Sacrosanctum concilium : un texte à redécouvrir

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À l’occasion des 50 ans de la constitution sur la liturgie, promulguée le 4 décembre 1963 par le Concile Vatican II, le frère Patrick Prétot, bénédictin, donnera une conférence à la Maison de l'Autre, au Bouscat, ce lundi 16 décembre. Il revient sur les trois points majeurs de cette réforme qui peuvent être à approfondir ou redécouvrir.

Que reste-t-il à approfondir en ce qui concerne la dimension communautaire de la liturgie ?

Frère Patrick Prétot : Le fait que la liturgie soit un acte où l’assemblée chrétienne se manifeste comme peuple de Dieu rassemblé par la Parole dans la louange et l’action de grâce, est devenue un bien commun. Mais plusieurs points demeurent à approfondir et parfois même à redécouvrir.

Par exemple, la notion de participation active a été trop souvent comprise comme la nécessité de « faire quelque chose », voire de « faire faire quelque chose » (notamment quand on vise les enfants) alors qu’il s’agit d’entrer pleinement dans le mystère célébré. Il conviendrait de chercher davantage à ce que l’assemblée puisse « se poser » et vivre ainsi « devant Dieu » (ce qui inclut donc le silence) alors que trop souvent, par crainte légitime de tomber dans des célébrations tristes et ennuyeuses, on cherche des formules pour « animer » la liturgie qui aboutissent parfois à des programmes où l’on s’essouffle, où l’on perd surtout le sens même d’action liturgique. Bien des insatisfactions en liturgie prennent appui sur des manques de profondeur.

« C’est le Christ lui-même qui parle tandis qu’on proclame dans l’assemblée liturgique  »

Qu’est-ce qu’a apporté selon vous la redécouverte de la Parole de Dieu dans la liturgie ?

C’est sans doute le point de la réforme liturgique de Vatican II le mieux perçu par l’ensemble des fidèles. La place de la liturgie de la Parole dans la messe – mais aussi dans la célébration des autres sacrements - est devenue largement un bien commun pour les fidèles.

Toutefois là encore, il faudrait à la fois redécouvrir et approfondir bien des aspects.

Si la qualité de la proclamation des lectures s’est nettement améliorée, l’affirmation du Concile (SC 7) que, c’est le Christ lui-même qui parle tandis qu’on proclame dans l’assemblée liturgique, demeure trop peu perçue : la proclamation des Ecritures dans l’assemblée liturgique n’est pas seulement un acte destiné à faire connaître des lectures, mais un acte qui rend présent la personne du Christ s’adressant aux fidèles. Ecouter implique donc d’accepter vraiment de quitter des yeux le texte qui est en train d’être proclamé, pour entrer sur ce chemin non tracé, pour entrer dans l’aventure que le Christ ressuscité ouvre à ses disciples comme au soir d’Emmaüs.

En quoi le chant et la musique, mais aussi les arts, participent ils pleinement à la vie de la liturgie ?

Le chant et la musique ne sont pas des éléments décoratifs qui viendraient s’ajouter à la liturgie pour obtenir de la beauté. Il s’agit d’une action liturgique et c’est pourquoi l’assemblée est le premier acteur musical de l’assemblée.  Cela ne signifie pas que les chorales et les musiciens, notamment les organistes, n’ont plus leur place : au contraire, le Concile a promu cette place des chantres et des musiciens en tant qu’acteurs, exerçant un « véritable ministère liturgique » (Sc 29). En d’autres termes les fonctions musicales en liturgie sont avant tout des fonctions liturgiques.

 

Regards croisés sur 50 ans de réformes liturgiques 

 

P. Bruno Maurel, 30 ans

Je n’ai pas de points de comparaison, mais je trouve particulièrement important l’effort fait pour rendre plus accessible la parole de Dieu. La traduction de la bible pour la liturgie dans un français plus compréhensible et le fait de redécouvrir, dans la célébration eucharistique mais aussi dans tous les sacrements, des textes qui n’étaient pas ou peu lus sont des aspects de la réforme qui comptent beaucoup pour moi. Cela nous aide à nous mettre davantage à l’écoute de cette parole de Dieu.

 

 

P. Michel de Menditte

La parole de Dieu adressée dans la langue de tous, la lecture de texte de l’Ancien Testament, la participation des fidèles, beaucoup de choses ont changé. Un exemple : je faisais, avant, mes sermons depuis ma chaire et je ne voyais que des chapeaux... Je suis aujourd’hui face à des visages, dont je peux voir les réactions. Je suis plus en communion avec l’assemblée. Je prononce maintenant une homélie, c’est à dire un commentaire de la parole de Dieu pour les hommes d’aujourd’hui, pour les nourrir et les faire grandir dans la foi.

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