Joie et lumière au cœur du message de Noël

Merci, Seigneur, pour ta tendresse et ton amour qui sont dans mon âme source de vie, de force et de joie.

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Homélie prononcée par le cardinal Jean-Pierre Ricard lors de la messe de la nuit de Noël, le 24 décembre 2017, en la cathédrale Saint-André de Bordeaux.

Chers frères et sœurs,

 

Noël est une fête de joie et de lumière. Joie et lumière sont, en effet, au cœur du message de Noël.

 

La joie tout d’abord. C’est celle que l’ange du Seigneur annonce aux bergers : «Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple » (Lc 2, 10). C’et aussi la « très grande joie » qu’éprouvent les mages à la vue de l’astre qui les guide jusqu’à Bethléem (cf. Mt 2, 10). Cette joie, c’est celle de tous ceux qui découvrent que dans cet enfant qui vient de naître, c’est Dieu lui-même qui vient à la rencontre de l’homme et lui offre son amour. Comme Saint Jean le dit : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son Unique » (Jn 3, 16). Oui, à Noël, Dieu vient nous dire que nous sommes aimés, que nous sommes appelés à être ses fils et ses filles bien-aimés. Si nous sommes aimés, cela veut dire que nous avons du prix aux yeux de Dieu, que chaque personne humaine a pour lui une valeur infinie.

 

Merci, Seigneur, pour ta tendresse et ton amour qui sont dans mon âme source de vie, de force et de joie.

 

Cet amour est source de lumière. Noël, en effet, est aussi une fête de lumière. Les bergers sont enveloppés de lumière et c’est la lumière de l’astre qui met en route les mages. La lumière éclaire la route et ouvre un chemin. Se savoir aimés par Dieu donne un sens à la vie, fait naître une espérance, nous invite à prendre à notre tour le chemin de l’amour. Jean nous dit que « le Verbe était la vraie lumière qui, en venant dans le monde, illumine tout homme » (Jn 1, 9).

 

Ce soir, accueillons le Christ qui éclaire le monde et vient illuminer nos vies. Avec lui, nous ne marchons pas dans la nuit ou dans les ténèbres mais nous avons « la lumière qui conduit à la vie » (Jn 8, 12).

 

Cette joie et cette lumière, nous avons à les accueillir. Quand Dieu vient, il ne s’impose pas autoritairement. Il vient sous la forme d’un enfant, d’un bébé, qui s’offre à nous, dans la pauvreté et la fragilité. Seuls l’accueillent, ceux qui ont un cœur de pauvre. Regardez qui vient à la crèche : non pas des puissants, des rois, des grands prêtres, des docteurs de la loi, mais des pauvres et des étrangers. Des pauvres : ces bergers qui gardaient leurs troupeaux dans les champs. Nous savons qu’ils n’avaient pas toujours très bonne réputation. Mais ils sont surpris d’être appelés à aller vers l’enfant. Ils ont un cœur confiant, simple, reconnaissant et ils vont se laisser accueillir par Marie et Joseph qui entourent l’enfant. Il y a aussi les mages. Ce sont des savants qui étudient le cours des astres. Ils sont à la recherche d’un roi qui vient de naître. Ils se mettent en route, quittent leur pays, abandonnent leurs sécurités ; ils sont disponibles pour la rencontre. Quand ils vont voir l’enfant avec Marie, sa mère, ils vont se prosterner et lui offrir tous leurs présents. Leur cœur est ouvert, accueillant. Avec l’or, l’encens et la myrrhe, c’est leur propre vie qu’ils offrent au Sauveur.

 

Seigneur Jésus, donne-nous de savoir t’accueillir. Pour cela, aide-nous à ne pas nous refermer sur nous avec un cœur égoïste, orgueilleux, replié sur lui-même. Donne-nous un cœur de pauvre, un cœur d’enfant, toi qui nous as dit : « qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas » (Mc 10, 15).

 

Mais cette joie et cette lumière de Noël nous sont données pour être partagées. Si nous les gardons jalousement pour nous, elles disparaissent. Quand nous les partageons, elles augmentent. Les bergers partagent autour d’eux cette joie et cette lumière qui ont baigné leur cœur : « Ayant vu, nous dit Saint Luc, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant ; et tous ceux qui les entendirent furent étonnés de ce que leur disaient les bergers » (Lc 2, 17). On ne peut rencontrer le Seigneur, découvrir son amour, l’accueillir dans notre vie sans vouloir à notre tour le faire connaître et le faire aimer. Soyons témoins auprès de tous de cette joie et de cette lumière de Noël. Si la lumière de Noël a illuminé notre visage, sachons la rayonner discrètement mais réellement autour de nous. Jésus ne dit-il pas à ses disciples : «Que votre lumière brille aux yeux des hommes pour qu’en voyant vos bonnes œuvres ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 16) ?

Mais nous savons que cette joie et cette lumière, c’est en actes qu’il faut en témoigner. Un cœur ouvert et accueillant est aussi un cœur aimant et attentif. Mettons de la joie autour de nous. Cherchons à faire plaisir. Soyons artisans d’espérance, d’amour et de fraternité. Le message de Noël est fondamentalement un message de paix : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 14), chantent les anges.

 

Dans cette fête de Noël, soyons artisans de paix, de réconciliation, de rapprochement. Notre société en a un grand besoin et parfois nos familles aussi.

 

Frères et sœurs, si nous laissons cette joie et cette lumière nous habiter et nous transformer, alors la fête de Noël ne sera pas une parenthèse dans nos vies mais un tremplin pour une existence renouvelée.

 

Dans cette joie et cette lumière de Noël, bonne fête à tous !

 

 

+ Jean-Pierre cardinal Ricard

Archevêque de Bordeaux

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