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« Apprendre à briser le silence »

Cela aide à briser le tabou qui peut exister dans toute structure sur ces questions.

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Après une vingtaine de prêtres au mois de mai, c’était au tour de 17 laïcs en mission dans les aumôneries de l’Enseignement public de participer à deux matinées de formation pour mieux lutter contre la pédophilie. Interview du Dr Florent Cochez, responsable de la cellule ERIOS du CRIAVS (Centre ressource pour les intervenants auprès d’auteurs de violences sexuelles) à l’hôpital Charles-Perrens qui assurait avec son équipe cette formation.

À quel titre intervenez vous lors de ces deux cycles de formation ?

Notre structure existe depuis près de 8 ans. Elle a pour but la prise en charge thérapeutique des auteurs de violences sexuelles, c’est aussi un centre ressource pour informer et former différents acteurs de la chaîne pénale, magistrats, administration pénitentiaire, sur ces questions.

Cette démarche de formation et de rencontre avec une structure comme l’Eglise est une première pour nous. Nous avons pris contact l’an dernier avec le P. Jean Rouet. Au même moment le diocèse mettait en place une cellule de veille constituée de professionnels (infirmière, médecin, avocat) pour être à l’écoute de victimes d’actes pédophiles.

 

Quel est le but de ces matinées ?

C’est offrir à la fois aux membres du clergé et aux laïcs en responsabilité dans des aumôneries, un lieu de parole pour évoquer ce sujet. Cela aide à briser le tabou qui peut exister dans toute structure sur ces questions. Suite à plusieurs scandales, il y a une aujourd’hui une suspicion de la société par rapport à l’Église. Avec notre regard de « spécialistes » nous essayons de donner aux personnes engagées dans l’Eglise auprès des jeunes, des clés de compréhension de la pédophilie et les aider à réfléchir ensemble à « comment gérer » des situations de ce type. Le maître-mot est « ne pas rester seul » et « en parler », car le silence fait le lit de la violence sexuelle voire de la récidive.

 

Quand on travaille au contact des enfants, que ce soit dans l’Église ou dans l’Éducation nationale ou le milieu sportif, on réfléchit avant tout à sa mission d’éducateur mais jamais au fait d’avoir à gérer des témoignages concernant des violences sexuelles. Lorsqu’une telle violence survient, elle déstabilise tous les acteurs et on peut facilement alors tomber dans la “sidération”. L’objectif est donc de se donner des structures et des réflexes en amont de la crise pour pouvoir réagir le plus rapidement possible.

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