Les pauvretés augmentent en Gironde et en France

Quand toute une société s’installe dans des préjugés qui nourrissent cette situation, la figent, voire l’alimentent. (...) Le contrat social devient alors inhumain pour ceux qui sont du mauvais côté du manche. (Alain de Brugière)

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Le rapport annuel du Secours catholique montre une aggravation alarmante des précarités. Migrants, couples avec enfants, jeunes travailleurs ou séniors en situation d'exclusion... Autant de personnes de plus en plus exclues et que l'association tente d'accompagner pour les aider à se relever.

La délégation du Secours catholique - Caritas de Gironde a présenté, le 9 novembre 2017, son rapport annuel sur l'évolution des précarités en France et en Gironde.

La rencontre avait lieu à la Halte de jour, rue Lafaurie-Monbadon à Bordeaux. Ce lieu accueil chaque jour plus d'une centaine de personnes sans-abris ou en situation de grande précarité. Le temps d'un café, d'une écoute fraternelle ou d'une douche, l'association tente d'accompagner les personnes mises en marge de notre société pour les aider à se relever.

 

Retrouvez le témoignage de quelques accueillis et bénévoles. 

 

 

Extrait du rapport annuel 2017 :

Le profil type des personnes accompagnées en Gironde

Grâce aux statistiques sur l’état de la pauvreté, il est possible de faire un profil type de la personne accompagnée en Gironde, il est très proche de celui établi l’an dernier ! Il s’agit d’une mère seule, âgée entre 25 et 49 ans, venant principalement pour l’alimentaire (sans oublier l’écoute cependant), qui est au chômage, vivant de revenus de transfert ayant un logement stable mais avec un fort impayé pour le loyer.

 

Les changements comparés (2015/2016) pour les personnes accueillies par les équipes de Gironde

Sur 9 461 situations rencontrées en Gironde, 866 dossiers ont été analysés. Les principaux chiffres significatifs de l’évolution : On note une légère augmentation des hommes seuls (+ 0,3%) et des pères seuls (+1%) mais par contre une baisse assez importante des mères seules (-5,6%) et plus légère des femmes seules (-0,7%). Le nombre de couples aidés avec enfants a lui beaucoup augmenté (+4,8%)

 

TÉLÉCHARGER LE RAPPORT COMPLET 2017

 

Édito d'Alain de Brugière

Président du Secours catholique - Caritas de Gironde

 

Notre Région est belle. Elle attire. Sa croissance démographique est positive, de partout on souhaite venir en Nouvelle Aquitaine. Certes, la répartition dans la région reste très inégale, mais bon ! Notre métropole bordelaise est belle. Elle a été profondément rénovée et dynamisée, sa croissance économique est positive, et les touristes y affluent. Que demander de plus… ? « La grandeur d’une société se reconnait à la manière dont elle traite ses sujets les plus fragiles » Cet adage si souvent évoqué par tous ceux qui cherche à donner du sens à notre « vivre ensemble » est ici bien malmené. Sans doute pas beaucoup plus dans notre belle Nouvelle Aquitaine que dans d’autres Régions de France ou à travers l’Europe, mais le constat est là : La pauvreté s’ancre de plus en plus en Nouvelle Aquitaine. Elle s’installe durablement. Les écarts se creusent entre les catégories de populations. Les moyens publics manquent et le nombre de personnes à la rue ne cesse de croître. On atteint régulièrement les 280 personnes sans solutions de logement tous les soirs sur la métropole bordelaise. On y croise désormais des familles, des femmes seules avec enfants, des mineurs… Le 115 explose et le droit fondamental n’est plus respecté. La peur du migrant distille une politique de moyens trop justes, des conditions d’accueil draconiennes, des parcours ubuesques pour les personnes, des conditions de logement en hôtel très difficiles humainement et parfois sanitairement révoltantes, sans compter son coût économique aberrant. Hormis l’urgence. La misère se cache. Le travailleur pauvre s’installe durablement dans notre paysage. Les impayés augmentent. Les voitures servent de maison. Les squats sont régulièrement débarrassés et nettoyés et l’errance se poursuit pour ceux qui n’ont pas de solutions, alors que les surfaces de locaux vides sont importantes dans notre ville. Mais le pire de tout cela, c’est quand le contrat social s’en satisfait. Quand toute une société s’installe dans des préjugés qui nourrissent cette situation, la figent, voire l’alimentent. Une fois que l’on s’est donné de bonnes raisons de croire que si les pauvres en sont là, c’est quand même de leur faute, on peut s’en laver les mains. Le contrat social devient alors inhumain pour ceux qui sont du mauvais côté du manche. Voilà pourquoi, le Secours Catholique, fort de ces constats dénonce aujourd’hui cette situation et en appelle à la conscience de toute une société pour ne pas oublier qu’il est bon et sain de pouvoir regarder la manière dont on œuvre à un vrai « vivre ensemble ». C’est ainsi qu’un pays est fort et qu’une société devient respectable. 

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