La joie des disciples-missionnaires

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Édito de Mgr Bertrand Lacombe, nouvel évêque auxiliaire du diocèse de Bordeaux, à paraître dans le numéro de mai 2016 du journal Église catholique en Gironde.

Dès mes premiers clics sur le site du diocèse, je découvre l’appel stimulant du synode Disciples missionnaires ! Les textes du pape François, notamment Evangelii gaudium, Laudato si’ et Amoris laetitia, invitent à la joie d’évangéliser. La démarche Diaconia 2013 en France engageait à être missionnaire en équipe avec les pauvres. La saveur de la Parole de Dieu partagée dans les groupes bibliques est un beau ferment de vie chrétienne. Ces initiatives ne sont pas que de beaux discours, elles rejoignent mon parcours et ce qui m’anime. Elles donnent la tonalité de la mission pour aujourd’hui.

Disciple missionnaire et rencontre personnelle avec le Christ

La source est la rencontre personnelle avec le Christ pour progresser sur le chemin des disciples missionnaires. Chaque parcours est particulier, c’est l’histoire sainte et unique de la rencontre avec Dieu. Pour beaucoup, elle commence par l’amour prodigué par les parents, la fratrie, les proches… Ils sont aussi le signe de la miséricorde du Père. L’éducation humaine et chrétienne reçue dans ma famille à Montpellier avec mes trois frères plus jeunes et dans divers groupes dont le scoutisme, m’ont conduit petit à petit à percevoir la grâce de la rencontre vivifiante avec Dieu.

Ce que j’ai reçu de mon entourage et mes aspirations personnelles m’ont amené à suivre une formation en sciences économiques puis en ressources humaines. Celle-ci s’est appliquée dans une activité salariée pendant près de cinq ans à Paris dans une association qui soutient la recherche d’emploi dans le domaine agricole et agro-alimentaire. Mon travail d’accompagnement personnel et collectif m’a conduit à me poser la question de la vocation sacerdotale, puis à demander à entrer au séminaire pour répondre à l’appel de Jésus bon pasteur. Quelques années plus tard, j’ai eu la joie d’être ordonné diacre et prêtre par Mgr Jean-Pierre Ricard, alors évêque de Montpellier.

Aujourd’hui comme hier, j’aspire à poursuivre ma relation avec le Christ dans une vie sacramentelle, ecclésiale et missionnaire. Pour cela, je continuerai de m’appuyer sur des frères et sœurs chrétiens ainsi que sur la prière quotidienne et la fréquentation de lieux ressources comme les abbayes bénédictines de Ste-Scolastique et d’En Calcat dans le Tarn ou celle de La Trappe en Normandie.

Fraternité

La source de la rencontre avec le Christ et de l’accueil de l’amour du Père revêt une dimension personnelle mais aussi communautaire. Celle-ci est fondée dans la relation de Jésus avec ses apôtres. La fraternité et la mission sont en synergie. J’ai apprécié la fraternité des groupes d’Eglise en tant que jeune ou animateur. L’accompagnement des enfants, des jeunes, des adultes et des familles permet de grandir en humanité et dans la foi. J’ai aimé la fraternité avec ceux auprès de qui j’ai été envoyé pour évangéliser à Béziers comme aumônier de jeunes puis curé, ensuite à Toulouse en tant que formateur au séminaire.

Ces dernières années, la mission de vicaire général à Montpellier m’a orienté vers la fraternité avec les responsables pastoraux, notamment au sein des trois collèges de prêtres, de diacres et de laïcs en mission ecclésiale ou pastorale. Il s’agit de permettre à chacun d’approfondir ses charismes missionnaires tout en vivant la communion dans chaque collège et entre les collèges. Auprès de Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier, et de son auxiliaire Mgr Claude Azéma, j’ai perçu un peu autrement la vie diocésaine dans sa dimension paroissiale et territoriale. J’ai également expérimenté la transversalité avec les services, notamment pour les jeunes, la santé, la communication, l’économat, la maison diocésaine, les prêtres aînés, les pèlerinages… Il me semble qu’une démarche synodale est une bonne manière d’y apporter de la souplesse et de la nouveauté.

