Communiqué à propos de l'avenir de Ford Blanquefort

Une économie qui néglige la dignité de ceux et celles qui travaillent est déshumanisante. C’est ce que le pape François appelle une économie sans visage.

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Communiqué du cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, en solidarité avec tous les acteurs travaillant à une issue favorable pour l'usine FORD de Blanquefort, publié ce mardi 26 juin 2018.

En février dernier, les dirigeants de FORD annonçaient leur désengagement du site de Blanquefort et plus récemment ils parlaient d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi. Malgré la mobilisation des organisations syndicales et des responsables politiques locaux et nationaux, la Direction de FORD a confirmé la semaine dernière, à Cologne, la décision prise.

 

Je suis conscient de la souffrance que fait de nouveau peser sur de nombreuses personnes l’incertitude qu’elles pensaient avoir écartée après le retour de Ford en 2013. Voilà revenu un climat de menace sur les emplois et de précarité pour les hommes, les femmes et les familles dont la vie est liée à celle de l’entreprise, depuis de longues années parfois.

 

Je veux dire mon soutien à tous ceux qui s’efforcent de trouver une issue favorable pour l’usine FORD, ici, à Blanquefort. Les efforts de tous sont à encourager et soutenir.

 

L’Eglise se sent concernée et solidaire des hommes, des femmes, sur leurs lieux de vie et donc bien-sûr sur leurs lieux de travail, à l’usine. Partout où l’homme est engagé, sa dignité doit être soutenue, respectée et défendue. Par le fruit de son travail, l’humain participe à la vie. Le monde du travail, cadre de vie professionnelle des hommes et des femmes avec leurs projets de vie et de famille ne saurait donc être déshumanisé. « Qui perd son travail estime qu’il perd sa dignité » affirme le Pape François. Une économie qui néglige la dignité de ceux et celles qui travaillent est déshumanisante. C’est ce que le pape François appelle une économie sans visage.

 

Nous constatons que « Les valeurs du travail changent très rapidement et (que) beaucoup de nouvelles valeurs des grandes entreprises et de la grande finance ne sont pas des valeurs conformes à la dimension humaine, et donc à l’humanisme chrétien » (Pape François). Nous ne pouvons nous y résoudre. Face à cela, les valeurs de solidarité humaine doivent ouvrir des perspectives. Solidarité entre collègues, solidarité entre dirigeants et salariés, solidarité entre employés de Ford, solidarités avec les sous-traitants menacés et les populations alentour…toutes les solidarités doivent s’exercer pour accompagner la recherche de solutions d’avenir. C’est ensemble qu’il faut agir. Nous vivons dans un monde ouvert, une économie mondiale qui, loin de nous affranchir des responsabilités, nous enjoint plus que jamais d’assumer la part qui nous revient. Chacun, à son échelle, doit participer à la recherche d’une solution viable.

 

L’Évangile, qui est comme la boussole des chrétiens, invite à nous faire proche les uns des autres. Ce serait une voie sans issue de ne pas écouter le cri de ceux qui se sentent abandonnés. Qu’aucune juste plainte ne reste sans attention et qu’un chemin d’avenir s’ouvre pour chacun !

 

 

Bordeaux, le 26 juin 2018

+ Cardinal Jean-Pierre RICARD

Archevêque de Bordeaux

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