrer personnellement le Christ.
  • Disciples en communauté : vivre la fraternité et la communion. Prêter attention à tous.
  • Disciples en sortie : rejoindre et accueillir, écouter et appeler, accompagner et témoigner.

Chaque axe comporte des convictions, des encouragements (pour ce qui est déjà entrepris), des propositions et une boite à outils (rassemblant beaucoup de suggestions pratiques qui ont été exprimées par les équipes synodales).

LES GRANDES PRÉOCCUPATIONS DU SYNODE

Plusieurs grandes préoccupations ont été portées par le synode. Il a invité nos communautés ecclésiales à progresser vers plus :

  • de vitalité spirituelle. Dans une société sécularisée comme la nôtre, on ne peut plus être chrétien seulement par tradition familiale ou appartenance sociologique à l’Église. On est chrétien si on vit une relation personnelle au Christ, si on nourrit sa foi et si on cherche à l’approfondir tout au long de sa vie. Il est de la responsabilité de l’Église d’offrir à tous des lieux et des moyens de ressourcement et de formation.
  • de coresponsabilité dans la prise en charge par tous de la vie et de la mission de l’Église. Cela ne veut pas dire que tous font tout indistinctement, car il y a dans l’Église des charismes, des responsabilités et des ministères différents, mais cela signifie qu’il y a une solidarité entre tous les membres de l’Église comme entre les membres d’un même corps (cf. 1 Cor. 12). C’est la perspective de la mission qui devrait permettre à la coresponsabilité entre prêtres, diacres et laïcs de progresser. Il s’agit moins en effet de délimiter les responsabilités des uns et des autres que de se sentir ensemble partie prenante d’une même aventure, d’une même mission.
  • de fraternité. La fraternité est un fruit du Saint Esprit et une tâche à réaliser. Elle est un signe que Dieu est à l’œuvre et transforme les relations entre les êtres malgré nos résistances ou nos péchés (cf. Jn 17, 21). Le témoignage vécu de fraternité est source d’espérance pour tous. Le synode invite à plus de fraternité entre prêtres et diacres, entre prêtres et laïcs, entre homme et femmes, entre les différentes composantes du peuple de Dieu. Il propose aussi que puissent naître sur le terrain des petits groupes fraternels d’une dizaine de personnes, se retrouvant pour un temps de prière, d’écoute de la Parole de Dieu, de partage de vie et d’attention à leurenvironnement proche.
  • de dynamisme missionnaire. C’est là la grande conviction qui a traversé notre synode. A la suite de l’invitation du pape François, notre Église est invitée à « sortir », à ne pas se refermer sur son fonctionnement interne, à aller à la rencontre des hommes et des femmes de notre temps à qui l’Évangile doit être annoncé et proposé. Il est demandé à chaque secteur pastoral de mettre sur pied une équipe locale, chargée de stimuler la vie missionnaire de la communauté. Une école diocésaine de la mission sera créée pour encourager les initiatives locales, faire circuler l’information, permettre aux diverses expériences missionnaires de se confronter. Ce service sera mobile et sera au service des communautés locales.
  • de service concret des hommes, tout particulièrement de ceux qui souffrent de précarité, de maladie, de solitude, de détresse affective ou d’exil. Notre pape François demande à notre Église d’être une Église « samaritaine », une Église semblable au bon samaritain de l’Évangile qui voit l’homme blessé, se laisse toucher par cette détresse au plus profond de lui-même, s’approche, le soigne et le prend en charge dans la durée. Le synode demande de constituer des groupes de « veilleurs » chargés de créer du lien de proximité avec les plus pauvres et les personnes en difficulté. Il propose «de créer, dans chaque communauté ou groupe de communautés, une équipe chargée de l’accueil et de l’accompagnement des migrants et des réfugiés ». 

LES SUGGESTIONS DE MISES EN ŒUVRE

Je promulguerai ces décisions synodales lors de notre grande fête de Pentecôte prochain, intitulée Missio 2018, une Pentecôte pour la mission.

D’ici-là, un travail s’avère encore nécessaire. En effet, le synode n’a eu ni la volonté ni le temps d’entrer dans le détail de la mise en œuvre des propositions synodales. Il s’y serait perdu. À travers les convictions et les propositions qu’il a retenues, il a donné de grandes orientations pour la vie de notre Église diocésaine. Mais il faut maintenant donner un certain nombre d’indications de mises en œuvre. Il y a des initiatives à prendre pour que ce qui a été décidé par le synode puisse voir le jour. C’est tout le travail qui va être fait entre janvier et mai prochain. Ainsi, lors de la promulgation de Pentecôte, actes du synode et suggestions de mises en œuvre seront proposées ensemble. C’est le Conseil synodal, avec l’aide des autres conseils du diocèse, qui portera le souci de préciser ces propositions de mises en œuvre.

LE TRAVAIL DANS LE DIOCÈSE OU LA « RÉCEPTION » DU SYNODE

La promulgation des actes du synode ne sera pas le point d’orgue du travail synodal. Au contraire, c’est alors que tout doit commencer ! En effet, si le synode, est un tremplin pour donner un élan à toute notre Église diocésaine, c’est à elle de mettre en œuvre les décisions synodales. Le vrai fruit d’un synode, ce sont toutes les avancées pastorales et missionnaires qui seront vécues au plus près du terrain. C’est ce qu’on appelle la réception d’un synode. C’est au dynamisme impulsé au cours de cette période de réception que se révèlera la fécondité du travail de notre synode diocésain.

Alors, poursuivons notre conversion missionnaire. Continuons à nous mettre à l’écoute « de ce que l’Esprit dit aux Eglises »  (Ap. 2, 29) !

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