Joie

Plusieurs signes dont l’attitude du pape François et le slogan de RCF La joie se partage y invitent. Cette joie est réelle, pourtant ce n’est pas toujours idyllique ! Il arrive que la vie chrétienne, et particulièrement celle des disciples missionnaires, rencontre des limites. Pourquoi alors que tout est bien préparé, l’échec peut-il être au rendez-vous ? La miséricorde manquerait-elle ? Le mystère de notre vie personnelle, associé autant que possible à celui de la croix, se pare d’un caractère éprouvant. Humainement et spirituellement, il nous faut durant ces moments traverser ou contourner les épreuves, ou bien renoncer et prendre un autre cap. Une limite ou une fragilité peut alors ouvrir une brèche féconde ou servir de garde-fou protecteur à l’avenir. Quand ce que nous vivons met au plus intime de la blessure du Christ, la croix glorieuse n’est jamais absente. Le Christ debout et élevé montre le chemin du ciel, son visage est apaisé, ses bras sont grands ouverts sur le monde. Marie, sa mère et notre mère, Jean et Marie-Madelaine sont là. L’Esprit répand son baume. Le Père miséricordieux ouvre déjà la voie de la résurrection. La joie chrétienne ne s’assimile pas au plaisir, mais elle n’est pas absente de l’épreuve, elle peut même y être plus intense et plus profonde. La joie des disciples missionnaires est le réconfort et l’espérance dans les âpretés que nous rencontrons.

La joie représente plus que ces passages. Elle est là dans tout ce que nous vivons de grand, de beau et de fort. Elle intensifie plus encore ces moments. Elle rejoint, recherche, unifie et transforme tout ce qui est exaltant dans notre humanité, notamment la fraternité, pour donner la saveur de l’Evangile. La grâce est à l’œuvre. Le salut est donné. La joie devient celle des bienheureux.

Mission

Le synode Disciples missionnaires, stimulé par de belles initiatives antérieures, aidera à discerner de nouveaux appels missionnaires. Et il nous faut laisser le feu de l’Esprit réchauffer nos cœurs pour les découvrir et les mettre en œuvre. La vie pastorale porteuse de fraternité et de joie encourage les disciples à ne pas se taire. Les grands moments missionnaires que j’ai vécus sont marqués par le désir d’en parler. C’était tel rassemblement de la pastorale des jeunes ou les JMJ, l’aumônerie de la branche louveteaux et jeannettes chez les Scouts et Guides de France, une veillée de prière largement ouverte ou une animation de rue, un dialogue avec un malade ou un prisonnier, un pèlerinage tout proche ou plus loin en Terre sainte, les rencontres habituelles ou plus insoupçonnées… Dans le courant du mois d’avril, deux pèlerinages héraultais m’ont bien ‘boosté’, l’un à Rome à l’occasion du jubilé de la miséricorde avec des aînés, l’autre à Lourdes avec 450 jeunes 14-18 ans Passe au vert !

Après ces moments de grâce, le souffle de l’Esprit pousse chacun et chaque groupe à repartir, appeler, dédoubler, consentir au court terme et à la fragilité, s’engager dans de nouvelles initiatives, découvrir d’autres horizons…

J’arrive en Gironde, heureux de retrouver la vigne et son fruit savoureux, le sable pour marcher ou courir, l’eau pour nager, le ballon ovale qui fait la joie des jeunes et des moins jeunes, tous aimés du Père.

Je viens confiant dans l’appel du Christ qui me donnera des frères et des sœurs pour cheminer avec eux et les conduire avec le Cardinal Jean-Pierre Ricard à la suite de Jésus bon pasteur, sur la route joyeuse des disciples missionnaires.

Je suis dans l’attente active de vous rencontrer. Merci pour votre accueil chaleureux !

+ Bertrand Lacombe

Evêque auxiliaire

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