Guatémala : en lutte pour permettre aux paysans l'accès à la terre

Autrefois les paysans pouvaient utilisés les pâturages, du moment qu'ils laissaient une partie des semences pour le bétail. Aujourd'hui cela n'est plus possible avec l'industrie de la monoculture, comme la palme africaine ou la canne à sucre.

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Rencontre avec Reginaldo Carreto Vasquez, témoin du CCFD-Terre solidaire, qui combat pour les droits des paysans guatémaltèques.

Reginaldo Carreto Vasquez, 52 ans, témoigne de "près de 40 ans de lutte" pour les droits des paysans guatémaltèques. Salarié à 14 ans dans un "finca", exploitation agricole, il est rapidement mis à la porte lorsqu'il tente de faire valoir ses droits. "J'ai découvert, grâce à l'enseignement reçu à l'Église, la doctrine sociale de l'Église catholique. Et j'ai pu rapidement constater que nous étions de fait exploités dans les usines et les plantations."

 

C'est donc à ce combat pour plus de justice sociale que Reginaldo dédie dès lors sa vie. "Nous avons d'abord développé au sein de l'Église une action pastorale pour les paysans. Notre premier cas a été deux travailleurs qui, après avoir été licencié d'une finca, ont dû lutter plus de dix ans pour obtenir le paiement de leurs indemnités. Nous avons alors occupé l'exploitation, le patron disant ne pas avoir assez de ressources pour les indemniser. Nous lui avons alors suggérer de vendre l'exploitation ou de la cédez aux travailleurs. Il a alors retrouvé l'argent pour les payer".  

 

 

Former à un nouveau mode de vie

Nous avons dû ensuite créer une structure autonome de l'Église, car les luttes devenaient nombreuses et certains craignaient qu'il y ait des représailles. C'est alors au sein de la fondation "Tierra Nuestra", dont il est le directeur pour la ville de Genova, qu'il œuvre depuis à "éduquer les paysans à une autre manière de vivre, de produire et de consommer". "Nous donnons beaucoup de formation, en particulier sur l'égalité entre les sexes, pour que les femmes prennent plus de responsabilités et que les hommes les laissent davantage se former. Nous apprenons aussi à produire des remèdes à partir de plantes médicinales, ou à produire des biens de consommations courantes tels que du shampoing, du dentifrice... L'idée est de permettre à notre communauté d'avoir une consommation plus responsable". 80 hommes, 40 femmes et près d'une cinquantaine de jeunes sont ainsi à la fois membre et bénéficiaire de cette structure.

 

L'accès à l'eau et à la terre.

Mais le combat principal de l'association est celui de l'accès à la terre. "Aujourd'hui, nous faisons fasse à un mouvement de 'reconcentration' des terres agricoles dans le pays. Ces grandes propriétés sont utilisés pour de la monoculture et cela nous est très nuisible, ces entreprises captant les ressources en eau et asséchant les rivières", explique Reginaldo. "Autrefois les paysans pouvaient utilisés les pâturages, du moment qu'ils laissaient une partie des semences pour le bétail. Aujourd'hui cela n'est plus possible avec l'industrie de la monoculture, comme la palme africaine ou la canne à sucre."

 

Une requête a donc été déposé par son association pour demander à l'État de garantir un accès minimum à la terre pour l'agriculture paysanne. "L'État guatémaltèque a fait passer une loi pour confisquer et nationaliser les terres des narcotrafiquants, nous lui demandons donc de les redistribuer aux paysans."

 

Des multinationales en cause.

Un combat qu'il est parfois de mener sur le sol du Guatemala, "plusieurs entreprises possédant ces terres ont des capitaux étrangers, européens ou nord-américains". "C'est de la responsabilité de ces multinationales de savoir ce qu'elles produisent, à quelles conditions et de faire attention à ce que cela n'affectent pas la vie des habitants sur place", affirme Richard Mariau, chargé de la communication au sein du CCFD - Terre solidaire en Gironde. Avec d'autres ONG, le CCFD a ainsi aidé à faire voter une loi en France sur la responsabilité et la transparence des multinationales vis à vis de leur filiale.

 

"Sur place le CCFD nous aide en soutenant et permettant nos actions de formation. Il finance aussi nos actions et défense en justice face à l'État ou aux multinationales qui tentent de nous intimider", reprend Reginaldo. "Notre mouvement grandit peu à peu, poursuit-il, nous espérons pouvoir obtenir l'accès à la terre tel que nous le demandons, mais sinon nous sommes aussi confiant dans notre capacité à changer notre mode de vie et nos capacités de production pour obtenir de meilleures conditions de vie."

 

 

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